DIAGNOSTIC VIROLOGIQUE

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Diagnostic indirect de la présence d’un virus

Une infection virale laisse presque toujours dans le corps la trace repérable d'une réponse immunitaire, sous forme d'anticorps spécifiques du virus. Le diagnostic indirect d’un virus repose sur la présence de tels anticorps. Il permet de détecter une infection récente ou ancienne, évaluer le titre vaccinal protecteur du patient ou encore mettre en évidence la chronicité d’une infection virale comme dans le cas des hépatites B et C (transmises respectivement par le VHB et le VHC).

Il est ainsi utilisé dans la recherche de nombreuses infections virales, comme le sida ou l’hépatite C ou encore les arboviroses (maladies dont le virus est transmis par des arthropodes). La présence d’anticorps dans l’échantillon peut être le reflet d’une vaccination antérieure ou d’une infection aiguë, persistante ou guérie. Comme son principe repose sur la recherche des anticorps synthétisés par l’hôte en réponse à l’infection, il est nécessaire d’utiliser des antigènes viraux de référence (en général des productions biotechnologiques) et de visualiser la formation des complexes immuns formés entre l’antigène de référence et les anticorps de l’hôte. La recherche des anticorps s’effectue le plus souvent sur le sérum, voire dans le plasma, moins fréquemment dans le sang total (frais ou séché sur papier buvard) ou dans d’autres liquides biologiques tels que la salive ou le liquide céphalo-rachidien (LCR). Le résultat d’une sérologie peut être qualitatif ou quantitatif grâce à la détermination du titre d’anticorps par dilutions successives, le titre étant défini comme l’inverse de la plus forte dilution de sérum donnant une réaction positive.

Le taux d’anticorps ne permet pas de dater précisément une infection. Il est néanmoins possible d’évaluer si une infection est récente par l’apparition d’anticorps entre deux prélèvements successifs, ce qu’on appelle la séroconversion (un sujet séronégatif, devenant séropositif). Une autre méthode pour dater l’infection, utilisée notamment dans le cadre des arboviroses, consiste à déterminer si l’on est en présence d’anticorps de type IgM (immunoglobulines M), qui sont généralement le signe d’une primo-infection récente et apparaissent au moins une semaine avant les anticorps de type IgG. L’analyse sérologique peut s’effectuer par la technique Elisa. Le sérum à tester est mis en contact avec un support solide sensibilisé par un antigène viral. Par la suite, le complexe antigène-anticorps est révélé par l’addition d’anticorps couplés à un système de révélation. L’Elisa peut être spécifique d’un virus donné ou d’une famille de virus, ce qui peut permettre un premier criblage assez large.

Dans certains cas, il est possible d’observer des réactions croisées, un anticorps dirigé contre un virus donné pouvant réagir contre l’antigène d’un virus proche. Cela peut aboutir à des erreurs de diagnostic comme c’est le cas, par exemple, pour les virus Zika et de la dengue, connus pour provoquer d’importantes réactions croisées entre eux. Pour éviter ce type de problème, il peut être nécessaire d’effectuer des expériences de séroneutralisation pour différencier par exemple les anticorps anti-Zika des anticorps antidengue. Le principe repose sur l’étude de la capacité des anticorps présents dans l’échantillon à inhiber ou non les premiers stades de la multiplication du virus dans des cellules en culture. On observe par la suite au microscope le développement ou non de l’effet cytopathogène, qui est une manifestation de la multiplication virale. La séroneutralisation reste une technique de référence pour une identification fiable, notamment pour des virus très proches génétiquement. Elle nécessite cependant une expertise importante et un délai assez long pour obtenir les résultats (autour d’une semaine).

Principe de la séroneutralisation

Dessin : Principe de la séroneutralisation

L'identification d'un virus, ou plus souvent celle du variant d'un virus, requiert parfois une étude de séroneutralisation. Le virus (à gauche) infecte les cellules et entraîne un effet cytopathogène (ECP). Lorsque le virus est reconnu par un anticorps neutralisant (à droite), il ne... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Il existe d’autres techniques de diagnostic indirect comme les techniques radio-immunologiques (RIA) ou d’immunofluorescence indirecte (IFI) sur des cellules infectées fixées sur une lame porte-objet, mais ces techniques ne sont guère utilisées que par des laboratoires dont c’est la spécialité.

Les méthodes de diagnostic virologique ont très largement évolué ces dernières années grâce notamment au développement de techniques issues de la biologie moléculaire et de la production d’anticorps monoclonaux depuis la fin des années 1980, permettant l [...]

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Optimisation des tests du SARS-CoV-2

Optimisation des tests du SARS-CoV-2
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Effet toxique (cytopathogène) du virus SARS-CoV-2

Effet toxique (cytopathogène) du virus SARS-CoV-2
Crédits : Yannick Simonin

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Cinétique d’une réaction de PCR

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Écrit par :

  • : virologiste, maître de conférences, université de Montpellier

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Pour citer l’article

Yannick SIMONIN, « DIAGNOSTIC VIROLOGIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/diagnostic-virologique/