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RAEBURN HENRY (1756-1823)

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<it>Le Vénérable Robert Walker patinant sur le loch Duddingston</it>, H. Raeburn - crédits :  Bridgeman Images

Le Vénérable Robert Walker patinant sur le loch Duddingston, H. Raeburn

Appartenant à la génération qui suit celle de Reynolds, Henry Raeburn, peintre de portraits écossais, reste proche des types fixés par le fondateur de la Royal Academy. Il s'agit pourtant d'un artiste authentiquement « provincial », qui eut peu de contrats avec les ateliers londoniens. Sa formation fut celle d'un miniaturiste et il semble n'avoir connu, à ses débuts, l'œuvre de Reynolds et de Gainsborough que par l'intermédiaire de la gravure. Il assimile ainsi les stéréotypes du portrait aristocratique de l'époque georgienne, mais en évitant toute affectation (l'accent assez douceâtre qu'il adopte, conformément aux conventions du temps, pour représenter l'enfance dans le Portrait de Nancy Graham du Louvre, reste exceptionnel). Au contraire, ses dons de peintre s'imposent par la franchise de l'écriture, large, énergique, non dépourvue parfois d'une certaine rudesse, qui tranche salubrement sur l'afféterie de tant de contemporains, par la vigueur du modelé et de l'« effet », la concentration des éclairages fortement contrastés, la plénitude du coloris, dont l'éclat évoque parfois celui d'une surface émaillée (Sir John et lady Clark, vers 1790, Bersington, coll. Beit). En outre, il se montre attentif au caractère de ses personnages, qui ne sont pas de simples masques mondains, et il les représente avec un mélange de bonhomie et de majesté. Cette sympathie, qui évoque le meilleur Reynolds, caractérise bien son œuvre de portraitiste.

Raeburn est le premier peintre d'envergure que l'Écosse peut revendiquer. Non seulement il fut le portraitiste infatigable de la haute société écossaise à son plus haut point de prospérité (on lui attribue plus de mille tableaux), mais encore il s'attacha à donner du milieu écossais une représentation spécifique, sans exotisme artificiel. Ses portraits de nobles en tartan et les paysages des montagnes d'Écosse qu'il prend pour fonds ont certainement contribué à définir, aux sources du « particularisme » romantique, l'identité du génie écossais.

— Pierre GEORGEL

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Pierre GEORGEL. RAEBURN HENRY (1756-1823) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

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<it>Le Vénérable Robert Walker patinant sur le loch Duddingston</it>, H. Raeburn - crédits :  Bridgeman Images

Le Vénérable Robert Walker patinant sur le loch Duddingston, H. Raeburn