COQ ET POULE

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Gallinacés élevés dans les basses-cours ou en batterie pour leur chair et leurs œufs, pour les combats de coqs pratiqués dans de nombreux pays ou comme oiseaux d'ornement. Classe : Oiseaux ; ordre : Galliformes (ou Gallinacés) ; famille : Phasianidés.

Oiseaux terrestres apparentés aux faisans, les poules et les coqs se rencontrent à l'état domestique dans tous les pays. Les premières traces de domestication remontent à 5 000 ans avant J.- C. en Inde, en Chine et en Iran. L'arrivée des volailles en Europe, liée aux invasions ou aux exodes humains, date d'environ 600 ans avant J.-C. En France, le coq apparaît sur les blasons dès le Moyen Âge et, symbole de fierté, il devient l'emblème national à la Révolution française.

Le coq de Bankiva (Gallus gallus) est l'espèce sauvage à l'origine de toutes les races domestiques. On le rencontre encore à l'état sauvage en Inde et en Asie du Sud-Est. De la taille d'une grosse poule naine (il pèse entre 900 g et 1,5 kg), il possède un plumage très coloré, une queue presque horizontale, des ergots bien développés appelés éperons, des ailes arrondies, la face et la gorge nues, et – ce qui caractérise les coqs et les poules – des excroissances charnues sur la tête (crête et barbillons). Comme chez les faisans, la poule, femelle du coq, porte un plumage terne et est plus petite. Les coqs de Bankiva vivent dans les zones boisées, à végétation dense, proches des terres cultivées où ils trouvent leur nourriture : vers de terre, insectes, herbes... Ce sont des oiseaux terrestres qui ne volent pratiquement pas. La nuit, ils se perchent néanmoins dans les arbres pour échapper aux prédateurs. Ils vivent en groupes mixtes de plusieurs individus.

Poule et coq

Photographie : Poule et coq

Comme les faisans auxquels ils sont apparentés, les coqs et les poules (Gallus gallus) sont originaires d'Asie. Leur domestication commence il y a 7000 ans en Inde et en Chine. En Europe, leur arrivée remonte à 600 avant J.-C. Au cours des siècles, de nombreuses races sont apparues, issues de... 

Crédits : radellaf/ Flickr ; CC-BY 2.0

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À l'approche de la saison de reproduction, à la fin du printemps, les coqs, suivis de plusieurs femelles, commencent à défendre et à marquer leur territoire par des chants puissants. Très agressifs entre eux, ils utilisent leurs ergots lors de fréquents et violents combats. Cette agressivité est exploitée pour les combats de coqs qui sont organisés dans de nombreux pays. Le coq dominant, polygame, s'entoure d'un harem et, avant l'accouplement, exécute une parade nuptiale en tournant autour des femelles. Les poules nichent au sol et couvent durant trois semaines de 3 à 5 œufs. Les poussins, nidifuges, sont recouverts d'un duvet jaune, noir ou brun. Ils communiquent avec leur mère par des cris, des gloussements, des pépiements. Ce comportement social se retrouve dans les poulaillers et les basses-cours. À côté de la dominance du coq, une hiérarchie s'établit entre les différentes femelles qui sont intolérantes avec les nouvelles arrivées.

Au fil des siècles, de nombreuses races sont apparues, fruits de sélections et de croisements. En France, la Société centrale d'aviculture reconnaît une trentaine de races françaises. La plupart sont très anciennes : la Bresse, qui est la seule à bénéficier d'une appellation d'origine contrôlée, la Gauloise dorée, présentant un plumage rappelant celui du Bankiva, la Houdan, déjà présente sous Louis XIII et réputée pour sa chair, la Noire du Berry... Des races asiatiques introduites à la fin du xixe siècle, comme la Brahma, sont à l'origine de races telles que la Bourbonnaise ou la Marans. Plus d'une vingtaine de races étrangères se rencontrent en France. Certaines ont été introduites par les Américains après la Seconde Guerre mondiale (la New Hampshire, la Sussex, la Plymouth....). D'autres sont originaires des Pays-Bas (la Bleue de Hollande ou la Barnevelder), d'Angleterre (Combattant indien, Orpington) ou du Japon (la Phénix ou la Yokohama qui sont des races d'ornement, les coqs ayant une queue très développée pouvant atteindre 2 mètres de longueur). Enfin, il existe de nombreuses races naines « décoratives », les plus connues étant la Padoue, d'origine inconnue, portant sur la tête une huppe sphérique, et la Nègre-Soie, originaire d'Asie, au plumage blanc duveteux.

En France, les effectifs de poules pondeuses – souvent issues de races américaines, telles l'Isabrown ou la Warren, et capables de pondre jusqu'à 220 à 250 œufs par an – sont estimés à environ 45 millions. Les volailles élevées pour leur viande représentent 107 millions de têtes dont la moitié se trouve en Bretagne. Parmi ces dernières, la Meusienne, la Bresse-gauloise, la Géline de Touraine produisent une chair de qualité. La génétique permet aujourd'hui de sélectionner, pour les élevages industriels, des souches plus résistantes aux maladies et à meilleur rendement. Les poulets « standard » sont abattus entre 35 et 44 jours ; pour les poulets « labellisés », l'âge d'abattage passe à 81-86 jours.

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Écrit par :

  • : chargée de la valorisation scientifique du département des jardins botaniques et zoologiques du Muséum national d'histoire naturelle

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Pour citer l’article

Emmanuelle GOIX, « COQ ET POULE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/coq-et-poule/