FLYNN ERROL (1909-1959)

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« J'ai vécu, et bien vécu, comme un glouton qui mord dans la vie à pleines dents... J'ai connu l'aventure, le romanesque, le sport, et je me suis efforcé de leur donner un sens... » C'est ainsi que l'acteur hollywoodien Errol Flynn résume sa vie dans son autobiographie, Mes 400 Coups (My Wicked, Wicked Ways), à cinquante ans, peu avant sa mort en 1959.

Errol Leslie Thompson Flynn est né à Hobart, en Tasmanie (Australie), le 20 juin 1909. C'est là qu'il passe ses premières années entre une mère qui « ne lésinait pas sur la cravache » et un père océanographe et botaniste perpétuellement en voyage. La solitude se tempère d'une grande liberté marquée par des fugues répétées dès l'âge de sept ans. Le jeune Flynn supporte mal l'école, que ce soit à Hobart, Londres ou Paris, et se fait renvoyer rapidement. Au lycée de Sydney, il se passionne pour la boxe, envisageant même une carrière professionnelle. À dix-sept ans, il quitte famille et école, pratique des métiers divers, frôlant même la délinquance. Responsable d'une plantation de copra, en 1929, il sert de guide à un cinéaste explorateur, Herman F. Erben. Sa « présence » dans les images d'Erben l'entraîne à jouer dans un « documentaire romancé » anglo-australien, Dans le sillage du « Bounty » (1933). Il prend quelques cours d'art dramatique vite abandonnés et joue sur les scènes londoniennes, entre autres un Othello réputé exécrable. C'est pourtant à Stratford-sur-Avon qu'un « talent scout » remarque ses qualités physiques, – corps d'athlète élancé, vivacité, sourire, regard chaleureux et passionné, élégance du geste. Un petit rôle dans un film anglais lui vaut un contrat à Hollywood.

Bientôt, Michael Curtiz prend conscience que le physique de Flynn s'intègre admirablement dans un cadre cinématographique en mouvement sans en rompre l'ordonnance. Le producteur, Jack Warner, lui, apprécie sa haute taille (1,87 m), nécessaire dans un film d'aventures de plein air. Les costumes d'époque ne gênent en rien ses mouvements. Son sourire, rehaussé de sa fine moustache aristocratique, son visage fin, son regard vif ne craignent ni chapeaux ni perruques. Au lieu du shakespearien John Barrymore qu'il appréciait, Flynn va suivre ainsi les traces du bondissant Douglas Fairbanks. Sous la direction de Curtiz, il tourne quelques films à grand succès qui marquent l'histoire du genre : le film d'aventures maritimes (Capitaine Blood, 1935 ; L'Aigle des mers, 1940), de cape et d'épée (Les Aventures de Robin des Bois, 1938), le film de guerre coloniale et exotique (La Charge de la brigade légère, 1938). Dans les westerns de la période Curtiz, Dodge City (1939), La Caravane héroïque (1940) ou La Piste de Santa Fé (1940), il incarne des personnages où dominent l'optimisme, l'enthousiasme, l'humour.

La Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre

Photographie : La Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre

Bette Davis (1908-1989) et Errol Flynn (1909-1959) dans La Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre de Michael Curtiz (1939). 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Errol Flynn eut longtemps une réputation de « mal-aimé ». Malgré son succès, sa vie ne ressemblait en rien à l'idéal chevaleresque représenté par le personnage qui le résume, Robin des Bois. Grand amateur de vodka et de femmes, il est poursuivi pour viol en 1943 (et acquitté). On le dit mort en Espagne où il se rend comme journaliste en 1937, auprès des gouvernementaux. À la fin de sa vie, il se rend à Cuba, considérant Fidel Castro comme un vrai Robin des Bois, et joue même dans un film à la gloire des rebelles. L'esprit de Flynn est celui d'un révolté, d'un anarchiste, sans rien d'ouvertement politique. Dès lors, sa rencontre avec cet autre flibustier du cinéma que fut Raoul Walsh – lui aussi passionné de Shakespeare – ne pouvait qu'être féconde. Walsh transforme l'insouciance de Flynn en une volonté farouche de conquérir le monde par tous les moyens, y compris la violence. Mais la distinction de Flynn double cette brutalité d'une authentique élégance morale et aristocratique. Surtout, Walsh offre à l'acteur des rôles d'une densité qu'il n'avait jamais connue auparavant. Ainsi, l'acteur est magnifié en général Custer valeureux dans La Charge fantastique (1941). Cette parfaite connivence humaine et esthétique entre les deux hommes engendre deux chefs-d'œuvre. L'expérience pugilistique de Flynn fait merveille dans le rôle de Jim Corbett, ambitieux, arrogant, mais au geste chevaleresque, que le titre du film – Gentleman Jim (1942) – définit [...]

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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WALSH RAOUL (1887-1980)

  • Écrit par 
  • Christophe MERCIER
  •  • 2 233 mots

Dans le chapitre « « Le monde lui appartient » »  : […] Ce qui fait le lien entre tous les films de Walsh, c'est son goût pour un certain type de personnages aventureux, pour des hommes qui partent à la conquête du monde. Tous ses héros sont des gagneurs, qu'il s'agisse de Jim Corbett ( Errol Flynn), qui devient champion du monde de boxe ( Gentleman Jim ), du fondateur d'un ranch, dans Silver River (Errol Flynn), du capitaine Jonathan Clark ( The Worl […] Lire la suite

Pour citer l’article

Joël MAGNY, « FLYNN ERROL - (1909-1959) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/errol-flynn/