BULLION CLAUDE DE (1580 env.-1640)

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Surintendant des Finances et ministre d'État sous Louis XIII, Claude de Bullion passait, selon Tallemant des Réaux, pour avoir une des plus belles fortunes de son temps. Son grand-père était, en 1560, un important marchand en gros de Mâcon, seigneur de deux terres. Son père, secrétaire du roi et avocat au parlement, avait épousé Charlotte de Lamoignon, fille d'un maître des requêtes issu d'une excellente famille de la capitale promise à un grand destin. Bullion est reçu conseiller au parlement de Paris. La confiance du roi, de bonnes relations avec les Créqui, un mariage avec la fille d'un secrétaire du roi facilitent sa carrière : maître des requêtes, conseiller d'État, commissaire du roi à l'assemblée protestante de Saumur (1612), ambassadeur extraordinaire en Piémont (1619). Tous ces services lui valent des pensions. Il prête de l'argent aux grandes familles (les Créqui par exemple) et à l'État, ce qui rapporte gros. La prodigieuse croissance de sa fortune est contemporaine du triomphe de Richelieu en 1630, après la journée des Dupes. Le Cardinal le récompense de sa fidélité en lui faisant partager avec Claude Bouthillier la surintendance des Finances en 1632, et le fait chevalier du Saint-Esprit, décoration réservée aux gentilshommes militaires. Il achète de nombreuses terres (à sa mort, ses héritiers se partageront près de huit millions de livres). Ses seigneuries se répartissent dans quatre zones géographiques : entre l'Eure et la Seine, en Brie, en Champagne, en Normandie. Le tiers de sa fortune est engagé dans les affaires du roi. Son fils Noël, marquis de Gallardon, seigneur de Bonnelles, lui succédera au poste de garde des Sceaux.

Cette prodigieuse ascension est-elle exceptionnelle ? N'est-elle pas, au contraire, l'un des traits fondamentaux de cette époque de guerre qui nécessitait des masses énormes de capitaux ? Le royaume pressuré ne pouvant subvenir à un tel effort, l'État faisait par conséquent appel aux financiers qui investissaient là comme dans une autre affaire. Cette montée des gens de finance choquait l'opinion habituée à une mobilité sociale plus lente. Bullion s'empressa d'investir dans la terre pour essayer de s'intégrer à la haute noblesse, suprême idéal de bien des bourgeois.

—  Jean-Marie CONSTANT

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  • Robert FOHR
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Dans le chapitre « La gloire parisienne »  : […] 1634, il entame le décor de la galerie supérieure de l'hôtel du surintendant des Finances Claude de Bullion ; en 1635, il peint le maître-autel de l'église Saint-Eustache puis commence une série de douze grands tableaux de l'Histoire de Théagène et Chariclée pour le décor du château de Wideville, propriété de Bullion ; de 1635 à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/simon-vouet/#i_49563

Pour citer l’article

Jean-Marie CONSTANT, « BULLION CLAUDE DE (1580 env.-1640) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-de-bullion/