BOHÈMES (exposition)

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Intérieur d'atelier, O. Tassaert

Intérieur d'atelier, O. Tassaert
Crédits : Art Media/ Print Collector/ Getty Images

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Sainte Famille, G. Lallemant

Sainte Famille, G. Lallemant
Crédits : A. Beaudoin/ MBA, Rennes/ Service de presse/ RMN

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La vie de bohème

Alors que la qualité des œuvres et de la réflexion ne faiblissent pas, la seconde partie de l'exposition, consacrée à la bohème artistique, est mise à mal par une envahissante scénographie pseudo-réaliste conçue par le metteur en scène Robert Carsen, à qui l'on doit également le décor de l'exposition Marie-Antoinette au Grand Palais (2008) et celui de L'Impressionnisme et la mode au musée d'Orsay (2012). Pour évoquer la « légende des ateliers », fallait-il vraiment accrocher un tuyau de poêle au plafond d'une salle d'exposition et, pour faire sentir au public la vie misérable des artistes reconstituer une mansarde au papier peint déchiré ? Les images tirées du feuilleton Scènes de la vie de bohème (1845) d'Henri Murger ne disent-elles pas tout de l'existence de ces jeunes gens partagés entre les exigences de leur art, les contingences quotidiennes et l'amour des grisettes ? Et les lithographies d'un Daumier réunies sous le titre Bohémiens de Paris n'expriment-elles pas assez un univers où la tromperie et la cocasserie sont omniprésentes ? Fallait-il, pour faire comprendre les « semelles de vent » de Rimbaud et sa relation tumultueuse avec Verlaine, rassembler textes et images sous une toile de tente ? Les enseignes du Chat noir et du Lapin agile, les toiles de Van Gogh, de Signac et de Casas parlent d'elles-mêmes de cette académie de la bohème que devient Montmartre dans le dernier quart du xixe siècle... Mais, en présence de L'Absinthe (1875-1876) d'Edgar Degas, fallait-il, pour rappeler l'atmosphère des cafés hantés par ces artistes, aligner des rangées de tables et de chaises désespérément vides... Cette exposition, qui s'ouvre sur les images émouvantes du film de Moholy-Nagy, Grosse-Stadt Zigeuner (1932), et se clôt sur les lithographies tragiques d'Otto Mueller (1926-1927) – qui laissent pressentir la nuit dans laquelle les nazis allaient précipiter la nation rom –, méritait sans doute de ne pas être mise en scène comme une pièce de boulevard.

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Robert FOHR, « BOHÈMES (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bohemes/