SAURA CARLOS (1932- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le cinéma de Carlos Saura apparut d'abord comme un défi à la censure franquiste. Comment l'auteur de Cría cuervos parvint-il à tourner tous ses films en Espagne depuis 1959 ?

Il n'a jamais tenté d'exprimer directement ce qu'il avait à dire. Évitant les raccourcis trompeurs, il a pris le chemin des écoliers, qui est la voie royale de l'art. Il est le cinéaste du détour, de la parabole.

L'Espagne a changé. Il continue. Ce qu'on pouvait prendre pour une tactique était bel et bien sa démarche, sa loi intérieure. S'il nous parle de l'histoire, c'est à travers son histoire. Il rentre en lui-même. Pour dire l'Espagne d'hier et d'aujourd'hui, il explore un paysage mental : ses souvenirs (La Cousine Angélique), ses rêves (Cría cuervos, Elisa vida mía), ses cauchemars (Le Jardin des délices, Anna et les loups, Les Yeux bandés) ou encore, dans la dernière partie de son œuvre, les formes artistiques qui sont propres à ce pays (Fados, Flamenco).

Né en 1932 comme Truffaut, Carlos Saura appartient à la génération de notre nouvelle vague, celle qui, dans les années soixante, inventa, un peu partout dans le monde, d'autres manières de raconter une histoire à l'écran.

Originaire de Huesca, en Aragon, il entra au collège après la guerre. Son père était républicain. Aux yeux de ses camarades, de ses professeurs et d'une partie de sa famille, il fut donc la « brebis galeuse ». Il a su très tôt ce que c'est que d'être exclu. Cette expérience douloureuse est à l'origine de La Cousine Angélique. La guerre civile est le sujet de ¡ Ay Carmela ! Au collège, il découvre aussi le cinéma à travers de vieux films d'aventure où, dit-il, on voyait partout « les yeux de Satan », des yeux terrifiants.

La maîtrise et l'aventure

Diplômé de l'École officielle de cinéma en 1957, il réalise des courts métrages et gagne sa vie comme photographe dans des magazines. Pourtant, aux photos sur papier glacé, il a toujours préféré les vieux clichés des albums de famille qu'on retrouve dans la plupart de ses films (Cría cuervos, Elisa...). Il fait dire à [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-V-René-Descartes, critique de cinéma

Classification


Autres références

«  SAURA CARLOS (1932- )  » est également traité dans :

CRIA CUERVOS, film de Carlos Saura

  • Écrit par 
  • Michel MARIE
  •  • 968 mots

Cria Cuervos est le dixième long-métrage de Carlos Saura, mais c'est le film qui l'a fait connaître en France. Jusqu'en 1976, le cinéma espagnol n'est distribué à Paris que de manière très confidentielle. Le premier long-métrage de Saura, Los Golfos […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cria-cuervos/#i_81436

ESPAGNOL CINÉMA

  • Écrit par 
  • Jean-Louis COMOLLI
  •  • 1 315 mots

On peut faire remonter à 1896 les premières manifestations cinématographiques en Espagne. Le 15 mai, un représentant des frères Lumière organise la première projection à Madrid et, à la fin de l'année, un Espagnol filme La Sortie de la messe de midi à l'église du Pilar de Saragosse . L'année suivante, Fructuoso Gelabert construit la première caméra espagnole et met en scène l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-espagnol/#i_81436

GADES ANTONIO (1936-2004)

  • Écrit par 
  • Martine PLANELLS
  •  • 1 064 mots

Dans le chapitre « De la photographie à la création du ballet flamenco  »  : […] Né le 14 novembre 1936 à Elda, village de la province d'Alicante, Antonio Esteve Ródenas est le fils d'une famille d'ouvriers républicains. À Madrid, où sa famille s'est installée, il quitte l'école à l'âge de onze ans. Pour échapper à la pauvreté, il sera groom avant d'enchaîner les petits métiers. De son passage comme assistant photographe, il gardera le sens du cadrage et l'art d'assembler les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antonio-gades/#i_81436

JEUX OLYMPIQUES - Le cinéma et les Jeux

  • Écrit par 
  • Pierre LAGRUE
  •  • 3 452 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les films officiels »  : […] La question d'un film officiel des jeux Olympiques semble évoquée pour la première fois par le C.I.O. en 1938. Cette réflexion fait bien sûr suite à la réussite du film de Leni Riefenstahl Olympia (sorti en France sous le titre Les Dieux du stade ). Grâce aux immenses moyens mis à la disposition de la réalisatrice par le III e   […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques-le-cinema-et-les-jeux/#i_81436

Pour citer l’article

Jean COLLET, « SAURA CARLOS (1932- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/carlos-saura/