ESPAGNE (Le territoire et les hommes)Géographie

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Espagne : carte physique

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Espagne : régions et revenu par habitant

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Désert de Tabernas, Andalousie

Désert de Tabernas, Andalousie
Crédits : C. Sappa/ DEA/ De Agostini/ Getty Images

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Espagne : population

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CapitaleMadrid
Langue officiellecastillan (espagnol) 2
Note : Toutes les autres langues espagnoles, notamment le basque, le catalan et le galicien, ont également un caractère officiel dans les communautés autonomes correspondantes
Unité monétaireeuro (EUR)
Population46 630 000 (estim. 2018)
Superficie (km2)505 944

À l'extrémité sud-ouest de l'Europe, l'Espagne (46,9 millions d'habitants en 2010) n'est séparée de l'Afrique que par un bras de mer étroit. Cette particularité a joué un rôle majeur dans son histoire. Disposant, comme la France, à la fois d'une façade méditerranéenne et d'une façade atlantique, l'Espagne a participé à l'histoire de la Méditerranée et à celle de l'expansion européenne dans le monde (la langue espagnole est, de nos jours, la deuxième langue la plus parlée). L'Espagne a connu un déclin économique, démographique et politique durable – à la fin du xvie siècle – et n'a retrouvé une place de premier plan en Europe qu'à partir du dernier tiers du xxe siècle. Elle est désormais un pays démocratique et son entrée dans l’Union européenne (U.E.), en 1986, a permis de grands changements économiques et sociaux.

Espagne : carte physique

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Carte physique de l'Espagne. 

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Le territoire

Au sein de l'Europe, le territoire de l'Espagne se distingue par son originalité. Cet État qui dépasse le demi-million de kilomètres carrés (504 750 km2) est de configuration massive, montagnes et hauts plateaux dominent et les influences continentales accentuent la sécheresse propre au climat méditerranéen.

Toutefois, si l'on a pu écrire que l'Espagne était « invertébrée » (Ortega y Gasset, 1921), ce fut davantage en raison de la diversité des cultures et des langues (castillan, basque, catalan, galicien) présentes sur le territoire que de la disposition du relief. Si l'on ajoute de fortes disparités de revenus (P.I.B. par habitant) selon les régions, on comprend les préoccupations de l'État de maintenir l'unité. La Constitution de 1978 apporta une réponse originale au problème en instaurant le régime des autonomies régionales qui, en ce début de xxie siècle, fait l'objet d'attentions politiques pour être mis à jour.

Espagne : régions et revenu par habitant

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Espagne. Régions autonomes et disparités de revenus. 

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Les traits majeurs du milieu physique

Comparée à la forme effilée de l'Italie ou à l'importance de la Grèce insulaire, la péninsule Ibérique (Espagne et Portugal) fait figure de (petit) continent. En outre, avec un relief où les hautes plaines évoquent les cuvettes africaines et avec un climat où la sécheresse sévère du sud-est rappelle la proximité géographique du désert saharien, la péninsule Ibérique, dont l'Espagne occupe plus de 80 p. 100 du territoire, se distingue nettement du reste de l'Europe.

Désert de Tabernas, Andalousie

Désert de Tabernas, Andalousie

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En Andalousie, le désert de Tabernas, dans la province d'Almeria. 

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Une configuration massive où dominent hautes plaines et plateaux

La forme ramassée du territoire espagnol et son littoral peu découpé résultent de la présence d'un massif ancien qui a résisté à tous les plissements postérieurs à sa formation.

Les mouvements orogéniques alpins ont cependant soulevé ce socle rigide. Plus de la moitié de la superficie de l'Espagne se trouve au-dessus de 600 mètres (altitude de Madrid), tandis que des blocs soulevés forment de moyennes montagnes qui compartimentent l'espace. Ainsi, les sierras centrales (de Gredos et de Guadarrama), qui culminent à 2 592 mètres, séparent les hauts plateaux de Vieille-Castille au nord-ouest, de ceux, moins élevés, de Nouvelle-Castille au sud-est. C'est uniquement en bordure du socle que s'élèvent les chaînes de plissement alpin des Pyrénées (au Nord) et Bétique (au Sud) dont les sommets dépassent 3 400 mètres.

Le massif ancien a été soumis à de longues périodes d'aplanissement qui ont dégagé des crêtes de quartzite demeurées en relief, en raison de leur résistance à l'érosion, et qui soulignent la planéité d'ensemble plus qu'elles ne la rompent. Celle-ci se retrouve encore plus à l'est où le calcaire recouvrant le socle est découpé en hauts plateaux (páramos).

L'exacerbation de la sécheresse méditerranéenne

À l'exception d'une étroite bande septentrionale, l'Espagne est comprise dans le domaine climatique méditerranéen. La chaleur et la durée de la saison sèche augmentent en allant vers le sud jusqu'à une latitude qui est déjà celle de l'Afrique du Nord. La sécheresse augmente également à mesure que l'on s'éloigne de l'Atlantique, et la forme massive de l'Espagne renforce cet effet continental. En certains points de l'intérieur, où les précipitations moyennes annuelles sont inférieures à 300 mm (bassin de l'Ebre, la Manche, etc.), on constate même des formes d'endoréisme. Et dans le sud-est, entre Almería et Alicante, existent des conditions subdésertiques où des paysages de steppe à alfa évoquent ceux des hauts plateaux algériens. D'une façon générale, la fréquence de la végétation clairsemée accroît les risques d'érosion des sols, par ailleurs dépourvus d'humus. En Vieille-Castille et León, la dégradation du climat méditerranéen sous l'effet de l'altitude génère des hivers rigoureux réduisant encore la durée de la période végétative.

Les rapports des hommes à leur environnement

Les conditions climatiques, orographiques et pédologiques peuvent être, selon le contexte économique, autant des sujétions que des avantages. Ainsi, à quelques exceptions près, les richesses minières (cuivre, fer, plomb dans les sierras d'Andalousie), si elles enrichirent de grandes sociétés ne furent pas à l'origine d'une industrialisation durable. Il reste que l'Espagne est confrontée à des problèmes récurrents liés à son relief, à son climat ou à sa position géographique, notamment les communications, les ressources en eau et la distribution des richesses et des hommes.

Les transports

Le problème des voies de communication est en cours de résolution. L'engouement pour les voies navigables au xviiie siècle ne fut qu'une chimère qui laissa toutefois d'étonnants vestiges (canal de Castille). Dans la seconde moitié du xixe siècle, l'établissement d'un réseau ferré rayonnant autour de Madrid n'apporta pas non plus la solution escomptée. Les contraintes du relief, nécessitant de nombreux et coûteux ouvrages d'art, ainsi que la pauvreté et le dépeuplement des régions centrales qui étaient desservies, en compromirent la rentabilité. Le choix malencontreux d'un écartement spécifique des voies par rapport aux pays européens ne fit qu'accroître l'isolement de l'Espagne. Aussi, le transport des marchandises s'effectue principalement par la route, le cabotage, pourtant traditionnel, n'y remédiant que faiblement. Quant au train à grande vitesse qui relie Madrid à Séville depuis 1992 et, plus récemment, Madrid à Barcelone, il ne concerne que le trafic des voyageurs. L'amélioration des communications demeure donc un objectif prioritaire de l'État qui a reçu de la Communauté européenne (après son adhésion en 1986) une aide considérable. La construction d’autoroutes, avec celle de logements, était l’une des bases de l’économie espagnole jusqu’à la crise économique mondiale de 2008-2009 qui a particulièrement touché les secteurs du bâtiment et des travaux publics.

L'eau

Les Espagnols ont une culture de l'eau très ancienne, développée notamment dans les huertas du Levant. À l'image de nombreux usages qui avaient été développés par l'Islam en ce domaine, le célèbre tribunal de l'eau de Valence, qui arbitre depuis plus d'un millénaire les éventuels conflits entre usagers pour l'irrigation, ne fut jamais remis en cause. À cette culture populaire est venu s'ajouter, à partir du xviiie siècle, le savoir-faire des ingénieurs. S'ils ont permis de se prémunir contre l'irrégularité climatique interannuelle et ont fourni un apport d'énergie non négligeable, les nombreux et grands barrages espagnols se sont inscrits dans le cadre d'une politique de l'offre d'une eau bon marché subventionnée par l'État, préconisée à la fin du xixe siècle et érigée en norme depuis lors.

En raison de l'ampleur des cultures irriguées, qui représentent l'essentiel de la consommation nette de l'eau, l'Espagne figure parmi les trois plus gros consommateurs d'eau par habitant en Europe. Les bas prix sont accusés d'être à l'origine de gaspillages et de l'extension imprudente des terres irriguées qui augmentent les risques de pénuries locales. La question de l'eau est devenue un enjeu politique majeur, les régions autonomes en revendiquent parfois la gestion exclusive aux dépens de l'État central. Il en résulte des clivages territoriaux entre régions d'une part, et d'autre part entre régions et gouvernement qui ne reproduisent pas les clivages politiques traditionnels. Une nouvelle loi sur l'eau, en cours d'élaboration, s'inspire en partie de l'expérience de la France en ce domaine (application des principes « pollueurs-payeurs » et « l'eau paie l'eau ».

La distribution territoriale des richesses et des hommes

La population de la péninsule Ibérique est plus dense sur les façades maritimes que dans les régions intérieures. À l'exception de Madrid et, dans une moindre mesure, de Saragosse et de Valladolid, les grandes villes espagnoles sont localisées dans les régions littorales. On ne saurait y voir la seule influence du relief ou de la forme massive de la péninsule, puisque cette disposition n'était guère sensible jusqu'au xvie siècle. La Vieille-Castille, par exemple, était une région parmi les plus peuplées et les plus actives de toute la péninsule. Il s'agirait donc d'un phénomène historique – le déclin du pays à l'époque moderne a moins touché les régions périphériques – auquel est venu s'ajouter, depuis la seconde moitié du xxe siècle principalement, l'attrait exercé par les régions littorales.

De plus, il n'y a pas de corrélation entre la distribution de la population sur le territoire et celle des revenus moyens per capita puisqu'il existe d'importantes disparités parmi les régions de la périphérie littorale : par exemple, entre la Galice et le Pays basque sur la côte Cantabrique, ou entre la Catalogne et Murcie sur la côte méditerranéenne.

Le découpage du territoire et l'évolution démographique

Deux phénomènes majeurs ont contribué à modifier profondément le visage de l'Espagne au cours du dernier quart du xxe siècle : une nouvelle forme d'organisation politique proche de celle d'un État fédéral, et une forte augmentation de la population sous l'effet d'une immigration en plein essor.

Le régime des autonomies régionales

L'union des couronnes de Castille et d'Aragon par le mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon en 1469, suivie de la prise du royaume nasride de Grenade en 1492 puis de la conquête du royaume de Navarre en 1512 assurèrent l'unité de l'Espagne au début des Temps modernes. Par la suite, ni les rois, ni les révolutions ne jouèrent en Espagne un rôle unificateur comme en France, et le régionalisme déboucha même, au xixe siècle, sur la constitution de « nations », parmi lesquelles se distinguèrent la Catalogne et le Pays basque et, à un moindre degré, la Galice. Pour chacune de ces régions, une langue originale constitua le vecteur du nationalisme. Si la seconde République (1931-1936) accorda une autonomie à ces trois peuples, le régime autoritaire et centralisateur du général Francisco Franco (1936-1975) en prit le contre-pied. À la mort du dictateur, le rétablissement de ces trois autonomies régionales devenait une exigence démocratique parmi d'autres. Toutefois, le maintien de l'appareil d'État franquiste en rendait la réalisation difficile et risquée et faisait craindre le déclenchement d'une nouvelle guerre civile. La recherche d'un compromis accordant aux dix-sept régions historiques formant l'Espagne un statut d'autonomie devait créer la fiction d'un traitement égal pour toutes, sans paraître avantager les trois région-nations. La Constitution qui établissait ce régime, dit « des autonomies », fut ratifiée en 1978. Elle ouvrait des perspectives d'élargissement des domaines de souveraineté des régions, lequel s'est d'ailleurs poursuivi par la suite sous l'impulsion notamment de la Catalogne. Le choix des limites régionales ne posa guère de problèmes et, à quelques rares aménagements près, reprit le découpage provincial qui, effectué en 1833, n'avait pas fait disparaître les régions historiques demeurées une réalité vécue. Chaque région disposait d'un statut propre pour exercer son pouvoir, d'un gouvernement, d'un Parlement et même des attributs symboliques de l'identité régionale : armoiries, drapeau, parfois hymne régional. Ce système apporta une solution au délicat problème politique des régionalismes, récurrent en Espagne depuis deux siècles, sans pour autant satisfaire les Basques dont une forte minorité exige toujours l'indépendance. Il assura également une nécessaire décentralisation qui s'est accompagnée de sentiments de responsabilité régionale. Toutefois, après plus d'un quart de siècle de fonctionnement, de vives tensions apparaissent, soit entre régions soit entre le pouvoir régional et le pouvoir central, notamment dans le domaine de la répartition des impôts.

La reprise démographique

En l'espace d'un siècle, entre 1900 et 2010, la population de l'Espagne est passée de 18,6 à 46,9 millions d'habitants. Cette importante augmentation s'est produite au cours d'une transition démographique durant laquelle le taux de natalité, en dépit d'une forte baisse, a diminué moins vite que le taux de mortalité (à l'exception des années de guerre civile). Mais, entre le début des années 1970 et 1986, l'indicateur conjoncturel de fécondité est passé nettement au-dessous du seuil de renouvellement de la population (de 2,8 à 1,3), laissant entrevoir une perspective de stabilisation de la population autour de 40 millions d'habitants au début du xxie siècle. Or l'Espagne connut, de 2000 à 2008, un taux d'accroissement annuel de 1,2 p. 100. L'évolution du nombre d'étrangers recensés est, à cet égard, significatif. De 61 000 en 1960, leur nombre est passé à 390 000 en 1990 et à 5,7 millions en janvier 2010. Ce renversement insolite de tendance est donc lié à un fort courant d'immigration, jusque-là très limité, l'Espagne ayant été plutôt un pays d'émigration. En effet, à partir du milieu des années 1950, de nombreux Espagnols répondirent à l'appel de main-d'œuvre des chantiers et des usines de l'Europe en plein développement : France, Allemagne, Belgique principalement. Mais à partir du début des années 1980, les retours l'emportèrent sur les départs et ces derniers s'amenuisèrent. Le développement économique de l'Espagne, amorcé dès le début des années 1960, s'accéléra après l'entrée du pays dans la Communauté européenne en 1986. Cet essor en faisait désormais un pays d'accueil pour des immigrants en quête d'emploi provenant de pays pauvres, en particulier d'Amérique latine (Équateur, Colombie, Argentine, Pérou notamment) mais aussi d'Afrique du Nord (Maroc), d'Europe de l'Est (Roumanie) et, de plus en plus, de pays très pauvres de l'Afrique subsaharienne, dont la plupart sont clandestins. Cet afflux de main-d'œuvre bon marché s’est avéré bénéfique pour l'économie espagnole jusqu’à la crise économique mondiale de 2008-2009, et les gouvernements tant de droite que de gauche ont opéré des régularisations massives (700 000 immigrés légalisés en 2006) tout en cherchant à contrôler les filières clandestines.

Espagne : population

Espagne : population

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Espagne. Répartition de la population. Source : I.N.E. (Instituto nacional de estadística), 2005. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Cette évolution démographique de l'Espagne au cours de la seconde moitié du xxe siècle s'est également accompagnée de grands bouleversements dans la répartition géographique de la population espagnole, passée massivement des campagnes vers les villes, et d'une évolution des structures sociales avec, désormais, une prédominance des classes moyennes et, dans la nature des emplois, des services ainsi qu'une place croissante des femmes dans la population active.

Avec une densité de 91 hab./km2 en 2009, l'Espagne apparaît comme un territoire faiblement peuplé dans le paysage européen (la densité moyenne des Pays-Bas est de 489, la Belgique de 353, le Royaume-Uni de 254, l'Allemagne de 230, l'Italie de 200). Cette particularité s'explique notamment par le fait que le gradient de développement des régions européennes va en diminuant du centre de gravité, situé dans la région rhénane, vers la périphérie géographique de l'Europe dans laquelle se trouve l'Espagne.

Les grands ensembles régionaux

La présentation des divisions régionales repose, ici, sur de grands types de paysages qui conduit à combiner les facteurs bioclimatiques et les actions humaines, tout en essayant de tenir compte également des multiples différenciations caractéristiques de l'Espagne telles que les différences culturelles entre les aires castillane, catalane, basque et galicienne, et la répartition de la population qui oppose des régions périphériques densément peuplées à des régions intérieures qui le sont beaucoup moins.

Quatre grands ensembles s'imposent alors : l'Espagne humide bordant les rivages atlantiques au nord, l'Espagne continentale qui rassemble de vastes territoires intérieurs, l'Espagne méditerranéenne en grande partie catalane, et enfin, au sud, l'Espagne subafricaine.

L'Espagne humide

Cette partie de l'Espagne s'étend de la Galice aux provinces basques et ne représente qu'un dixième du territoire espagnol. C'est le domaine d'un climat océanique aux pluies abondantes et bien réparties dans l'année (plus de 1 000 mm et 150 jours de pluie par an en moyenne). Les arbres à feuilles caduques dominent. Chênes rouvre et tauzin formaient autrefois d'épaisses forêts qui, à la suite des défrichements au Moyen Âge, firent place à des landes à bruyère et à genêts épineux. En l'absence de vaine pâture, contraignante pour la localisation de l'habitat, ce dernier se disperse en hameaux au milieu d'un paysage bocager.

Historiquement, ces pays ont joué un rôle de refuge. Les Basques conservèrent d'étonnants particularismes dont une langue pré-indoeuropéenne. Et surtout, après l'invasion musulmane de la péninsule au début du viiie siècle, des groupes de chrétiens wisigoths se rassemblèrent en petites unités au sein desquelles s'élaborèrent lentement les langues romanes (galaïco-portugais, léonais, castillan) dont les domaines respectifs allaient s'étendre vers le sud à la faveur de la Reconquista.

Les problèmes agraires sont ceux des vieux pays ruraux où une nombreuse paysannerie s'est trouvée à l'étroit sur ses terres, alimentant une émigration au-delà des mers depuis la conquête des Indes occidentales jusqu'au milieu du xxe siècle. La dernière saignée, à la fin du xixe et début du xxe siècle, fut à l'origine d'une véritable dépopulation des campagnes et d'une chute inquiétante du taux de natalité.

La Galice

Finisterre atlantique à l'extrémité ouest de l'Europe, la Galice est à la fois isolée et pauvre. L'émigration vers Madrid et outre-mer (Amérique latine et centrale) fut une tradition jusqu'au milieu du xxe siècle. La Galice est un pays rural et une des régions les moins développées d'Espagne. Sur de petites exploitations, les cultures de maïs et de pommes de terre demeurent prédominantes, mais les cultures fourragères assurent, depuis les années 1980, une spécialisation dans un élevage bovin de qualité.

La vie maritime est intense, elle met à profit les profondes rias. Les ports de La Corogne, et surtout de Vigo, premier port de pêche d'Europe, vivent de la pêche hauturière. Aux poissons tels que colins, morues, sardines et divers céphalopodes et crustacés, s'ajoutent les huîtres et les moules. Les industries, peu nombreuses, sont localisées dans les ports (conserveries, métallurgie), notamment à Vigo (usine Peugeot-Citroën) et dans le port de guerre du Ferrol.

Installations portuaires à Vigo

Installations portuaires à Vigo

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Vigo, premier port de pêche d'Europe, est situé dans une ria de la côte de la Galice. À côté de l'activité portuaire traditionnelle (pêche hauturière) se développent le transport de marchandises par conteneurs et diverses industries (conserveries et usine Peugeot-Citroën). 

Crédits : M. Riopa/ AFP/ Getty

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La Galice est vaste (29 574 km2) par rapport aux autres provinces de l'Espagne humide, et d'une grande diversité. Au sud, la culture de la vigne et l'irrigation introduisent une nuance méridionale. Mais c'est le contraste entre les régions intérieures, démographiquement exsangues, et les littoraux actifs et peuplés qui marque le pays. Entre les grandes villes de Vigo (297 332 hab. en 2009) et de La Corogne (246 056 hab. en 2009) s'est développé un axe de circulation en voie d'urbanisation au milieu duquel Saint-Jacques de Compostelle, la capitale politique régionale (94 092 hab. en 2009), apporte son prestigieux patrimoine.

Les pays asturo-cantabriques

Les deux régions autonomes des Asturies et de la Cantabrie ont un littoral aux nombreuses rias de 322 kilomètres de long, et de hautes montagnes intérieures qui culminent à 2 648 mètres aux Picos de Europa. L'élevage intensif des bovins s'est imposé partout, notamment en Cantabrie où la foire hebdomadaire de Torrelavega revêt une importance nationale. La présence de foyers d'industries lourdes (mines, sidérurgie, métallurgie, chimie, etc.) caractérisent ces pays et les distinguent de la Galice. Les mines asturiennes font de l'Espagne le pays méditerranéen le mieux pourvu en charbon. Toutefois, depuis les années 1980, les difficiles conditions d'extraction ont conduit à la fermeture graduelle de nombreux puits. La production plafonne autour de 10 millions de tonnes ; elle alimente les centres sidérurgiques d'Avilés et de Veriña ou bien elle est exportée par les ports d'Avilés et de Gijón en direction de Bilbao où elle est utilisée sur place.

Santander (182 700 hab. en 2009) qui, autrefois, exportait vers l'Amérique du sud les blés de Castille, est une station balnéaire qui a connu une vogue aristocratique au milieu du xixe siècle. Avec son université d'été Menéndez y Pelayo et un festival cinématographique international, la ville est devenue un centre culturel majeur dans la région.

Pays basque et Navarre

Les quatre provinces basques espagnoles (Àlava, Biscaye, Guipúzcoa et Navarre) forment deux régions autonomes distinctes depuis la Constitution de 1978. La Navarre fut un État souverain jusqu'au début du xvie siècle, elle en garda certaines prérogatives (droit civil, monnaie, douanes) jusqu'au milieu du xixe siècle. Toutes les provinces basques bénéficiaient, depuis le xiie siècle, d'un certain nombre de droits (fueros), dont le privilège de voter elles-mêmes les impôts. Cela confère à leurs actuels statuts d'autonomie un poids particulier. L'organisation nationaliste E.T.A. (Euskadi ta askatasuna, fondée en 1959), qui revendique, par la lutte armée, l'indépendance des quatre provinces basques, s'appuie sur les particularités ethniques, culturelles et linguistiques du patrimoine basque. Réputée difficile, la pratique de la langue basque est encouragée dans le cadre du statut d'autonomie (école publique, médias) mais est loin d'être parlée par tous les Basques.

Le Pays basque

La région avait de vieilles traditions commerciales et artisanales : forges et constructions navales basques étaient célèbres depuis le Moyen Âge. Les industries du Guipúzcoa, à l'est (papeteries notamment), souvent des entreprises de taille moyenne, ont des origines qui remontent à l'usage de la force hydraulique, notamment dans la vallée de l'Oria. Mais c'est dans la seconde moitié du xixe siècle que l'industrie lourde s'est fixée au Pays basque. La présence de minerai de fer à proximité du port de Bilbao attira les entreprises britanniques qui encouragèrent la sidérurgie locale afin que la houille britannique constitue un fret de retour aux importations de minerais. L'élite locale forma également de puissants groupes financiers parmi lesquels les banques de Biscaye et de Bilbao (Banco Bilbao Vizcaya argentaria, B.B.V.A.).

Bilbao est un grand port, un foyer industriel, et l'une des plus grandes agglomérations d'Espagne (1 million d'habitants en 2009). Fondé en 1300 dans un site classique où un pont peut franchir aisément la ria du Nervión, ce fut un port de pêche et de commerce important dès le Moyen Âge, en contact étroit avec les pays de la Hanse. De 18 000 habitants en 1860, la population passa à 100 000 au début du xxe siècle grâce au développement de la grande industrie. L'agglomération s'est alors étendue jusqu'à la mer, sur les deux rives de la ria. Les usines métallurgiques, sidérurgiques et chimiques se trouvant à l'étroit dans les faubourgs de Baracaldo, Sestao, Portugalete, les industries nouvelles se sont implantées à partir des années 1970 à Vitoria, capitale de la province d'Álava ou en Navarre. Une crise grave des industries lourdes à la fin du régime franquiste fut suivie de douloureuses restructurations au début de la transition démocratique. Bilbao a cherché une issue du côté des équipements culturels. Le musée Guggenheim, construit par l'architecte américain Frank Gehry et inauguré en 1997, au sein duquel ont été installées, en 2005, les immenses structures en acier du sculpteur américain Richard Serra, est devenu le symbole de la renaissance de Bilbao. L'attrait international de la ville est renforcé par l'aménagement d'un grand aérodrome et d'une liaison maritime quotidienne vers le Royaume-Uni.

Un autre grand ensemble urbain regroupe, à proximité de la frontière française, plus d'un demi-million d'habitants au début du xxie siècle, et inclut la grande station balnéaire de Saint Sébastien (San Sebastian) et le port industriel de Pasajes.

La Navarre

Dès le milieu du xiie siècle, le royaume de Navarre fut coupé de la frontière d'Al-Andalous par les avancées des royaumes chrétiens voisins. Il perdait ainsi définitivement la possibilité d'expansion offerte par la Reconquête aux royaumes chrétiens aux dépens des royaumes musulmans. En 1512, craignant que la Navarre ne revienne au royaume de France, le roi Ferdinand le Catholique la conquit et l'incorpora à la couronne de Castille, achevant ainsi l'unité de l'Espagne. La Navarre demeura toutefois un royaume distinct par son territoire et son régime juridique avec un vice-roi, ses cortes, ses douanes et sa monnaie jusqu'en 1841, date à laquelle ce régime fut abrogé au profit d'une simple autonomie administrative et juridique. Géographiquement, la Navarre est partagée entre l'Espagne sèche et l'Espagne humide, la capitale Pampelune (198 491 hab. en 2009) étant établie au contact des deux. Dans le dernier tiers du xxe siècle, bon nombre d'activités industrielles du Pays basque trouvèrent, autour de Pampelune, les terrains industriels dont elles manquaient. Aussi, la Navarre est-elle devenue l'une des régions les plus développées d'Espagne et déploie, par ailleurs, un effort particulier en faveur d'un tourisme de qualité (sports, chemin de Compostelle, valorisation des monuments).

L'Espagne « sèche et guerrière »

Le poète Antonio Machado désignait ainsi la Castille, région où le climat continental accentue la sécheresse méditerranéenne et qui, au prix de luttes incessantes, parvint à réaliser l'unité de l'Espagne. Ces caractéristiques valent également pour l'Aragon, car autant l'une que l'autre sont des créations de la Reconquête : simples comtés au ixe siècle, devenus royaumes au xie siècle, leur réunification par les Rois Catholiques en 1474 donnera naissance à l'Espagne moderne.

À l'époque, l'élevage des moutons transhumants, assuré par les organisations d'éleveurs (Mesta) en Castille et la Maison des éleveurs de Saragosse en Aragon, alimentait un fructueux commerce de la laine. Mais la crise économique, amorcée peu après l'unité réalisée par les Rois Catholiques, affaiblit la prépondérance des régions centrales. Leur rôle dirigeant fut même contesté au xixe siècle par la Catalogne et le Pays basque.

Au début du xxie siècle, ces régions intérieures, qui furent l'essence de l'Espagne et s'étendent sur plus de la moitié du territoire national, sont le plus vaste espace sous-peuplé d'Europe, malgré la présence de six millions de Madrilènes.

La « Meseta »

Ce terme s'applique, comme un nom propre, à l'ensemble des plateaux centraux espagnols et à leur structure géologique : un socle ancien, arasé depuis l'ère secondaire. L'orogénie alpine le malmena sans l'entamer mais, en le basculant vers l'ouest, c'est toute l'hydrographie qui fut orientée vers l'Atlantique. Trois grands fleuves traversent également le Portugal (le Duero, le Tage et le Guadiana) et ont ainsi un statut international. À l'exception de la province de Madrid qui fut soustraite à la région Castille-Manche et érigée en région autonome, les trois autres régions sont historiques et ont en commun leur vaste étendue et leur faible densité de population. La plus grande d'entre elles, qui regroupe les provinces de Castille (Vieille-Castille) et León est plus étendue que le Portugal (94 200 km2) et compte 2,5 millions d'habitants en 2009. La Nouvelle-Castille, à laquelle fut adjointe la partie sud-est de la Manche (province d'Albacete) est plus vaste que l'Écosse (79 000 km2) ; appelée Castille-La Manche, elle regroupe 2 millions d'habitants en 2009. Enfin, l'Estrémadure (1,1 million d'hab. en 2009), avec 41 600 km2, correspond à la superficie des Pays-Bas. Leur faible population tend à se stabiliser de nos jours après une chute spectaculaire, notamment entre 1955 et 1975. Durant cette période, les soldes migratoires négatifs atteignirent des sommets : 47 p. 100 en Estrémadure, 40 p. 100 dans la Manche. Une véritable dévitalisation des campagnes en résulta et de nombreuses municipalités durent être supprimées ou regroupées.

Vieille-Castille et León

Dans la cuvette à demi fermée entourée de montagnes, l'altitude élevée (entre 700 et 1 000 mètres) impose un climat rude aux longs hivers neigeux. L'olivier est absent et la vigne, qui doit faire l'objet de soins attentifs, donne, pour cette raison sans doute, les meilleurs crus d'Espagne (Toro, Ribera del Duero). Le fleuve Duero rejoint le Portugal par des gorges profondes mises à profit par de grands barrages hydroélectriques.

Les paysages sont variés : à l'ouest, le socle est mis à nu et porte souvent une forêt claire de chênes-verts pâturée par les porcs ibériques ; à l'est, les calcaires qui recouvrent le socle sont découpés en plateaux élevés : les páramos.

L'installation, lors de la Reconquête, d'une petite et moyenne paysannerie nombreuse s'est accompagnée d'un parcellaire laniéré et d'un groupement de l'habitat qui se reflète encore dans le paysage. Mais l'exode rural a entraîné des transformations dans les terres sèches où la culture extensive et mécanisée de l'orge ou du tournesol s'accompagne d'une reprise de l'élevage extensif des ovins. C'est l'irrigation qui représente ici la marque de la modernisation, non plus seulement le long des vallées mais à partir de forages pour le maïs, la betterave à sucre, les fourrages. Il n'y a pas de véritable réseau urbain mais un semis de villes moyennes : Salamanque (155 619 hab. en 2009), Burgos (178 966 hab.), León (134 305 hab.). Quant à Valladolid (317 864 hab.), outre sa fonction de capitale régionale et de centre universitaire, elle est la seule ville fortement industrialisée (les usines Renault qui ont essaimé à Palencia).

Nouvelle-Castille-La Manche

Au début du xxe siècle, les forêts de la Manche furent défrichées pour que la province devienne un terroir de vins de table avec ses centres vinicoles comme Daimiel, Valdepeñas, Manzanares. La présence de la plus importante nappe aquifère de toute la péninsule a donné lieu, dans les années 1970, à une multiplication des forages, qui a provoqué l'abaissement de la nappe phréatique et engendré des conséquences dramatiques, y compris dans la zone humide du parc national de las Tablas de Daimiel.

La proximité de Madrid explique l'absence de grandes villes et la faiblesse du réseau urbain. Albacete (169 716 hab. en 2009), Ciudad Real (arrêt du T.G.V.) et Tolède (82 291 hab.), ancienne capitale du royaume, tombée au rang de capitale de région, sont des villes moyennes. Le seul centre industriel notable est la ville minière de Puertollano.

L'Estrémadure

Cette région rurale a le P.I.B. le plus faible d'Espagne, il dépasse à peine la moitié de la moyenne européenne. L'agriculture sèche est extensive, au point de donner l'impression d'un saltus aménagé pour les besoins de l'élevage transhumant des moutons et de celui du porc ibérique. Les terres cultivées ont parfois l'allure de vastes clairières au milieu d'une forêt claire de chênes-verts dont le nom même de dehesa (devèze) exprime bien le sens d'une ancienne mise en défens.

La mise en valeur, par irrigation, des fonds de deux anciens lacs tertiaires de la vallée moyenne du Guadiana fut, au départ, un grand projet d'aménagement de la deuxième République qui devint la vitrine de l'action sociale du franquisme. On estime que le débit du Guadiana a diminué de moitié par rapport au début du xxe siècle, posant de graves problèmes qui ont des répercussions au Portugal. Les seules industries de la région, de nature alimentaire, sont en rapport avec ce grand aménagement agricole. Outre Mérida (56 395 hab. en 2009), la capitale de la région, et Cáceres (93 131 hab.), Badajoz (148 334 hab.) s'est considérablement développée au début du xxie siècle et exerce, notamment par le biais de son université, une attraction importante sur la région portugaise voisine.

Madrid

La région de Madrid compte, en 2009, 6,3 millions d'habitants, soit 13,4 p. 100 de la population de l'Espagne.

Le contraste entre la ville et les campagnes environnantes reste d'ailleurs encore accusé, à l'exception des axes ferroviaires et routiers le long desquels s'étirent les édifices à usage commercial et industriel. Capitale politique longtemps dépourvue d'industries, enjeu symbolique durant la guerre civile, Madrid a bénéficié des efforts centralisateurs du régime franquiste qui en a fait un puissant centre financier et industriel. Outre la présence du pouvoir central, les universités et l'aéroport international ont facilité l'implantation d'activités de haute technologie. Comme de nombreuses grandes villes espagnoles, Madrid a beaucoup investi dans le domaine culturel qui lui assure une grande attractivité à l'échelle internationale.

Aragon et Rioja

Le bassin de l'Ebre est à la fois plus sec et mieux pourvu en eau que la Meseta grâce au fleuve éponyme et aux torrents pyrénéens. De longue date, les « déserts » des Bardenas, de la Violada ou des Monegros, parcourus par les troupeaux de moutons descendus des Pyrénées, s'opposent aux véritables oasis d'agriculture irriguée suivant le cours des rivières.

L'Aragon (47 650 km2) correspond aux limites de l'ancien royaume de ce nom à l'époque d'Alphonse le Batailleur (1104-1134), tandis que la couronne d'Aragon y ajouta, au siècle suivant, les États des souverains catalans (comtés de Catalogne, royaume de Valence et royaume de Majorque).

La Rioja, la moins peuplée (321 702 hab. en 2009) et la plus petite des régions autonomes (5 045 km2) fut un territoire disputé entre la Castille, la Navarre et l'Aragon au cours de l'histoire. Son nom seul évoque un des plus fameux vignobles de cru de toute l'Espagne.

Dans le bassin de l'Ebre, Saragosse (Zaragoza, 674 317 hab. en 2009) garde le prestige et le passé de la capitale politique qu'elle fut jusqu'au début des Temps modernes. C'est un important marché agricole et un centre d'industries alimentaires, métallurgiques et chimiques liées au développement de l'agriculture locale. S'y ajoute l'énorme usine de General Motors à Figueruelas, qui procure, au début du xxie siècle, près de 10 000 emplois directs. Mais la croissance de Saragosse, à égale distance de Bilbao, de Barcelone et de Madrid, s'effectue dans le cadre d'un espace plus vaste que celui de l'Aragon, et au détriment de l'ancien réseau urbain où les petites villes dépérissent. Son rôle en Aragon est comparable – bien qu'à une autre échelle – à celui exercé par Madrid sur les campagnes de la Meseta. Dans les deux cas, les campagnes se sont vidées de leurs habitants au profit de ces grandes agglomérations dont le rôle national (Saragosse) ou international (Madrid) s'est exercé aux dépens de leur action régionale.

Église Santa Maria Magdalena, Saragosse

Église Santa Maria Magdalena, Saragosse

photographie

L'influence de quatre siècles d'occupation musulmane est bien visible à Saragosse: la tour de l'église de la Santa Maria Magdalena (XIVe siècle) est un des plus beaux exemples du style gothique-mudéjar. Au fond, la cathédrale Nuestra Señora del Pilar (Notre-Dame-du-Pilier,... 

Crédits : M. Gray/ National Geographic/ Getty

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La Méditerranée catalane

Deux traits majeurs caractérisent l'ensemble régional de l'Espagne méditerranéenne, qualifié de « Méditerranée catalane » par le géographe Pierre Deffontaines : l'unité de civilisation catalane dont le vecteur le plus spectaculaire est la langue, ainsi que l'ampleur exceptionnelle du tourisme de masse (sur la Costa Brava).

La Catalogne

La géographie de cette région grande comme la Belgique (31 930 km2) est hétérogène. On y trouve le prolongement, vers l'est, d'unités morphologiques propres au nord-est de la péninsule, Pyrénées et bassin de l'Ebre et, en outre, l'élément original de deux petites chaînes côtières. Les contrastes climatiques sont accusés, ils opposent du point de vue thermique le rude milieu de haute montagne à celui tout en douceur du climat méditerranéen littoral. Pour les précipitations et la végétation, les forêts de hêtres et de rouvres du nord (la Selva) et les campagnes verdoyantes contrastent avec la sécheresse de la région de Lérida où domine la steppe à labiées lorsque les terres ne sont pas irriguées. Enfin, à l'échelle locale, le morcellement du relief a favorisé l'apparition d'une mosaïque de pays : les « comarques » (comarcas) qui constituent une trame administrative originale. Les cours d'eau venant des Pyrénées sont les seuls éléments qui relient ces fragments disparates.

Pourtant, de toutes les régions d'Espagne, la Catalogne est celle qui présente la plus forte unité. Elle le doit à une longue histoire où, depuis plus d'un millénaire, s'est forgé le destin collectif d'une nation dotée d'une langue et d'une culture propres. Dès le ixe siècle, les comtes de Barcelone bénéficièrent d'une indépendance de fait et l'essor économique de leur État fut suivi d'une floraison culturelle qui fit du pays le berceau de l'art roman. Puis une langue de culture et d'administration s'individualisa, vecteur d'une ancienne aspiration à l'indépendance.

Pour autant, la géographie humaine n'est pas non plus dépourvue de contrastes, qu'ils soient historiques entre la vieille Catalogne des origines et la nouvelle Catalogne, objet de la Reconquête, ou qu'ils soient démographiques entre une Catalogne intérieure peu peuplée et une Catalogne littorale qui a une très forte population.

Dans ce pays cloisonné, l'unité relève d'un réseau urbain hiérarchisé, dont on dit que les villes sont les rues de Barcelone. Si les vestiges de la Barcino romaine attestent d'un port et d'une petite ville, ce fut au cours de la Reconquête médiévale que la ville devint le centre d'une puissante maison comtale. Au xiiie siècle, la thalassocratie catalane étendit son influence à toute la Méditerranée et ce fut encore le commerce maritime qui, dans la seconde moitié du xviiie siècle, permit à la bourgeoisie d'investir dans la fabrication des indiennes de coton avant qu'elle n'étende son emprise sur toute la région. Les industries textiles furent, par la suite, à l'origine de la diversification des activités (métallurgie des métiers à tisser, industries chimiques de la teinture, etc.) et du développement de l'énergie hydraulique des torrents pyrénéens. Devenue aussi un centre commercial, culturel et universitaire de premier plan, la ville s'étendit considérablement entre la chaîne littorale et la mer, au cours de la seconde moitié du xixe siècle, suivant le célèbre plan en damier d'lldefonso Cerda. Les jeux Olympiques de 1992 furent le point de départ d'une grande opération de rénovation urbaine qui se poursuit (tour Agbar), tandis que le port continue à faire l'objet de grands aménagements afin d'en augmenter la capacité (détournement du Llobregat).

La Communauté de Valence

Elle correspond à l'ancien royaume de Valence dont les comtes de Barcelone avaient fait la conquête au Moyen Âge (23 305 km2). À l'exception du massif d'Alcoy et de sa côte rocheuse, ce sont des plaines alluviales qui dominent au pied de collines sèches plantées de vignes et d'oliviers. Le glacis alluvial est couvert d'orangers et de jardins irrigués tandis que, dans la basse plaine qu'il faut drainer, les rizières sont en concurrence avec les installations industrielles (céramique) ou touristiques.

L'agriculture irriguée, qui remonte ici à l'Antiquité romaine, a été portée à un très haut niveau de perfection technique et institutionnelle (tribunal de l'eau de Valence). Durant la période musulmane, du viie au début du xiiie siècle, des plantes nouvelles furent acclimatées par les Arabes dans leurs jardins d'agrément. L'agriculture commerciale est très ancienne : au xve siècle, la culture de la canne fournissait la République de Venise en sucre. Il s'est toujours trouvé une culture pour se substituer à la précédente lorsque celle-ci était sur le déclin. La sériciculture puis la culture des agrumes se succédèrent. Cette dernière est devenue l'un des fondements de la richesse agricole de la Communauté de Valence.

C'est aussi un pays au tissu industriel dense, où les petites entreprises familiales voisinent avec de grandes multinationales (usines Ford près de Valence), et où la diversité des activités (textile, chaussures, jouets) et l'ancienneté de l'esprit d'entreprise permettent de résister aux crises économiques.

La ville de Valence (814 208 hab. en 2009) s'est considérablement développée, constituant désormais une agglomération millionnaire, desservie par un réseau métropolitain. Le détournement du Turia, à partir de 1966, a permis de construire dans son ancien lit une série de bâtiments modernes (palais de la musique). L'essor de cette région littorale s'est étendu à Alicante (334 757 hab. en 2009) où résident de nombreux citoyens britanniques (encouragés par les liaisons aériennes à bas coût).

Les îles Baléares

La plus petite des régions autonomes avec la Rioja, les Baléares (5 014 km2), conquise également par les Catalans (ancien royaume de Majorque), ne manque pas de diversité, notamment entre les paysages de Majorque et ceux de Minorque. Les différences ne tiennent pas seulement au relief qui oppose Minorque, plate-forme battue par les vents, à Majorque où une imposante chaîne de montagnes surplombe le rivage nord. Des influences historiques ont également façonné les paysages agraires en fonction de l'origine des paysans catalans qui colonisèrent les îles à partir de la seconde moitié du xiiie siècle. Ainsi, la spécialisation herbagère de Minorque semble en contradiction avec les aptitudes du milieu. Les traces d'une occupation britannique de près d'un siècle (1708-1756 ; 1764-1782 ; 1798-1802) sont également étonnantes (fortifications, route de Ciutadella, architecture de Mahón, etc.).

Le déferlement touristique massif depuis le milieu du xxe siècle assure aux Baléares un niveau de vie élevé mais multiplie les atteintes à l'environnement et aux paysages (bétonnage de la côte ouest de Majorque, pénurie d'eau, etc.).

L'Espagne subafricaine

La partie de l'Espagne péninsulaire située au sud du 38e parallèle bénéficie des conditions climatiques propres aux nuances méridionales des climats méditerranéens, notamment un allongement de la saison sèche et l'augmentation des températures moyennes. Cela peut se traduire, localement, par l'existence de cultures tropicales le long du littoral de la mer d'Alboran ou bien encore, dans l'est de cet ensemble, par des conditions semi-désertiques insolites, proches de celles du Sahara. Mais la proximité africaine s'est manifestée historiquement par la permanence, durant plus de sept siècles, d'un Islam d'Occident original qui fut également le vecteur d'une brillante civilisation dont l'Andalousie orientale fut le dernier réduit jusqu'au xve siècle.

L'archipel des Canaries (7 242 km2 et 2,1 millions d'habitants en 2009), situé à mille kilomètres au sud de la péninsule, ainsi qu'une série de minuscules enclaves sur la côte septentrionale du Maroc (Ceuta et Melilla), font partie de l'Afrique. Les Canaries, déjà connues dans l'Antiquité classique, furent à l'époque des Rois Catholiques une conquête coloniale qui provoqua la disparition quasi complète de la population guanche (apparentée aux Berbères) qui habitait les îles. L'héritage du système d'agriculture de plantation a longtemps pesé sur l'économie de l'archipel.

Quelques retards de développement subsistent dans cette Espagne du Sud par rapport aux autres régions espagnoles. Mais sa première caractéristique est d'être devenue le limes de l'Europe, une barrière que tentent de franchir, au péril de leur vie, des Africains de plus en plus nombreux.

L'Andalousie

La vaste région andalouse (87 268 km2) est la plus peuplée des régions autonomes (8 302 923 hab. en 2009). Elle est disposée en quatre grands ensembles, de part et d'autre du Guadalquivir (le « grand fleuve » en arabe). Au nord, la sierra Morena constitue le rebord accidenté et dépeuplé de la Meseta. Au sud, la cordillère Bétique, série de plissements alpins, culmine dans la sierra Nevada à 3 482 mètres. Entre les deux, la dépression parcourue par le Guadalquivir est un ancien golfe marin où les dépôts marneux, quand ils ne sont pas recouverts de cailloutis fluviatiles, donnent des reliefs de collines. Cette dépression s'ouvre largement à l'ouest sur l'Atlantique et s'achève par le vaste marais des Marismas. Au sud enfin, un étroit rivage méditerranéen, ponctué de minuscules deltas, se déroule sur 450 kilomètres : exposé en plein midi, on y trouve des cultures tropicales (canne à sucre, anones, bananes).

Montoro

Montoro

photographie

Une ferme entourée d'oliviers, près de Montoro, dans la province de Cordoue, en Andalousie, Espagne. 

Crédits : Shaun Egan/ Getty Images

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C'est là que l'on trouve, près d'Almería (188 810 hab. en 2009), la fameuse campagne de Dalías, qui n'était encore en 1950 qu'un plateau déshérité dépourvu d'eau et même de sol. En moins d'un demi-siècle, ce minuscule secteur de 350 km2 est devenu l'un des principaux fournisseurs de l'Europe en légumes de contre-saison, grâce à l'exploitation de la nappe phréatique et à la création d'un sol artificiel de sable et de fumier, soigneusement renouvelé. La multiplication des serres en plastique donne l'impression d'un paysage entièrement enrubanné. Le littoral de la mer d'Alboran ne fait pas exception à l'essor touristique du littoral méditerranéen. Le rivage est totalement urbanisé à hauteur de Málaga sur toute l'étendue de la Costa del Sol.

Les aptitudes agricoles de la dépression du Guadalquivir ont fait très tôt de celle-ci un enjeu à la richesse proverbiale attirant les conquérants (la Bétique romaine, le califat de Cordoue). La présence de sols profonds de couleur noire, saturés en ions calcium, riches en argiles montmorillonites, d'une aptitude remarquable à conserver l'eau et d'une exceptionnelle fertilité, ont fait la réputation de ces terroirs céréaliers. Les sols rouges, caillouteux, des terrasses furent couverts d'oliviers dès la Haute Antiquité et l'on sait que la Bétique alimentait Rome en huile d'olive. Depuis la seconde moitié du xxe siècle, celle-ci fait l'objet des plus grands soins et comporte même des crus. Aussi, depuis les années 1980, les plantations d'oliviers se sont étendues et l'irrigation a permis, jusque dans les régions accidentées de l'est de l'Andalousie, d'augmenter sensiblement les rendements. L'huile d'olive n'est pas le seul secteur où la spéculation commerciale est exacerbée : dans la région de Huelva, la culture d'une variété américaine de fraise provoque chaque année d'importantes migrations saisonnières de main-d'œuvre bon marché. En dépit de ses médiocres qualités gustatives, la fraise de Huelva peut ainsi concurrencer à bas prix celles du reste de l'Europe. Comme il est fréquent en Espagne, l'essor agricole concerne principalement l'agriculture irriguée, provoquant ainsi une diminution des ressources en eau. Traditionnelle dans la partie orientale de l'Andalousie (vega de Grenade), l'irrigation dans la partie occidentale fut rare jusque dans les années 1930. Ensuite, elle prit un essor considérable qui accompagna de nouvelles cultures (betterave à sucre, riz et, plus tard, coton irrigué).

L'autre richesse ancienne de l'Andalousie, les mines, notamment de pyrite de cuivre, a perdu de son importance à la fin du xxe siècle (soit par épuisement des filons, soit par augmentation des coûts d'extraction). Elles ont enrichi, pourtant, à partir de la fin du xixe siècle, quelques grandes entreprises étrangères comme Peñarroya, Tharsis, Río Tinto, dans un contexte quasi colonial. En 1998, une entreprise minière fut responsable d'un désastre écologique qui affecta le parc national de Doñana dans les marais du Guadalquivir.

La puissance désormais consacrée de l'agriculture andalouse ne compense pas pour autant la faiblesse de l'industrialisation de la région, en dépit des efforts réalisés à partir de 1963, dans le cadre d'une politique de planification, pour implanter des pôles de développement, notamment à Huelva (raffineries et pétrochimie) et à Séville (703 206 hab. en 2009). Cette dernière a bénéficié de son nouveau statut de capitale politique de la région autonome. En outre, l'Exposition universelle de 1992 fut mise à profit pour doter la ville d'un réseau rationnel de communications routières et ferroviaires, pour l'ouvrir sur son fleuve, pour créer des espaces verts et pour rénover la vieille ville. Le fleuve, grâce à un bief et à une écluse, a pu conserver son rôle de port maritime et son aspect majestueux jusqu'au cœur de l'été, en dépit d'étiages importants. Une des faiblesses majeures de l'Andalousie tient à son réseau urbain qui comporte de grandes villes (Málaga, Cordoue, Xérès, Grenade, etc.) mais dont les relais, que constituent les villes moyennes, ont souffert de l'époque où une émigration massive les a dévitalisés.

La région de Murcie

Elle se distingue par son climat semi-aride et par un moindre développement économique qui s'était traduit, à partir du milieu du xxe siècle, par une migration massive de travailleurs vers Barcelone.

Ancien royaume hérité d'un émirat arabe annexé par la Castille en 1243 et situé, au xve siècle, entre les territoires de la couronne d'Aragon et ceux du royaume nasride, la région autonome n'a pas retrouvé ses limites historiques. Privée de la province d'Albacete, elle n'a plus le contrôle des sources de ses cours d'eau. Or l'eau est un enjeu politique majeur. La huerta de Murcie, actuellement désorganisée par le mitage de l'habitat, était encore célèbre vers le milieu du xxe siècle par la récupération successive des eaux qui servaient à irriguer en contrebas. L'extension des cultures spéculatives, comme le citronnier, s'est effectuée à l'aide de pompage dans les aquifères, dont le volume dépassa les apports naturels. En 1968 fut entrepris un transfert des eaux du Tage supérieur dont les travaux durèrent dix ans. Un canal de 286 kilomètres de long est susceptible d'un débit de 33 m3/s mais cela demeure insuffisant au regard des besoins. Un projet de transfert des eaux de l'Ebre, présenté en 1993, fut abandonné dix ans plus tard, le recours aux usines de dessalement d'eau de mer devant en partie s'y substituer. Les industries sont rares, en dehors de traditionnelles conserveries alimentaires de fruits et légumes et de la raffinerie de pétrole d'Escombreras, à proximité du port militaire de Carthagène.

Gros bourg rural il y a seulement un demi-siècle, Murcie est devenue une agglomération d'un demi-million d'habitants qui rassemble la moitié de la population de toute la région.

L'archipel des Canaries

Les îles (Tenerife, Fuerteventura, la Grande Canarie, Lanzarote, La Palma, Gomera, Hierro) se trouvent au large du Sahara, dans le domaine de l'alizé du nord-est et elles présentent les contrastes propres aux îles tropicales entre versant au vent, humide, et versant sous le vent, sec. Les exportations de bananes et de tomates demeurent importantes mais la part de l'agriculture dans l'économie s'amenuise, en raison du manque d'eau et de terre. L'industrie se réduit à la raffinerie de pétrole de Santa Cruz de Tenerife. La principale ressource est le tourisme, qui est passé d'une fréquentation limitée et choisie au xixe siècle à un tourisme de masse hivernal en provenance de l'Europe du Nord. Son ampleur inconsidérée entraîne une importante dégradation des paysages et de l'environnement, aggravée encore par de gigantesques incendies en 2007. Les deux grandes îles sont très peuplées et dotées de grandes agglomérations dont Las Palmas (381 847 hab. en 2009) et Santa Cruz de Tenerife (222 417 hab. en 2009) qui se partagent le rôle de capitale. Les autoroutes qui desservent les plages et les hôtels de luxe, l'urbanisation qui dévore l'espace, posent des problèmes croissants de gestion de l'eau et d'aménagement du territoire.

Les Canaries relèvent des régions ultrapériphériques de l'Europe, au même titre que les départements français d'outre-mer, et reçoivent donc des aides spécifiques de l'Union européenne.

Les « présides »

Les enclaves de Ceuta et de Melilla (152 134 habitants au total en 2009), sur la côte rifaine, qui ne représentent que quelques confettis d'empire à proximité du détroit de Gibraltar, ont perdu leur caractère stratégique de places de souveraineté espagnole dans le système colonial. Comme les Canaries, elles font figure de mythique frontière de l'Europe aux yeux des foules déshéritées venues d'Afrique.

Au cours de la seconde moitié du xxe siècle, la géographie humaine de l'Espagne a été profondément modifiée. De pays pauvre, peu et mal développé, au régime dictatorial, à l'écart de l'Europe, elle est devenue un pays dynamique et démocratique. Toutefois, le milieu physique est de plus en plus sollicité. La bonne gestion des ressources hydriques, par exemple, est un défi majeur que la sécheresse climatique du pays et le risque de voir celle-ci s'accentuer rend plus urgent qu'en tout autre État européen.

—  Michel DRAIN

Bibliographie

※ Atlas

R. Mata Olmo & C. Sanz Herráiz dir., Atlas de los paisages de España, Ministerio de Medio Ambiente, Madrid, 2004

F. Molinero Hernando, Atlas de la España rural, Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación, Madrid, 2005.

※ Ouvrages

P. Birot & J.Dresch, La Méditerranée et le Moyen-Orient, t. 1, La Méditerranée occidentale, P.U.F., Paris, 1953

R. Bosque Candel, Síntesis de geografía de España, Globo, Madrid, 2005

M. Drain, Géographie de la péninsule Ibérique, coll. Que sais-je ?, P.U.F., 1993 (1re éd. 1972)

J. García Álvarez, Provincias, regiones y comunidades autónomas. La formación del mapa político de España, Secretaría general del Senado, Madrid, 2002

A. Gil Olcina & J. Gómez Mendoza dir., Geografía de España, Ariel Barcelone, 2001

H. Lautensach, Iberische Halbinsel, Keysersche Verlagsbuchhandlung, Munich, 1964

M. de Terán, L. Solé Sabaris & J. Vila Valentí, Geografía regional de España, Ariel, Barcelone, 5e éd., 1987.

Écrit par :

  • : agrégé de géographie, docteur d'État, directeur de recherche émérite au C.N.R.S.

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Le caractère essentiel de la littérature espagnole, comme de toute la culture et de tout le génie de l'Espagne, comme du tempérament des Espagnols, est la singularité. De cette singularité les Espagnols ont conscience et ils lui donnent, d'emblée, une raison géographique : ils se sentent situés au bout de l'Europe. Un de leurs aphorismes favoris est que l'Europe commence aux Pyrénées.À cette raiso […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-arts-et-culture-la-litterature/

ESPAGNE (Arts et culture) - L'art espagnol

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT
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L'histoire de l'art espagnol ignore la continuité. Son développement par ruptures doit être mis en relation avec le déterminisme géographique qui oppose la massivité continentale de la Meseta à la diversité des zones périphériques. Les Castilles paraissent faites pour unifier et pour commander. Les régions du pourtour ont toujours été attirées par les dissidences. Selon le rythme de l'histoire, l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-arts-et-culture-l-art-espagnol/

ESPAGNE (Arts et culture) - La musique

  • Écrit par 
  • Luis CAMPODÓNICO, 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 5 635 mots
  •  • 4 médias

Selon que l'on considère la traduction musicale des caractères communs à l'ensemble des peuples ibériques ou l'évolution d'une tradition savante, on pourra parler de musique espagnole ou de musique d'Espagne.La première, présente dans les folklores de la Péninsule depuis les origines de la nationalité, a souvent info […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-arts-et-culture-la-musique/

Voir aussi

Pour citer l’article

Michel DRAIN, « ESPAGNE (Le territoire et les hommes) - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-le-territoire-et-les-hommes-geographie/