CARACAS

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Caracas, petite ville « aux toits rouges », est devenue au cours du xxe siècle la capitale d'un pays pétrolier dont la forte croissance est directement liée à la rente de l'or noir.

Venezuela : carte administrative

Carte : Venezuela : carte administrative

Carte administrative du Venezuela. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La ville est située dans la vallée étroite (4 kilomètres de largeur) et étirée (une vingtaine de kilomètres) du rio Guaire, à environ 900 mètres d'altitude, séparée du littoral caribéen et de son port de la Guaira, au nord par la montagne d'El Àvila (ultime retombée orientale des Andes, à plus de 2 000 m), et ceinte, au sud, à l'ouest et à l'est, par des collines.

Caracas (Venezuela)

Photographie : Caracas (Venezuela)

Caracas, capitale du Venezuela : vue de la ville depuis le musée des Beaux-Arts. 

Crédits : Will & Deni McIntyre/ The Image Bank/ Getty Images

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Fondée en 1567, Caracas s'est peu étendue au-delà du damier colonial classique des villes hispano-américaines avant le début du xxe siècle lorsqu'elle atteint à peine 100 000 habitants. Devenue un centre commercial régional important au xviiie siècle grâce au commerce du café, du cacao et du bétail, la capitale du Venezuela indépendant a effectivement connu une faible croissance au xixe siècle. Elle fut décimée par un grave tremblement de terre en 1812, par des épidémies et les guerres d'indépendance. Seul le gouvernement de Guzman Blanco (1870-1888) mit en place une politique modernisatrice, inspirée du modèle haussmannien.

C'est dans les années 1930 que la croissance urbaine s'accélère et connaît des taux records (8 p. 100 par an) durant la décennie 1940. Caracas atteint un million d'habitants en 1955, et dépasse 2 millions à la fin des années 1960. Malgré un rythme de croissance ralenti depuis lors (moins de 3 p. 100 par an), l'agglomération compte près de 4 millions d'habitants en 2007. La vallée centrale, traversée d'est en ouest par un réseau autoroutier, puis par le métro depuis le début des années 1980, s'est densifiée, et l'agglomération s'étale désormais le long des grands axes de communication routiers qui relient la capitale au reste du pays (vers la Guaira, le port, et l'aéroport au nord, vers Los Teques et la route panaméricaine au sud-ouest, vers Los Valles del Tuy au sud-est, vers Guarenas-Guatire sur la route de l'Oriente).

Insérée dans la globalisation économique, la capitale connaît un processus de différenciation socio-spatiale allant jusqu'à la fragmentation urbaine. Le long de la vallée centrale, les inégalités de revenus, mais aussi de modes de vie et de formes d'habitat, sont grandes d'une zone à l'autre. Le vieux centre, qui accueille encore les principales fonctions politiques et administratives publiques, a fait partiellement l'objet de politiques de réhabilitation et de rénovation. Mais c'est dans l'est de la vallée, notamment dans la petite municipalité de Chacao, que l'on trouve les urbanizaciones les plus aisées, les sièges des grandes entreprises, et le cœur économique du secteur tertiaire supérieur de l'agglomération. Face à la sécurisation des ensembles résidentiels des classes moyennes et supérieures (murs, barrages, sécurité privée, etc.) dans les municipalités aisées de l'est (Chacao, Baruta, El Hatillo), on assiste à de nouvelles invasions de terres dans les périphéries pauvres. La densification des collines où se trouvent les barrios, ces quartiers d'habitat informel progressivement consolidés, dont les premiers datent des années 1920, s'est encore accentuée depuis la crise des années 1980.

La croissance de la ville et de l'agglomération s'est accompagnée de réformes administratives. La loi sur le district métropolitain de Caracas, approuvée en 2000, instaure une mairie d'agglomération englobant les cinq municipalités de la vallée centrale (le District Capital, anciennement la municipalité Libertador, et les communes de Sucre, Baruta, Chacao, El Hatillo). Cette réforme n'a cependant pas encore résolu les questions de partage des responsabilités entre les différentes administrations, tout comme elle n'a pas apporté de réponse en termes de gestion à l'échelle de la région métropolitaine, alors que celle-ci dépasse déjà largement l'entité métropolitaine.

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Venezuela : carte administrative

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  • : ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de géographie, maître de conférences à l'université de Provence

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  • Écrit par 
  • Virginie BABY-COLLIN, 
  • Véronique HÉBRARD
  • , Universalis
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Pour citer l’article

Virginie BABY-COLLIN, « CARACAS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/caracas/