FAUCON BERNARD (1950- )

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Les Grandes Vacances (1979), le chapitre qu'il consacre à l'univers mystérieux de l'enfance, est certainement le plus connu de l'œuvre de Bernard Faucon. Sans doute est-il aussi représentatif du parcours buissonnier d'un photographe que tout captive sans qu'il se laisse enfermer dans une forme donnée.

Né en 1950 à Apt, le jeune Bernard Faucon suit des études de philosophie et de théologie qui le conduisent en 1974 à la maîtrise. Peu séduit par la carrière d'enseignant qui l'aurait attendu après l'agrégation, il se lance dans la vente de mannequins de vitrines des années 1950 récupérés dans les remises de magasins de mode enfantine. Ces objets suscitent bientôt des saynètes photographiques réalisées dans le Luberon natal avec la participation d'enfants devenus acteurs parmi ces figurants de plâtre. Une première exposition à la galerie Loplop, dans le Ve arrondissement de Paris, révèle la sensibilité d'un jeune auteur inspiré par la nostalgie des jeux et des rêves, et marque le départ d'une carrière bien accueillie par la critique. Au lieu d'exploiter son succès, Bernard Faucon met en 1981 un terme à la série, comme il le fera pour chacun de ses travaux dès lors qu'ils occupent une place visible sur le marché de l'art. La série L'Évolution probable du temps, paysages déserts du Luberon brûlés de soleil ou traversés de signes poétiques, précède le travail intérieur des Chambres, qui montre des pièces vides, oubliées ou délabrées que la nature et les éléments s'approprient. De 1984 à 1988, Faucon construit une demeure imaginaire en plusieurs sections : les Chambres d'amour où l'enfance, ses jouets et ses fantasmagories s'invitent parfois pour ne plus revenir dans les Chambres d'hiver, jusqu'aux Chambres d'or, enceintes mystiques incandescentes dont est extraite la photographie du Petit Bouddha. Les douze diptyques des Idoles et sacrifices (1989-1991) associant des bustes d'adolescents éblouis d'une lumière d'incendie et des paysages maculés de rouge sont les dernières mises en scène de personnages, auxquelles succède en 1991 la période des Écritures, formulant en pleine nature et en lettres brillantes une interrogation mélancolique du bonheur. Bernard Faucon cessera volontairement sa production en 1993 avec la série explicite de La Fin de l'image, inscriptions blanches sur la peau de modèles qu'on ne voit plus.

Le grand prix national de la photographie décerné en 1989 et près de trois cents expositions dans le monde entier ont assuré la notoriété d'une œuvre à laquelle l'auteur imaginera une suite avec le projet commencé à Essaouira en 1997 avec La Plus Belle Route du monde. En collaboration avec le ministère de l'Éducation, Bernard Faucon demande à des garçons et des filles du Maroc de réaliser le même jour une photographie exprimant le bonheur. Renouvelé en vingt-quatre pays du monde, jusqu'à la Corée en 2005, Le Plus Beau Jour de ma jeunesse fera en 2008 l'objet d'un livre et d'une exposition itinérante. Sous le titre Le Temps d'après, les photographies prises par Bernard Faucon comme les notes impressionnistes de ses nombreux voyages en Asie, en Amérique latine et en Afrique sont présentées pour la première fois au cours de l'hiver 2005-2006 à la galerie Vu. Cette exposition coïncide avec la parution de la monographie Bernard Faucon aux éditions Actes sud et avec la rétrospective montée à la Maison européenne de la photographie et que l'auteur clôture avec la distribution aux visiteurs de l'intégralité des objets, meubles, livres et jouets figurant dans Les Grandes Vacances. Dans l’exposition Été 2550 lors des Rencontres d’Arles de 2009, il accompagne les photos prises à Santiago de Cuba de réflexions sur le temps.

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  • Écrit par 
  • Hervé LE GOFF, 
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Dans le chapitre « La fiction ou l'instantané scénarisé »  : […] Héritière de la scène de genre visitée par la photographie dès sa période pictorialiste, la fiction intéresse bon nombre de photographes contemporains qui s'essaient à la mise en scène des situations de la vie courante voire du fait-divers, où les modèles tiennent rang d'acteurs sinon de statues de musée de cire. Avec ces séquences imaginaires, fréquemment érotiques, Duane Michals crée un monde p […] Lire la suite

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Hervé LE GOFF, « FAUCON BERNARD (1950- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bernard-faucon/