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ITURBIDE GRACIELA (1942- )

Une quête du spirituel

Son empathie pour les immigrés la conduit à se pencher sur les Cholos, communautés mexicaines vivant aux États-Unis, notamment le White Fence Gang de Boyle Heights, un groupe de sourds-muets de Los Angeles (1986). En 1990, elle traite à la manière d’un thème biblique et spirituel l’abattage rituel des chèvres par les indiens Mixtèques pour le compte de propriétaires de troupeaux espagnols (En el nombre delpadre, 1993). Cette série éprouvante marque une rupture dans l’œuvre de l’artiste, qui s’éloigne de la figure humaine pour s’attacher au symbolique et à l’abstrait. En 1996, dans le jardin botanique d’Oaxaca alors en restauration, elle tourne son objectif vers les plantes soutenues par des atèles, bandées, perfusées, et souligne la beauté sculpturale de leur vulnérabilité (Naturata, 2004). Des images auxquelles feront écho, en 2006, celles de corsets, béquilles ou prothèses prises dans la salle de bain de Frida Kahlo à la Casa Azul, restée intacte depuis sa mort en 1954 (El baño de Frida, 2008).

Aux États-Unis comme en Inde, où elle se rend à cinq reprises entre 1997 et 2010, elle se concentre sur les objets et les signes (No haynadie, 2011), mais se rapproche aussi des marginaux que sont les prostituées et les travestis indiens.

Exposée dans les plus grands musées (musée d’Art contemporain de Monterrey, Mexique, 1996 ; Museum of Fine Art de Boston, 2019 ; Fondation Cartier, Paris, 2022), saluée par des prix prestigieux (W. Eugene Smith, 1987 ; Hasselblad, 2008), l’œuvre de Graciela Iturbide est traversée par les oiseaux qu’elle attrape au vol partout, comme autant de symboles de liberté et de spiritualité (Pájaros, 2002). Images of the spirit, titre de sa rétrospective au Museum of Fine Art de Boston en 2019, résume l’esprit de cette œuvre inspirée. « Si j’insiste sur l’émerveillement, c’est parce qu’il permet d’atteindre le monde qui se trouve derrière les choses ou à l’intérieur de soi » (Heliotropo 37).

— Armelle CANITROT

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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<em>Carnaval, Tlaxcala, Mexico</em>, G. Iturbide

Carnaval, Tlaxcala, Mexico, G. Iturbide

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