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FRANCE (Arts et culture) Le patrimoine

L'administration

Toutefois le pouvoir de définition, autrement dit la délimitation du champ des monuments à protéger, appartient en dernière instance non au milieu savant (présent à l'Inventaire général ainsi que dans les « CRPS », commissions régionales de protection du patrimoine et des sites), mais à l'administration. En France, une Caisse nationale des monuments historiques (aujourd'hui Centre des monuments historiques) avait été créée en 1914 à l'Hôtel de Sully pour assurer leur gestion. Aujourd'hui, deux sous-directions sont directement concernées au sein de la direction de l'Architecture et du Patrimoine (DAPA) du ministère de la Culture : celle « des monuments historiques et des espaces protégés », et celle « de l'archéologie, de l'ethnologie, de l'inventaire et du système d'information ».

Cette gestion a fait peu à peu l'objet d'une internationalisation – indice supplémentaire de l'extension prise par cette notion. Elle se manifesta, dès l'entre-deux-guerres, avec la conférence d'Athènes en 1931, sous l'égide de la Société des Nations, et avec les Congrès internationaux d'architecture moderne (CIAM) en 1933, dont est issue la charte d'Athènes. Celle-ci sera suivie de la charte de Venise, en 1964 : année également de la fondation du Congrès des architectes et techniciens des monuments historiques, placé sous le patronage de l'UNESCO – cette dernière ayant par ailleurs engagé, en 1972, la création d'un Inventaire du patrimoine mondial, grâce à une convention ratifiée par près d'une centaine d'États. Cette charte sera adoptée à son tour en 1965, année de sa fondation, par l'Icomos (Conseil international des monuments et sites). Enfin, des colloques sont, depuis, régulièrement organisés, qui tentent de proposer, face aux multiples problèmes liés à l'urbanisation, une relative internationalisation des points de vue.

En France même, l'extension du champ des monuments historiques se manifeste à travers l'évolution des mesures administratives. Ainsi, à partir des quelques centaines de monuments « classés » dans la décennie de 1840, on parvient à 48 298 monuments protégés au 31 décembre 2004 (15 235 monuments classés au titre des monuments historiques et 33 063 monuments inscrits à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques) avec une moyenne annuelle de 140 classements. La base de données dite Mérimée, recensant les bâtiments protégés (les objets mobiliers relevant de la base de données dite Palissy) comportait en 2006 environ 180 000 notices.

Il est intéressant d'examiner les différentes catégories de monuments classés. En France, les édifices religieux et funéraires ne constituent plus que 35 % des monuments classés (ils étaient encore 45 % au milieu des années 1980), talonnés par l'architecture domestique, telles les maisons ou les fermes (34 %) ; loin derrière viennent les monuments à activité économique, tels que les usines ou les mines (8 %), militaire (7 %), les jardins (6 %), le génie civil, c'est-à-dire les ouvrages d'art comme les ponts et les aqueducs (5 %), et enfin les bâtiments publics (5 %). Concernant les propriétaires, 49,5 % des monuments sont privés, 43,5 % appartiennent aux communes et 4 % à l'État (avec les monuments les plus prestigieux : 89 cathédrales, le Mont-Saint-Michel, l'arc de triomphe de l'Étoile, le château de Chambord...), le reste se partageant entre les départements, les établissements publics et les régions.

Par époques de construction, les Temps modernes sont les mieux représentés, avec 46 % des monuments protégés, suivis par le Moyen Âge (33 %), l'époque contemporaine (16 %), la préhistoire et la protohistoire (moins de 4 %) et enfin l'Antiquité (moins de 2 %).[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris

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Château de Chenonceau

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