GOOGLE ART PROJECT

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Après avoir scanné plus de quinze millions de livres depuis 2004, la société Google a lancé le 1er février 2011 le Google Art Project qui a permis aux internautes de découvrir mille soixante et une œuvres d'art de quatre cent quatre-vingt-six artistes internationaux. Un an après, une nouvelle version considérablement augmentée a été proposée. Ce projet innovant est le fruit d'une collaboration sans précédent entre l'une des plus grandes sociétés de l'ère numérique et quelques-uns des musées les plus célèbres du monde.

La firme de Mountain View a travaillé avec des musées de différents pays – entre autres le Museum of Modern Art (MoMA) aux États-Unis, la National Gallery et le Tate Britain en Grande-Bretagne, le château de Versailles en France, le musée Reina-Sofía en Espagne ou encore le National Gallery of Modern Art de Delhi en Inde – pour rendre accessible une sélection de chefs-d'œuvre en prises de vue de très haute résolution, des rivages de La Naissance de Vénus de Botticelli (galerie des Offices à Florence) aux berges de la rivière qu'on voit dans la Vue de Tolède du Greco (Metropolitan Museum of Art à New York).

Détail de La Naissance de Vénus, S. Botticelli

Photographie : Détail de La Naissance de Vénus, S. Botticelli

Au plus près du tableau, le secret de l'œuvre. Cette approche a inspiré de maîtres livres. On la retrouve, sous une forme technologique, dans l'Art Project de Google. Ici, un détail de La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli (1483-1485). Le tableau est exposé à la galerie des Offices... 

Crédits : Google Art Project

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Google Art Project, 2011

Photographie : Google Art Project, 2011

Grâce à l'Art Project de Google, inauguré en 2011, les œuvres de certains musées sont accessibles en haute définition. La documentation associée à ces œuvres permet à l'internaute d'obtenir des informations sur celles-ci et de se constituer sa propre galerie virtuelle. Ici, la Vue de... 

Crédits : Google Art Project

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La technologie Street view, initialement utilisée pour les services de localisation de Google a été spécialement adaptée pour fonctionner à l'intérieur des bâtiments ; des vues panoramiques à 360 degrés de plusieurs galeries de chaque musée ont également été créées. Grâce à un trolley équipé de cette technologie, les prises de vue permettent ensuite à l'internaute de se déplacer au sein d'une reconstitution en 3D dans les salles des musées concernées.

Chaque musée a choisi quelques œuvres en particulier pour les photographier d'encore plus près avec un appareil photo produisant des images d'une résolution de plusieurs gigapixels (plus de 7 milliards de pixels), c'est-à-dire mille fois plus que ce que propose un appareil photo digital moyen. Le procédé permet ainsi d'observer des détails invisibles à l'œil nu, tel le coup de pinceau ou la patine, marqueurs significatifs d'une œuvre. Du point de vue de l'utilisateur, la promenade virtuelle devient plus précise que la visite physique. Il est par exemple possible d'observer les subtilités de détails de la sculpture de Bartolini, La Nymphe au scorpion au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, et de porter son attention, l'instant d'après, sur La Nuit étoilée de Van Gogh présentée au MoMA à New York.

Au château de Versailles, le portrait de Marie-Antoinette et ses enfants d'Élisabeth Vigée Le Brun a bénéficié de cette numérisation très haute définition. En 2009 déjà, une autre collaboration avec Google avait permis de proposer au public une visite virtuelle des jardins du château en utilisant la technologie Street view. Ce sont cette fois des œuvres et des salles du site français qui ont servi de support au projet. On retrouve le Repas chez Simon de Véronèse ou encore Le Sacre de l'empereur Napoléon Ier de David, et les plafonds peints par Charles Le Brun dans la galerie des Glaces.

À chaque œuvre sont liées des notices descriptives et explicatives, des bibliographies, des liens hypertextes, mais aussi d'autres œuvres du même artiste, ou encore des vidéos associées sur Internet. Sans compter les galeries virtuelles que constitueront les utilisateurs : chacun peut en effet enregistrer des vues spécifiques de toute œuvre présentée pour créer sa collection personnelle, y ajouter des commentaires et enfin partager son corpus, par exemple dans le cadre d'un travail scolaire. Mais l'interface ne permet pas de télécharger les tableaux photographiés en haute résolution, Google précisant que « l'imagerie à haute résolution des œuvres est détenue par les musées, et ces images sont protégées par les lois sur le droit d'auteur et le copyright ». Pour autant, de nombreuses voix se sont élevées, reprochant à Google de s'approprier des œuvres qui appartiennent au domaine public. Profitant en effet d'un aspect juridique peu précis du droit d'auteur, la société revendique la propriété de la technique de numérisation. Si une œuvre est libre de droits, cela ne signifie pas pour autant que les photographies qui la reproduisent le soient forcément.

Ainsi, l'Art Project a ravivé le débat sur le patrimoine et le numérique : quelle positi [...]

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Détail de La Naissance de Vénus, S. Botticelli

Détail de La Naissance de Vénus, S. Botticelli
Crédits : Google Art Project

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Google Art Project, 2011

Google Art Project, 2011
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  • : diplomé en études théâtrales et en sciences sociales de l'École normale supérieure lettres et sciences humaines

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Guillaume PFISTER, « GOOGLE ART PROJECT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/google-art-project/