DAI JIN [TAI TSIN] (1388-1462) & WU WEI [WOU WEI] (1459-1508)

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Vicissitudes critiques de la peinture professionnelle

Le discrédit dans lequel est ultérieurement tombée l'école du Zhejiang ne doit pas faire oublier qu'elle connut son heure de gloire. L'opposition théorique entre les peintres professionnels considérés comme des artisans vulgaires et les amateurs aristocratiques est, pour une large part, due à la critique du xviie siècle. Avant que le dogmatisme de Dong Qichang ne soit venu uniformiser les critères du bon goût en assujettissant celui-ci aux caprices d'un cercle étroit, le monde pictural chinois avait présenté une remarquable diversité, et en particulier les esthètes Ming avaient témoigné dans leurs jugements critiques d'une indépendance qui reflétait bien l'effervescence intellectuelle de l'époque : ainsi, durant le xvie siècle, Dai Jin non seulement fut considéré comme le plus grand peintre Ming, mais même se trouva placé par certains au-dessus des maîtres Yuan ! Dans la suite toutefois, on ne devait plus voir en lui que le premier des « peintres de métier », tandis que Shen Zhou était promu le plus grand des peintres lettrés. Puis survinrent Dong Qichang et sa coterie, qui devaient ruiner définitivement la position de l'école du Zhejiang, attribuant aux seuls lettrés la qualité d'artistes. Devant ces attaques, les professionnels étaient mis en infériorité, leur manque d'éducation littéraire les empêchant de formuler une défense en termes de théorie esthétique. La critique des lettrés n'était d'ailleurs pas dépourvue de tout fondement : l'école du Zhejiang était finalement tombée dans une certaine décadence maniériste. Malheureusement, cette offensive, partiellement justifiée, remporta une victoire trop absolue ; la gloire initiale de Dai Jin avait certainement été surfaite, mais ce fut une injustice de le confondre, ainsi que Wu Wei, dans un mépris que seuls méritaient leurs médiocres épigones.

Professionnels et lettrés avaient précédemment entretenu de bons rapports ; à certaines périodes, leurs œuvres se distinguaient d'ailleurs difficilement les unes des autres. Leurs apports respectifs étaient largement comp [...]

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  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Dans le chapitre « L'étude des Anciens »  : […] Les époques Ming et Qing furent très riches dans le domaine pictural – jamais les peintres n'ont été plus nombreux, ni les théories critiques et esthétiques plus développées – et paradoxalement elles sont pourtant restées les moins connues et les moins comprises en Occident. Cela non seulement parce que le tempérament multiforme des artistes et la complexité des écoles permettent moins aisément de […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Pierre RYCKMANS, « DAI JIN [TAI TSIN] (1388-1462) - & WU WEI [WOU WEI] (1459-1508) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dai-et-wu/