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CUSSAC GROTTE DE, Dordogne

Au cours d'une prospection spéléologique menée le 30 septembre 2000 sur la commune du Buisson-de-Cadouin, en Dordogne, Marc Delluc devait découvrir dans la grotte de Cussac, d'un développement de 1 600 mètres, un remarquable ensemble de figurations pariétales gravées, ainsi que de nombreux vestiges osseux d'origine humaine. La découverte de ce patrimoine a été portée à la connaissance du public en juillet 2001.

Le fonds iconographique inventorié lors d'une première série d'observations atteste l'existence de plus de cent cinquante figures complètes ou partielles. Elles appartiennent toutes au bestiaire traditionnel du monde préhistorique : rhinocéros, bouquetins, oiseaux et, en nombre plus important, bisons, mammouths et chevaux. Des silhouettes féminines et des représentations sexuelles complètent cette iconographie.

L'impact visuel produit à la fois par le gigantisme des représentations, dont un bison de 4 mètres de longueur, et par l'emprise très large des traits, confère à ces témoignages pariétaux un profil monumental.

Une première analyse montre qu'il existe de nombreuses analogies avec l'art pariétal du Quercy, en particulier celui de la grotte de Pech-Merle. Elles se traduisent à la fois dans les thèmes évoqués, dans la traduction de l'anatomie animale – mais aussi humaine – et dans les associations de figures, notamment femme-mammouth. Ces observations permettent d'attribuer cet art à une phase ancienne du Paléolithique supérieur, le Gravettien (env. 27000-23000 B.P.)

Le caractère exceptionnel de ce site réside aussi dans la présence de nombreux vestiges osseux d'origine humaine, regroupant au moins cinq individus, et dont la répartition correspond en partie à celle des figures pariétales. Le rapprochement chronologique de ces deux formes archéologiques est corroboré par la datation 14C (faite à la fin du mois d'août 2001) d'un des prélèvements osseux qui donna 25120 ± 120 B.P.

Ces données liminaires laissent entrevoir qu'il pourrait y avoir quasi-contemporanéité entre les formes pariétales et les activités funéraires, au sens très large du terme. Cette conjonction pourrait ouvrir un chapitre nouveau dans les possibilités d'interprétation des motivations qui incitèrent les hommes du Paléolithique à séjourner dans le milieu souterrain.

— Norbert AUJOULAT

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Écrit par

  • : directeur du département d'art pariétal au Centre national de préhistoire

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

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