CALGARY (JEUX OLYMPIQUES DE) [1988]Contexte, organisation, bilan

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Pour Calgary, la maxime « jamais deux sans trois » ne se vérifie pas. En effet, la grande métropole de l'Alberta (sept cent mille habitants) s'était déjà portée candidate à l'organisation des Jeux d'hiver pour les éditions de 1964 puis de 1968, sans réussite. L'Association de développement olympique de Calgary (Calgary Olympic Development Association, C.O.D.A.), créée en 1957 pour préparer la candidature de 1964, est réactivée à la fin de 1978 ; elle obtient le soutien de la population de l'Alberta, du Comité olympique canadien et de l'État fédéral, lequel promet de verser 200 millions de dollars pour les Jeux.

Du 23 au 29 septembre 1981, le C.I.O. tient à Baden-Baden (R.F.A.) le onzième congrès de son histoire ; celui-ci, consacré à l'avenir des jeux Olympiques et à la coopération internationale, doit aussi définir le mouvement olympique du futur. Sous l'impulsion de son nouveau président, Juan Antonio Samaranch, le C.I.O. prend des décisions essentielles, notamment la suppression du mot « amateur » de la Charte olympique. Une fois ce congrès clos, les membres ne se séparent pas et tiennent session du 29 septembre au 2 octobre, l'ordre du jour étant cette fois consacré à l'élection des villes d'accueil des Jeux de la XXIVe olympiade. Pour les Jeux d'hiver, outre Calgary, Falun (Suède) et Cortina d'Ampezzo (Italie) sont candidates. Le 30 septembre, au second tour de scrutin, Calgary est élue, avec quarante-huit voix, contre trente et une pour Falun.

Le comité d'organisation des XVes jeux Olympiques d'hiver (Olympiques Calgary Olympics 88, O.C.O. 88) est constitué en avril 1982. David Leighton est nommé président, mais il démissionne en 1983 ; Bill Pratt lui succède. Les sites des compétitions sont choisis, les travaux débutent rapidement. Le Saddledome olympique, la seule infrastructure dont la construction avait débuté avant la désignation de Calgary, situé en plein centre-ville, est inauguré dès octobre 1983 : cette enceinte ultramoderne de dix-neuf mille places accueille les principales compétitions de patinage artistique et les grands matchs de hockey sur glace. Quelques rencontres de hockey sur glace et certaines épreuves de patinage artistique se déroulent au Stampede Corral (six mille cinq cents places), édifié en 1950 et situé tout près du Saddledome olympique. Pour le patinage de vitesse, l'Anneau olympique est construit sur le campus de l'université de Calgary : doté d'une piste de glace de 400 mètres, ce bâtiment ultramoderne de 26 000 mètres carrés est la première enceinte de patinage de vitesse couverte édifiée en Amérique du Nord ; quatre mille spectateurs peuvent assister aux épreuves. Les matchs de curling, sport de démonstration, se déroulent au centre sportif Max-Bell. Les cérémonies d'ouverture et de clôture se tiennent dans le stade McMahon, situé dans le nord-ouest de la ville et dont la capacité est portée à soixante mille places. Par ailleurs, une « place olympique » est aménagée au cœur de Calgary pour que les touristes puissent se distraire dans un lieu charmant.

Le Parc olympique Canada, implanté sur une zone escarpée de 82 hectares située à l'ouest de Calgary, accueille les compétitions de bobsleigh, de luge, de saut à skis et de combiné nordique. La piste de bobsleigh et de luge, dont le départ est situé à 1 241 mètres d'altitude, est longue de 1 475 mètres pour un dénivelé de 182 mètres (pour la luge, le départ est abaissé à 1 225 mètres, la piste est longue de 1 251 mètres pour un dénivelé de 104 mètres). Quatre tremplins de saut à skis sont bâtis dans le Parc olympique Canada, dont les deux tremplins olympiques de 70 et 90 mètres ; quatre-vingt mille personnes peuvent assister aux compétitions. Le mont Allan, à 80 kilomètres de Calgary, est choisi pour le ski alpin : une station de sports d'hiver baptisée Nakiska (« lieu de rencontre » en langage cree) est aménagée sur un domaine skiable de 103 hectares. Néanmoins, l'altitude est relativement faible (2 500 mètres) et l'enneigement aléatoire ; aussi, deux cent quarante-six canons à neige sont installés le long des pistes pour pallier un éventuel manque de neige. Les compétitions de ski de fond et de biathlon se tiennent dans le centre nordique de Canmore, implanté à 1 400 mètres d'altitu [...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « CALGARY (JEUX OLYMPIQUES DE) [1988] - Contexte, organisation, bilan », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/calgary-jeux-olympiques-de-1988-contexte-organisation-bilan/