CHAPMAN GEORGE (1559 env.-1634)

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Poète, dramaturge et traducteur de l'époque élisabéthaine. Celui que Shakespeare nommait, non sans quelque ironie, son rival se croyait inspiré des dieux et plus particulièrement pour traduire Homère. C'est d'ailleurs, sans doute, le premier titre de gloire de George Chapman. Travail d'envergure qui s'étale sur près de vingt ans, l'adaptation à la manière des élisabéthains n'est pas seulement enrichie d'explications mythologiques et de commentaires marginaux. Chapman y introduit des inflexions de caractère et des exhortations morales sur la maîtrise de soi et la sagesse, thèmes qui lui sont chers et dont il a déjà traité dans des textes antérieurs. En effet, The Shadow of Night... Two Poetical Hymnes (1593) ainsi que Le Banquet des sens dans Ovide (Ovid's Banquet of Sense, 1595) témoignent d'une philosophie de l'existence de style stoïcien. La suite qu'il apporte au Hero and Leander (1598), poème très érotique de Marlowe qui fit scandale, modifie l'optique dans le même sens et De Guiana, Carmen Epicum (1596) met en relief les préoccupations de l'auteur concernant les héros guerriers qui dominent ses pièces. La tendance à moraliser se manifeste encore dans l'allégorie Euthymiae Raptus, or the Feares of Peace (1609), dialogue entre le poète et dame Paix éplorée par le chaos dû au peu de cas que les hommes font de l'honnêteté et de la sagesse.

Les avis divergent sur la valeur de son œuvre théâtrale. À côté de comédies plutôt médiocres, d'où émerge Eastward Hoe (1605), pièce écrite en collaboration avec Ben Jonson et Marston et qui lui valut la prison, il se serait inspiré de Marlowe pour composer des tragédies dont les principaux sujets sont tirés de l'histoire de France : Bussy d'Ambois (1607), The Conspiracie and Tragedie of Charles Duke of Byron (1608), The Widdowes Teares (1612), The Revenge of Bussy d'Ambois (1613). La plus populaire sinon la meilleure semble bien être Bussy d'Ambois, mélodrame sans doute aussi fumeux que fougueux, mais rehaussé par la dimension donnée au personnage de la dame de Montsoreau. Baroque comme tous les élisabéthains, Chapman a surtout assumé l'exaltation romantique et les extravagances du mouvement. Il y a dans ses pièces des tirades de haute volée, des moments où souffle l'esprit, mais ses compositions manquent en général de cohésion et de structure et les qualités de l'auteur ne parviennent pas à voiler ses défauts.

—  Hubert HARDT

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  • Henri FLUCHÈRE
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Pour citer l’article

Hubert HARDT, « CHAPMAN GEORGE (1559 env.-1634) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/george-chapman/