CERVEAU ET BILINGUISME

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Contrôle des langues

Comment arrive-t-on, par exemple, dans une réunion où la plupart des personnes parlent le français, à interagir dans une autre langue avec notre voisin de table, sans que des mots français viennent interférer ? Cette capacité particulière est appelée « contrôle des langues ». Elle permet au bilingue d’inhiber la langue non pertinente, de communiquer dans la langue prévue, d’alterner l’usage de l’une ou de l’autre durant la même conversation en fonction de la langue préférée de l’interlocuteur et est particulièrement mise à contribution quand on parle dans sa deuxième langue. Les études expérimentales et les observations cliniques chez les personnes aphasiques montrent que ce mécanisme repose non pas sur une aire langagière, mais sur des boucles cortico-sous-corticales impliquées dans l’inhibition et la planification, en particulier le cingulum et le noyau caudé gauche (b dans la figure). Ce sont typiquement des aires qui s’activent quand on doit inhiber un automatisme. D’ailleurs, ces structures semblent davantage développées chez le bilingue actif (qu’il soit précoce ou tardif) et améliorent sa réserve cognitive, ce qui expliquerait pourquoi les bilingues résisteraient mieux aux maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, en tout cas dans les premières phases.


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Jean-Marie ANNONI, « CERVEAU ET BILINGUISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cerveau-et-bilinguisme/