HAÏM EMMANUELLE (1962- )

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La direction d'orchestre au féminin

Ses premières armes de chef, elle les fait à la tête des solistes du Studio Versailles Opéra, puis de diverses formations – Les Muses galantes, Les Folies françoises –, avant de fonder en 2000 son propre ensemble, Le Concert d'Astrée, groupe mixte, à la fois vocal et instrumental, qu'elle dirige depuis son clavecin. Très vite, elle est reconnue comme une figure majeure de la jeune génération. Chantre de l'éloquence baroque, elle use d'une gestique fougueuse et démonstrative pour faire surgir, sous l'élégance et le langage fleuri des partitions des siècles anciens, les flammes de la passion et l'éclat de couleurs sonores oubliées. Dès 2001, elle connaît un succès retentissant au festival de Glyndebourne avec Rodelinda de Haendel. Ce haut lieu de la musique britannique lui offre Theodora de Haendel (2003) et L'Incoronazione di Poppea de Monteverdi (2008). En résidence à Lille depuis 2004, Le Concert d'Astrée et son animatrice mènent une très active carrière internationale, accompagnant sur scène ou en récital les plus belles voix lyriques du moment : Paul Agnew, Cecilia Bartoli, Ian Bostridge, David Daniels, Karine Deshayes, Natalie Dessay, Joyce DiDonato, Véronique Gens, Susan Graham, Philippe Jaroussky, Laurent Naouri, Anne Sofie von Otter, Patricia Petibon, Sandrine Piau ou Rolando Villazón. À la tête de formations aussi diverses que l'Orchestra of the Age of Enlightenment, le City of Birmingham Symphony Orchestra, le Scottish Chamber Orchestra, le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, l'orchestre du Lyric Opera de Chicago ou encore l'Orchestre philharmonique de Berlin, elle défend un répertoire qui, au-delà de Haendel et de Monteverdi, couvre Lully, Purcell, Rameau et Mozart. C'est alors une riche moisson de récompenses : Echo Deutscher Musikpreis (2003), victoires de la musique (2003, 2008, 2009). Après avoir triomphé avec son ensemble au Théâtre des Champs-Élysées dans Orlando de Haendel, elle est invitée, quelques mois plus tard, par l'Opéra de Paris à conduire l'orchestre maison pour une reprise d'Idomeneo de Mozart. L'échec patent de cette tentative de marier les conceptions baroques avec les pesanteurs de la tradition symphonique l'amène à renoncer à ce projet. Le chef Daniel Harding avait connu, en 2005, la même mésaventure avec la fosse rebelle du Palais-Garnier. Emmanuelle Haïm retrouve en 2011 – mais cette fois avec Le Concert d'Astrée – la grande scène parisienne, pour un Giulio Cesare de Haendel qui connaît un éclatant succès. En 2012, avec la production, toujours à l'Opéra de Paris, d'Hippolyte et Aricie de Rameau, elle se tourne à nouveau vers ce baroque français qui lui a valu, notamment avec le spectacle lillois de Dardanus, du même auteur, ses plus belles réussites.

La discographie déjà riche d'Emmanuelle Haïm compte essentiellement des enregistrements avec Le Concert d'Astrée. À côté de nombreux récitals où s'illustre l'élite du chant actuel, Haendel occupe une place centrale : Giulio Cesare, Dixit Dominus, Acis and Galatea, La Resurrezione, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno. Monteverdi – avec Il Combattimento di Tancredi e Clorinda et Orfeo – ainsi que Bach – le Magnificat et les cantates BWV 51, 82 et 199 – figurent en bonne place. Retenons encore Dido and Æneas de Purcell ainsi que quelques pages de Caldara, cette fois avec le Concerto Köln.

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Pierre BRETON, « HAÏM EMMANUELLE (1962- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/emmanuelle-haim/