CORÉESDu rapprochement à la défiance

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La société sud-coréenne en colère et la « crise du bœuf »

En plus des grèves récurrentes en Corée du Sud depuis la fin des années 1980, le malaise généralisé s'est exprimé à Séoul en 2008, comme en 2002, par de très vastes manifestations pacifiques et populaires « aux chandelles » pendant des mois. Alors que l'opinion publique ne s'était guère mobilisée en 2007 lors de la campagne électorale, la « crise du bœuf » a provoqué un tollé général. C'est un accord conclu en avril 2008 autorisant la reprise de l'importation de viande de bœuf américain prédécoupé de plus de trente mois, pourtant stoppée en 2003 pour des raisons sanitaires liées à la maladie dite de la « vache folle », qui a mis le feu aux poudres. Préalables pour Washington à la ratification du traité de libre-échange, chères au président Lee Myung-bak, les premières importations de bœuf ont repris en juillet 2008, et cela en dépit d'une mobilisation populaire sans précédent qui a vu descendre dans la rue des mères au foyer de tout bord politique, des associations non gouvernementales, des activistes internautes, en plus des acteurs politiques plus classiques tels que les syndicats ou les militants de gauche. Les violences policières constatées et filmées avec les téléphones mobiles ont ravivé les souvenirs de la dictature militaire et de ses méthodes, mais aucune concertation ni union n'a permis de s'opposer efficacement au gouvernement ni de le faire reculer. Lee Myung-bak a face à lui une opposition divisée, donc neutralisée pour le moment.

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Écrit par :

  • : chercheur indépendant, chargée de cours à Sciences Po Paris, membre associé du Centre de recherches sur la Corée au sein de l'équipe Chine, Corée, Japon de l'E.H.E.S.S.-C.N.R.S.

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Pour citer l’article

Marie-Orange RIVÉ-LASAN, « CORÉES - Du rapprochement à la défiance », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/corees/