CLOPORTE

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Crustacé de petite taille (2 cm), au corps segmenté et aplati dorso-ventralement, qui s'est adapté à une vie uniquement terrestre.

Embranchement : Arthropodes ; sous-embranchement : Antennates ; super-classe : Crustacés ; classe : Malacostracés ; super-ordre : Péracarides ; ordre : Isopodes ; sous-ordre : Oniscoïdes.

Les isopodes terrestres ou cloportes appartiennent au sous-ordre des Oniscoïdes qui constitue le groupe le plus important de crustacés vraiment terrestres. Ceux-ci, représentés par sept genres, sont répartis sur une grande variété d'habitats : ils vivent principalement sous les pierres et les écorces ou dans les feuilles en décomposition, aussi bien en milieu tempéré que tropical et même dans les déserts. Ils possèdent tous sept paires de pattes locomotrices ou péréiopodes, des pièces buccales et deux paires de courtes antennes, dont une à l'état vestigial.

Pour ces animaux d'origine aquatique, le principal problème consiste à conserver une quantité d'eau corporelle compatible avec la vie. Pour cela, ils ont développé des systèmes permettant de réduire les pertes d'eau, mais ils restent toutefois dans ce domaine bien moins achevés que les autres Arthropodes terrestres, notamment au niveau de la structure de l'épicuticule (cuticule externe), principal rempart à l'évaporation chez les Insectes et les Arachnides. Le cloporte tend donc à privilégier les milieux humides et la vie nocturne. Sa fine cuticule ventrale reste un important site d'évaporation et la capacité de se rouler en boule (volvation) serait, en plus du rôle protecteur face aux prédateurs, une adaptation permettant de limiter les pertes d'eau corporelle. Ce type de comportement est d'ailleurs plutôt observé chez les familles vivant en surface que chez celles qui sont enfouies dans la couche d'humus où les variations d'hydrométrie sont moins importantes. Les pertes d'eau sont essentiellement compensées par la consommation d'eau et d'aliments humides. Mais le problème est bien plus aigu pour les espèces vivant en milieu désertique qui sont alors contraintes d'ingérer le sable humide des terriers.

Pour respirer, certaines espèces continuent à utiliser des branchies localisées au niveau de leurs appendices abdominaux ou pléopodes ; d'autres, plus terrestres, présentent une cavité ventrale assimilable à un sac pulmonaire (cas des Oniscidés), des invaginations tubulaires ou, pour les plus adaptées, des pseudotrachées (cas des Porcellionidés et des Armadillidiidés).

Les yeux des cloportes sont relativement peu développés privilégiant ainsi la vie nocturne et un régime alimentaire essentiellement constitué de végétaux en décomposition – ce qui ne nécessite pas une vision performante. Ils possèdent des glandes répugnatoires pour éloigner certains prédateurs tels que les araignées ou les fourmis.

L'accouplement a lieu lors de la période d'intermue. Le sperme est déposé par le mâle dans un réceptacle séminal aveugle qui ne rentrera en contact avec l'oviducte pour la fécondation qu'au moment de la mue de la femelle. Les œufs sont conservés dans une poche externe thoracique (le marsupium) qui est remplie d'un fluide indispensable à leur développement. La plupart des isopodes ont une ou deux portées durant l'été et vivent de deux à trois ans.

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Écrit par :

  • : maître de conférences H.D.R., université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Jean-Yves TOULLEC, « CLOPORTE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cloporte/