EITOKU KANŌ (1543-1591)

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Les grands thèmes décoratifs

Si, grâce à ces peintures de jeunesse, on connaît le style d'Eitoku débutant, on sait aussi que, faute de loisirs, l'artiste n'eut plus que rarement l'occasion de s'adonner à des œuvres de petites dimensions et se consacra exclusivement à l'élaboration de grands thèmes décoratifs, dont il dut souvent confier la réalisation à des membres de son atelier. C'est ainsi qu'on ne connaît que trois œuvres datant de sa maturité. Deux d'entre elles sont de grands décors officiels. L'autre, actuellement montée en deux kakemono, pourrait provenir de fusuma (porte à glissière) ou d'un paravent. Conservés au Musée national de Tōkyō, ces kakemono représentent, traités à l'encre, des sujets empruntés à la tradition chinoise.

Le Paravent aux lions à la chinoise, qui appartient à la Maison impériale, est une peinture plus officielle. Les deux lions, symphonie de blanc, vert et brun, se détachent sur le fond or ; dans le haut du paravent, le seul motif est un tronc d'arbre, et, de ce fait, les deux animaux semblent se mouvoir dans un espace abstrait. L'absence de détails montre la puissance de synthèse à laquelle était parvenu Eitoku dans l'exécution des œuvres de grand format. Mais l'ensemble n'a ni la souplesse ni surtout la passion des peintures de sa jeunesse. On observe les mêmes tendances dans le Paravent au cyprès du Musée national de Tōkyō, qui comporte huit feuilles sur fond or. Au centre, un immense cyprès, dont les branches s'étendent avec une symétrie assez remarquable, se dresse au-dessus d'une étendue d'eau d'un bleu profond. Le tracé, puissant, est plus sec que dans les créations antérieures. S'agit-il de la dernière œuvre d'Eitoku ou du travail d'un disciple dirigé par le maître ? Quoi qu'il en soit, on peut y observer l'accent toujours plus décoratif qui sacrifie l'émotion à l'effet, tendance que l'on verra se perpétuer dans l'atelier des Kanō.

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Écrit par :

  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Dans le chapitre « Suprématie des Kanō »  : […] La conjonction d'hommes désireux d'affirmer leur prestige et d'un peintre de génie devait favoriser l'essor de l'école Kanō, qui domina la fin du xvi e  siècle . Kanō Eitoku (1543-1591), petit-fils de Motonobu, orne les vastes surfaces des demeures des grands dictateurs de fusuma à fond d'or aux couleurs opaques cernées d'une ligne souple et épaisse. Ses thèmes sont très divers : légendes chinois […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Madeleine PAUL-DAVID, « EITOKU KANŌ (1543-1591) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eitoku/