CZIFFRA GEORGES (1921-1994)

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Le 2 décembre 1956, un pianiste surgi du néant met debout le public du Châtelet devant lequel — fait unique dans les annales — il trisse le 1er Concerto pour piano de Liszt. L'omnipotent Bernard Gavoty écrit dans Le Figaro : “C'est ainsi que je me représente Liszt lui-même...” C'est le début d'une étincelante carrière internationale qui culminera au cours des années 1960. Bientôt pourtant viendront les flèches acérées d'une critique qui le taille en pièces et l'ingratitude d'un public versatile. Un bref retour en grâce à la fin des années 1980 avec la réédition des enregistrements qui ont fait sa gloire n'empêchera pas un pesant oubli de retomber sur un musicien qui, hier encore, était adulé.

Georges Cziffra

Georges Cziffra

Photographie

Le pianiste français d'origine hongroise Georges Cziffra (1921-1994). En 1956, il fuit le régime communiste hongrois et se réfugie en France. En 1968, il sera fait citoyen français. 

Crédits : Hulton Getty

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György Cziffra naît à Budapest le 5 novembre 1921. Son père, pianiste et joueur de cymbalum, lui donne ses premières leçons de musique. À cinq ans, il donne son premier concert dans un cirque, en improvisant, à la demande du public, sur des thèmes populaires. Il commence à neuf ans ses études à l'Académie Franz-Liszt de Budapest sous la férule du compositeur et chef d'orchestre Ernst von Dohnányi. Parallèlement, il donne, de 1933 à 1941, une série de récitals en Hongrie, Hollande et Scandinavie. Le service militaire interrompt ces années de formation déjà perturbées par la guerre. L'Armée rouge le fait prisonnier en 1943. Dès sa libération, en 1947, il reprend ses études avec György Ferenczy. Au cours de ces années de misère, il est contraint de jouer dans les bars pour assurer la subsistance des siens. En 1950, il tente de fuir la Hongrie avec sa famille. Repris, il est condamné à trois ans de travaux forcés. Trois ans de brimades passés à charrier de lourds blocs de pierre qui l'obligeront à porter pour le restant de sa vie un corset et un bracelet de cuir au poignet droit. Il reprend cependant, en 1953, sa vie de concertiste et réalise pour Hungaroton ses premiers enregistrements. En 1955, il remporte le prix Franz- [...]


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Pierre BRETON, « CZIFFRA GEORGES - (1921-1994) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-cziffra/