DERMATOGLYPHES PALMAIRES

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Les figures dessinées par les crêtes dermo-épidermiques de la face palmaire de la main et des doigts et de la face plantaire du pied et des orteils, sont appelées dermatoglyphes (du grec derma, -tos, peau, et gluphê, gravure). Ils n'existent nulle part ailleurs. Aux doigts, ils sont synonymes d'empreintes digitales.

Les crêtes épidermiques correspondent en profondeur à une double rangée de papilles dermiques, d'où leur autre nom de « crêtes papillaires ». En cas de brûlure superficielle, les crêtes se reforment sur le moule sous-jacent.

Les dermatoglyphes se forment très tôt chez l'embryon ; ensuite, au cours de la croissance, ils se modifient de façon homothétique, en gardant les mêmes proportions et les mêmes particularités : les dessins sont donc fixes et invariables. Cette constance absolue au cours de la vie en fait un excellent moyen d'identifier un sujet.

Mais il s'agit aussi d'un caractère héréditaire, qui peut être spécifique d'un groupe de sujets ou bien être altéré lors de maladies congénitales. Aussi les dermatoglyphes sont-ils utilisés à la fois en criminalistique, en anthropologie et pour le diagnostic de certaines maladies.

Dès l'Antiquité chinoise, la fixité des dermatoglyphes était connue, et les empreintes digitales étaient utilisées comme signature. On croit d'ailleurs que l'observation de ces empreintes a été pratiquée dès le Néolithique.

L'étude scientifique débute au xviie siècle avec Grew (1684) et Malpighi (1686). Les variations des dessins ont été classées par Purkinje (1823). L'application à l'identification individuelle date du xixe siècle, avec Faulds (1880) et Galton (1892).

L'étude génétique et anthropologique des dermatoglyphes commence au début du xxe siècle avec Wilder, Poll et Bonnevie. Mais leur utilisation courante ne date que de 1940, avec l'ouvrage de Cummins et Midlo ; c'est aussi vers cette date que l'école anglo-saxonne, d'une part, l'école française de Turpin, d'autre part, indiquent l'intérêt des dermatoglyphes dans la sémiologie des affections congénitales.

Il existe trois sortes de dessins : dans les aires interdigitales et sur les éminences thénar (externe) et hypothénar (interne).

À la base de chaque doigt existe un triradius (étoile à trois branches), celui du pouce siégeant au talon de la main (à la base du gros orteil au pied). De chaque triradius part une crête nommée ligne principale et désignée par une lettre (A, B, C, D et T). Chaque crête se termine à la périphérie de la main et décrit un trajet variable, mais qui ne croise jamais une autre ligne et présente les mêmes particularités qu'aux doigts. Finalement, on peut constater la formation de boucles ou de rares tourbillons dans les espaces interdigitaux.

Les dermatoglyphes palmaires présentent chez les Blancs des lignes principales plus transversales que chez les Noirs ; chez les Jaunes, elles ont une position intermédiaire entre les deux précédents. Mais il faut tenir compte des deux mains et du sexe, car du côté gauche et chez la femme les lignes sont plus obliques qu'elles ne le sont à droite et chez l'homme.

Dans la trisomie 21, les lignes principales sont plus régulièrement transversales ; au contraire, dans le syndrome de Turner, elles sont plus verticales.

Il ne faut pas confondre ces lignes dermo-épidermiques avec les plis de flexion de la main, dont seuls ceux des trois et des quatre derniers doigts présentent quelque intérêt : leur fusion donne le pli palmaire transverse, normalement rare, mais fréquent dans les anomalies congénitales (et chez les singes).

Les dessins thénariens sont normalement constitués par des crêtes curvilignes et parallèles au pli de flexion du pouce ; mais celles-ci peuvent s'entrecroiser et décrire divers dessins, surtout à la main gauche. Les dessins thénariens présentent une corrélation inverse avec les dessins hypothénariens ; ils s'observent plus souvent chez les Noirs et chez les Jaunes, en particulier chez les Amérindiens (Jaunes d'Amérique). Ils sont spécialement rares dans la trisomie 21.

Les dessins hypothénariens (partie interne de la paume) sont inscrits dans le triradius t du talon de la main. Les crêtes peuvent avoir des trajets parallèles ou au contraire dessiner des boucles, des tourbillons ou des figures complexes ; elles peuvent s'accompagner d'une élévation du triradius t, isolée ou associée à certaines figures.

Les dessins hypothénariens sont bien plus fréquents chez les Blancs, et l'association des dermatoglyphes digitaux et palmaires permet d'identifier une population.

Dans la trisomie 21, il existe souvent une élévation du triradius t, des boucles ulnariennes (ouvertes du côté interne de la main), mais jamais de boucles radiales (ces deux types de dessins correspondant à une hérédité différente). L'association de boucles internes et de pli palmaire transverse permet le diagnostic clinique du mongolisme (trisomie 21).

À la plante du pied, les crêtes ont une disposition transversale et des dessins très rares ; chez les singes, la disposition est plutôt longitudinale avec des dessins plus fréquents.

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Écrit par :

  • : professeur à la faculté de médecine et à la faculté des sciences de Paris

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Dans le chapitre « Propriétés des dessins digitaux »  : […] Les crêtes papillaires ou dermatoglyphes formant les dessins de l'épiderme sont immuables, d'une grande variabilité et inaltérables. En effet, les dessins papillaires ne subissent aucune modification morphologique au cours de la croissance : ils sont définitivement formés dès le sixième mois de la vie intra-utérine et ne disparaissent que par la putréfaction. Ces crêtes sont d'une variété extraor […] Lire la suite

Pour citer l’article

Georges OLIVIER, « DERMATOGLYPHES PALMAIRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dermatoglyphes-palmaires/