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ÉCONOMIE MONDIALE 1992 : vers un nouveau modèle de croissance?

Une communauté de « proches étrangers »

C'est un tout autre spectacle qu'a offert, un an après sa naissance, la Communauté des États indépendants (C.E.I.), née de l'éclatement de l'Union soviétique. En dépit d'une dizaine de réunions au sommet, la Russie et les autres républiques ne sont pas parvenues à définir clairement leurs relations. Celles-ci confinent à l'anarchie, notamment dans le domaine monétaire. La « zone rouble » dont il était question n'a toujours pas vu le jour. La Russie avait le monopole de l'impression des billets de banque, mais ne pouvait pas contrôler la politique monétaire de ses partenaires, ces derniers exerçant leur indépendance en ce domaine par l'octroi de crédits aux entreprises. Cette situation a exercé une influence inflationniste prononcée et poussé au maintien du contrôle des États sur l'économie, contrairement à l'objectif officiel de progression vers l'économie de marché. La plupart des républiques n'entendaient pas s'en tenir là et projetaient la création d'une monnaie nationale.

La suspicion réciproque a empêché l'établissement d'une union douanière. Les obstacles aux échanges se sont multipliés. Sans engendrer toutefois des perturbations aussi graves que celles qu'avait subies l'Europe centrale et orientale en 1990 et 1991, après la dissolution du C.A.E.M., l'ancien marché commun des pays de l'Est. Selon certains économistes, une chute de 50 p. 100 des échanges entre les membres de la C.E.I. se traduirait par une diminution de leur P.I.B. allant de 28 p. 100 dans le cas de la Russie, à 40 p. 100 pour d'autres républiques. Les velléités d'indépendance se heurtaient donc aux nécessités de la survie économique, laquelle serait compromise, notamment, si la Russie interrompait ses livraisons d'énergie à bon marché. Une situation pour le moins ambiguë, exprimée par deux mots : « proches étrangers ». C'est ainsi que les républiques désignent leurs partenaires de la zone.

Le seul accord concret aura porté sur la reprise par Moscou de la totalité de la dette extérieure de l'ex-U.R.S.S. (entre 70 et 80 milliards de dollars), en échange de l'abandon par les autres républiques des actifs qu'elles possédaient dans la C.E.I. Des divergences sur les modalités d'application subsistaient entre la Russie et l'Ukraine au début de 1993.

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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