LEWIS C. S. (1898-1963)

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C. S. Lewis est avant tout connu en France comme l'auteur des Chroniques de Narnia et comme l'ami de J. R. R. Tolkien. La fantasy moderne est directement issue d'un pari littéraire entre les deux amis : Tolkien se chargerait d'un voyage dans le temps, Lewis d'un voyage dans l'espace. Mais Lewis n'est pas l'homme d'un seul livre. Chercheur érudit dont les ouvrages font encore partie du curriculum universitaire, lecteur vorace à la culture encyclopédique, écrivain populaire d'une trentaine de best-sellers, il a également laissé une empreinte durable dans la théologie, notamment à travers ses émissions radiophoniques, fort écoutées pendant la Seconde Guerre mondiale. L'homme a donné naissance à un culte étonnant, certains milieux chrétiens lui portant, au prix de simplifications, une vénération normalement réservée aux saints.

Né à Belfast le 29 novembre 1898, Clive Staples Lewis, dit Jack, a grandi avec son frère aîné Warren sur le sol anglais. C'est avec celui-ci qu'il produit ses premières tentatives littéraires, déjà dans le domaine du merveilleux. Il fait d'emblée l'expérience mystique de la « joie », « histoire centrale » de sa vie jusqu'à son mariage tardif avec Joy Davidman en 1956. L'arrivée en Angleterre (1911) coïncide avec la perte de la foi. Il obtient une bourse pour entrer à Oxford (1917). Mais, appelé sous les drapeaux, il part directement en France où il est blessé en avril 1918. Les poèmes écrits dans les tranchées, expression d'un désespoir métaphysique, sont publiés en recueil (Spirits in Bondage, 1919). À son retour, il reprend ses études et est élu en 1925 fellow (membre) du Magdalen College (Oxford) où il restera jusqu'à son élection, en 1954, à la chaire de littérature anglaise du Moyen Âge et de la Renaissance, nouvellement créée pour lui, à l'université de Cambridge. Si l'essentiel des publications scientifiques porte sur sa période de prédilection (The Allegory of Love, 1936 ; A Preface to « Paradise Lost », 1942 ; English Literature in the Sixteenth Century, 1954 ; The Discarded Image, 1964), Lewis a également entrepris une activité de réhabilitation de la littérature dite populaire, en particulier de fantasy (Of This and Other Worlds, 1960 ; An Experiment in Criticism, 1961), non sans polémique, notamment de la part de critiques tels que F. R. Leavis. Selon lui, tout livre qui enrichit la vie des lecteurs et ouvre l'esprit à de nouvelles possibilités, par le plaisir de lecture, est un bon livre.

Lewis se « reconvertit » en 1931, à la suite de ce qu'il appelle le « baptême » de son imagination et une longue conversation avec Tolkien, où il accepte l'idée selon laquelle le christianisme se trouve à l'intersection du mythe et de l'histoire. Tenant une position de « simple chrétien » typique de l'Église anglicane, il développe une importante activité d'apologétique chrétienne qui va connaître un impact considérable : The Problem of Pain (1940 ; Le Problème de la souffrance, 1967) ; Mere Christianity (1952 ; Les Fondements du christianisme, 1985) ; The Abolition of Man (1943 ; L'Abolition de l'homme, 1986) ; Miracles (1947) ; Reflections on the Psalms (1958) ; The Four Loves (1960) ; Letters to Malcolm (1964). Apôtre laïque, son succès, en particulier aux États-Unis, lui vaut de figurer en couverture du magazine Time (8 septembre 1947). Cela passe aussi par les textes autobiographiques : The Pilgrim's Regress (1933), Surprised By Joy (1955 ; Surpris par la joie, 1964), et des fantaisies théologisées (publiées d'abord dans The Guardian), qui relèvent déjà de la fantasy : The Screwtape Letters (1941 ; Tactiques du diable, 1967), The Great Divorce (1944 ; Le Grand Divorce entre le ciel et la terre, 1947), Screwtape Proposes a Toast (1959).

Le substrat chrétien a pu valoir aux fictions de C. S. Lewis, même les plus populaires, des réactions hostiles. S'il est indéniable (la Trilogie cosmique reprend la doctrine chrétienne de la rançon et décrit une chute évitée : Aslan, le majestueux lion du Monde de Narnia, est une figure christique), il n'épuise jamais la richesse et la puissance expressives de ces fictions. C'est le cas de sa récriture du mythe d'Amour et Psyché (Till We Have Faces, 1956 ; Un Visage pour l'éterni [...]

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Écrit par :

  • : maître de conférences en littérature comparée à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Anne Isabelle FRANÇOIS, « LEWIS C. S. - (1898-1963) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/c-s-lewis/