COIMBRA

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Ville du centre-ouest du Portugal, Coimbra (Coïmbre en français) se dresse sur la rive nord du Mondego. Une inscription latine datant du ive siècle identifie Coimbra avec la ville d'Aeminium, tandis que Condeixa, située à 13 kilomètres au sud-ouest, correspond à l'antique Conimbriga ou Conimbrica. Bastion maure pendant plus d'un siècle, Aeminium fut reprise en 878 par le roi des Asturies Alphonse III le Grand et peuplée de Galiciens venus du nord. Lorsque le siège épiscopal de Conimbriga y fut transféré, l'évêque conserva le nom de sa ville d'origine : Aeminium fut dès lors baptisée Coimbra. Prise par Ferdinand Ier de Castille en 1064, la ville servit pendant plus d'un siècle de point de départ de la Reconquête des terres portugaises alors aux mains des Maures.

Coimbra, élevée au rang de capitale du Portugal en 1139, céda son titre à Lisbonne en 1255. Six rois médiévaux (Sanche Ier et II, Alphonse II et III, Pierre Ier et Ferdinand Ier) y virent le jour, de même que le poète du xvie siècle Francisco de Sá de Miranda.

La plus ancienne université du Portugal, fondée par le roi Diniz à Lisbonne en 1288 et confirmée par le pape Nicolas IV deux ans plus tard, fut transférée à Coimbra en 1308 suite à des heurts entre étudiants et bourgeois. Cet éloignement de la capitale nuisait cependant au rayonnement de l'institution, qui fut replacée à Lisbonne en 1339. Renvoyée à Coimbra dès 1355, l'université vit sa réputation et son essor compromis par tant de va-et-vient. À partir de 1377, date de son retour à la capitale, elle connut un grand développement et devint la figure de proue du mouvement de Renaissance au Portugal. Une fois sa prospérité établie, le roi Jean III transféra définitivement, en 1537, le siège de l'université à Coimbra afin de garantir une tranquillité propice au sérieux des études et de préserver l'ordre public dans la capitale. Les maîtres de Coimbra, influencés par les Jésuites, y enseignèrent la philosophie aristotélicienne à partir du xviie siècle et y développèrent les disciplines scientifiques dès la seconde moitié du xviiie siècle. L'université abrite un observatoire, une chapelle ornée d'un magnifique portail sculpté (1517-1522) ainsi qu'une luxueuse bibliothèque de style baroque (1716-1723). Cette dernière renferme un million d'ouvrages et 3 000 manuscrits, parmi lesquels une première édition du poème épique de Luís Vaz de Camões, Os Lusíadas (1572, Les Lusiades). Au début du xvie siècle, la ville devint l'un des centres de la musique polyphonique, que des voyageurs allaient diffuser jusqu'en Éthiopie et dans le bassin du Congo.

Coimbra peut s'enorgueillir de nombreux monuments historiques remarquables : l'ancienne cathédrale romane (1170), l'église São Salvador (xiie siècle), la nouvelle cathédrale, commencée en 1598, le musée national Machado de Castro situé dans l'ancien palais épiscopal, restauré en 1592, le monastère de Santa Cruz, érigé sous le règne d'Alphonse Ier et reconstruit en 1520, l'aqueduc São Sebastião (1568-1570), reconstruit sur des fondations romaines, ainsi que le monastère de Celas, fondé au xiie siècle par la reine sainte Sancha, fille de Sanche Ier. Sur la rive nord du Mondego se dresse le faubourg de Santa Clara, relié à Coimbra par un pont de pierre. C'est dans ce quartier que se trouvent l'ancien (xiiie siècle) et le nouveau (xviie siècle) couvents de Santa Clara, où Inès de Castro, favorite du roi Pierre Ier, aurait été assassinée.

Coimbra développa diverses activités : céramique, textile, brasserie, vinification, papeterie et peausserie. Une maison d'édition y fut établie au xixe siècle. Coimbra est desservie par la ligne ferroviaire électrifiée et l'autoroute qui relient Porto et Lisbonne. Une autre voie routière et ligne ferroviaire passent juste à l'est de Coimbra pour rejoindre la ville de Guarda et l'Espagne.

La région de Coimbra vit surtout de l'agriculture (céréales, olives, riz, fruits) et de la pêche. De petits gisements de pétrole y ont été découverts mais ne sont pas exploités. Les barrages installés sur le Mondego et son affluent, l'Alva, fournissent la ville en électricité. La population de cette dernière est de 148 400 habitants (estimation 2001).

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« COIMBRA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/coimbra/