BRÉSILLe Brésil contemporain

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique fédérative du Brésil (BR)
Chef de l'État et du gouvernementJair Bolsonaro (depuis le 1er janvier 2019)
Note :
CapitaleBrasília
Langue officielleportugais

La consolidation démocratique

Peu connu dans le pays au début de la campagne présidentielle, Fernando Collor de Mello, gouverneur du petit État d'Alagoas dans le Nordeste, à la tête d'un parti qu'il créa pour la circonstance, est parvenu à remporter la victoire au second tour de l'élection présidentielle de 1989, face à son concurrent, Lula, leader du PT. En dépit de son alliance avec les militaires, Collor réussit, en partie grâce au marketing politique, à se présenter comme le candidat du renouveau national. La dernière élection présidentielle directe remontait à l'année 1960. Dès lors, le scrutin à deux tours de 1989 revêtait une signification historique. Au mois de mars 1990, Collor accède à la présidence et prend aussitôt des mesures radicales dans le domaine économique.

Fernando Collor de Mello

Photographie : Fernando Collor de Mello

Le Brésilien Fernando Collor de Mello élu président de la République, au suffrage universel direct, en 1989. 

Crédits : Hulton Getty

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Le plan Collor et la destitution du président

À l'instar des précédents plans économiques, le plan Collor cherchait à briser la spirale des prix. Un moment contenue, la hausse des prix a repris, tandis que les restrictions imposées au crédit bancaire plongeaient le pays dans la récession. Sachant que ses alliances au Congrès restaient factices, Collor multiplia les coups d'éclat destinés à frapper l'opinion publique. Annoncés à grand bruit, les plans de reprise économique n'ont pas abouti. La gabegie gouvernementale dénoncée par la presse fait baisser la cote de popularité du président. Une commission d'enquête du Congrès ouvre des investigations sur la corruption au gouvernement. Bientôt, cette commission démontre l'existence de réseaux de recyclage de fonds au bénéfice du chef de l'État et de son entourage. En septembre 1992, le Congrès vote la destitution du président Collor pour délit de forfaiture.

Le Plan real

Conformément à la Constitution, le vice-président Itamar Franco devient le chef de l'État. Dans une conjoncture instable, il cherche à juguler l'hyperinflation. Après plusieurs réformes qui ont échoué, Itamar Franco confie le ministère des Finances à Fernando Henrique Cardoso. Sociologue connu au Brésil et à l'étranger, Cardoso prépare un plan anti-inflation qui tire les leçons des précédents échecs. Mise en place en 1994, une réforme monétaire entraîne le retrait des billets de banque en circulation, remplacés par la nouvelle monnaie, le real. Bien accueilli par la population, le Plan real fait chuter le taux mensuel de l'inflation de 45 % à 5 %, et sert également de plate-forme pour la candidature de Cardoso à la succession de Franco.

La première présidence de Cardoso (1995-1998)

Soutenu par une alliance de centre droit, Cardoso remporte le scrutin présidentiel dès le premier tour, au mois d'octobre 1994. Son principal adversaire, Lula da Silva, candidat de la gauche regroupée autour du PT, connaît une nouvelle défaite. La victoire de Cardoso est amplifiée par l'élection, dans ce même scrutin, de gouverneurs de son parti, le PSDB, dans les trois États les plus importants, São Paulo, Rio de Janeiro et Minas Gerais. Porté par le succès du Plan real, soutenu par les gouverneurs et par une confortable majorité au Congrès, Cardoso met en œuvre son programme. Le développement de l'école primaire est privilégié et l'enseignement supérieur s'ouvre au secteur privé afin d'élargir l'offre d'études universitaires. Par ailleurs, il met fin au monopole de l'État sur l'exploitation du pétrole et sur les télécommunications. Mais la dette publique ne cesse d'augmenter, accentuant la vulnérabilité de l'économie. Pourtant, le spectre de la faillite financière s'éloigne avec le prêt de 41 milliards de dollars concédé par le Fonds monétaire international (FMI), en octobre 1998, en échange d'engagements sur la réduction du déficit public. C'est dans ce contexte qu'intervient, à la même date, pour la première fois dans l'histoire du pays, la réélection du président en exercice. Sous la pression du gouvernement Cardoso, le Congrès a, en effet, voté en 1997 un amendement autorisant la réélection du président de la République, des gouverneurs et des maires. Cardoso est à nouveau élu dès le premier tour, contre son principal opposant, Luiz Inácio Lula da Silva.

Le second mandat présidentiel (1999-2002)

Poursuivant ses réformes, le gouvernement Cardoso fait voter la loi sur la responsabilité fiscale, interdisant aux États et aux municipalités de dépenser au-delà de leurs recettes. Afin de réduire le déficit public, le statut de [...]

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Joao Goulart, 1961

Joao Goulart, 1961
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Fernando Collor de Mello

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Lula à Porto Alegre, 2010

Lula à Porto Alegre, 2010
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Écrit par :

  • : professeur d'histoire du Brésil, directeur du Centre d'études du Brésil et de l'Atlantique sud à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Luiz Felipe de ALENCASTRO, « BRÉSIL - Le Brésil contemporain », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bresil-le-bresil-contemporain/