DAI WANGSHU [TAI WANG-CHOU] (1905-1950)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'héritier des symbolistes

Né le 5 octobre 1905 dans le Zhejiang, Dai Wangshu, de son vrai nom Meng Ou, commence à écrire, en 1922, des vers d'inspiration et de forme toutes classiques, mais, quelques années plus tard, alors qu'il apprend le français à l'université Aurore, de Shanghai (dirigée par des jésuites français), il abandonne soudainement les rythmes anciens pour une langue moderne simple et une forme prosaïque largement inspirées par ses lectures et ses traductions de poètes de langue française tels que Verhaeren et Francis Jammes. Il compose ainsi le recueil Ma Mémoire (titre emprunté à un des poèmes). Un autre poème de ce recueil, L'Allée sous la pluie, deviendra rapidement si célèbre que Dai sera souvent appelé depuis lors, pour l'éloge ou pour le blâme, « le poète de L'Allée sous la pluie » : ce poème, en effet, marque une rupture totale avec tout ce qu'on a jamais écrit en Chine jusqu'alors ; en outre, malgré d'autres tentatives diverses, Dai restera dans l'ensemble fidèle à ces formes prosaïsées bien propres à éviter les réminiscences classiques et les clichés vieillots, qu'il considère comme des entraves à l'expression des sentiments modernes.

Après des débuts difficiles en province, Dai et ses amis réussissent à fonder à Shanghai en 1932 la revue Moderne (Xiandai) ou Les Contemporains (sous-titre français). Dai en est le poète principal, fondant ainsi l'école des Contemporains ou Modernistes. Leur but est de présenter « des écrivains modernes exprimant des sentiments modernes dans des formes modernes avec des mots modernes ». La revue présente des écrivains chinois modernes, dont le poète symboliste Li Jinfa, un « gallicisant » passé inaperçu et que Dai sort de l'ombre. On y trouve aussi des écrivains modernes de tous pays, mais en particulier des poètes : Apollinaire, Yeats, Azorín, Ayala, les imagistes Reverdy, Remy de Gourmont... Les Contemporains publient aussi L'Art poétique de Dai Wangshu, un art en seize points, dont l'inspiration lui est venue des symbolistes [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : ancienne élève de l'École normale supérieure de jeunes filles, agrégée de l'Université (lettres), docteur d'État, professeur honoraire à l'université de Paris-VIII, département de littérature générale, domaine chinois

Classification


Autres références

«  DAI WANGSHU [ TAI WANG-CHOU ] (1905-1950)  » est également traité dans :

CHINOISE (CIVILISATION) - La littérature

  • Écrit par 
  • Paul DEMIÉVILLE, 
  • Jean-Pierre DIÉNY, 
  • Yves HERVOUET, 
  • François JULLIEN, 
  • Angel PINO, 
  • Isabelle RABUT
  •  • 45 738 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La révolution littéraire »  : […] La révolution chinoise de 1911, l'instauration de la République l'année suivante furent suivies, à brève échéance, d'une profonde révulsion culturelle que ses promoteurs appelèrent la « révolution littéraire » et qui se déclencha pendant la Première Guerre mondiale, à partir de 1917. Le principal promoteur en fut Hu Shi (1891-1962), dont les premiers manifestes littéraires furent envoyés en Chine […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-la-litterature/#i_19248

Voir aussi

Pour citer l’article

Michelle LOI, « DAI WANGSHU [TAI WANG-CHOU] (1905-1950) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/dai-wangshu-tai-wang-chou/