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GAṆEŚA

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Ganesha, Bali - crédits : John Elk III/ Getty Images

Ganesha, Bali

Nom du dieu à tête d'éléphant, l'une des figures les plus célèbres du panthéon hindou ; sa notoriété est due à la fois au pittoresque de son iconographie et au fait que son culte est actuellement très populaire dans l'Inde entière. Son nom Ganesha (ou Ganapati) indique qu'il est le « chef » (isa, pati) de « troupes divines » (gana). Ce trait le rattache au shivaïsme et l'on dit, en effet, qu'il est le fils de Pârvatî, la parèdre de Shiva. Les grands dieux de l'Inde étant tous pourvus de légions de « serviteurs » (« aides », « messagers », « génies »), on en induit que Ganesha est, en quelque sorte, l'un des généraux de l'armée du dieu.

Alors que son frère Skanda incarne la violence et ainsi dirige ceux qui, parmi les serviteurs de Shiva, sont à proprement parler des « soldats », Ganesha s'occupe des forces intellectuelles et spirituelles. À ce titre, il est le patron des artistes, des écrivains et détermine le succès ou l'échec de toute entreprise où l'intelligence humaine entre en jeu. Quand on se l'est dûment rendu propice, il écarte les obstacles sur la voie de la création ; si on l'a négligé, il suscite de semblables obstacles et entraîne à sa perte le créateur impie. Il y a donc un aspect « terrible » de Ganesha : tout comme un éléphant qui peut être un animal domestique des plus efficaces ou une bête furieuse extrêmement dangereuse, le dieu a, comme son père Shiva, une nature ambivalente : les images que l'on fait de lui montrent que, si deux de ses mains font des gestes bénéfiques (apaisement et don), deux autres brandissent des armes.

Chaque année, une grande fête populaire en l'honneur de Ganesha rassemble des multitudes de fidèles qui défilent en cortège dans les grandes villes, portant en procession des statues du dieu. Traditionnellement, les partis politiques tentent de capter la ferveur populaire à leur profit, et la fête de Ganesha dégénère parfois en manifestation. Avant l'indépendance de l'Inde, certains des affrontements les plus marquants entre les nationalistes et la police anglaise éclatèrent à cette occasion.

— Jean VARENNE

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Écrit par

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Lyon-III

Classification

Pour citer cet article

Jean VARENNE. GAṆEŚA [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Média

Ganesha, Bali - crédits : John Elk III/ Getty Images

Ganesha, Bali

Autres références

  • INDE (Arts et culture) - L'art

    • Écrit par , et
    • 49 040 mots
    • 67 médias
    Gaṇeśa, le fils aîné de Śiva et de Pārvatī, est caractérisé par une tête d'éléphant, une panse rebondie, ainsi qu'une monture inattendue : un rat. Ses attributs sont la hachette, le croc à conduire les éléphants, la corde ou lasso, l'une de ses défenses cassée dans un combat, un bol de gâteaux que flaire...
  • INDONÉSIE - Les arts

    • Écrit par
    • 8 134 mots
    • 5 médias
    ...se terminant en spirale aplatie. Le Caṇḍi Sawentar devait être dédié à Viṣṇu. Sa décoration est restée inachevée. Trouvé dans la région de Blitar, le Gaṇeśa de Bara (1161 de l'ère Śaka, 1239 de notre ère) est une sculpture remarquable : le dieu est assis, massif mais majestueux, abondamment paré ; la...
  • PĀRVATĪ

    • Écrit par
    • 299 mots
    • 1 média

    L'un des divers noms (avec Gaurī, Annapurnā, Kumārī, etc.) que porte la parèdre du dieu hindou Shiva. Mais c'est sous ce nom (« la montagnarde ») que ses fidèles la désignent le plus fréquemment. « Pārvatī » exprime l'idée que la déesse cohabite avec le dieu au sommet de la montagne cosmique, axe...

  • PURĀṆA

    • Écrit par
    • 3 314 mots
    ...cette obédience mixte des emprunts au culte traditionnel dans la ligne védique et des éléments empruntés aux saura, les adorateurs du Soleil, aux pāñcarātra, forme sectaire du vichnouisme, et aux gāṇapatya, fidèles d'une secte vouée àGaneśa, le dieu à tête d'éléphant, fils de Śiva.