BERLIN ALEXANDERPLATZ, Alfred DöblinFiche de lecture

Quand paraît Berlin Alexanderplatz, en octobre 1929, l'écrivain allemand Alfred Döblin (1878-1957) a déjà écrit cinq romans, trois pièces, deux recueils de nouvelles, trois volumes de réflexions esthétiques ou philosophiques. Il a été mêlé à l'expressionnisme à son origine, vers 1910, mais voilà plus d'une décennie qu'il a rejeté ce mouvement. De manière provocatrice, il a rédigé d'ailleurs, pour bien montrer sa rupture, une « profession de foi en faveur du naturalisme », où il récuse l'imagination pure au profit d'une observation de la réalité matérielle. Berlin Alexanderplatz est le résultat exemplaire de cette esthétique. En ayant choisi un tel titre, Döblin invite clairement à considérer que le rôle central est tenu, dans sa nouvelle œuvre romanesque, par la ville même de Berlin, métropole de près de quatre millions d'habitants.

Alexanderplatz, Berlin

Alexanderplatz, Berlin

photographie

Située au cœur de Berlin, l'Alexanderplatz est aujourd'hui un point de jonction entre trains, tramways et métro. Au début du XXe siècle, elle devient le symbole de l'activité frénétique de la ville et inspire à Alfred Döblin le roman Berlin Alexanderplatz. Ici, une carte... 

Crédits : Lebrecht Music & Arts/ Corbis

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L'itinéraire de Franz Biberkopf

Ce roman porte un sous-titre : « L'Histoire de Franz Biberkopf ». Döblin y relate en effet la vie de ce personnage, d'octobre 1927 jusqu'au début de 1929. Terrassier, puis déménageur, Biberkopf sort de prison après avoir purgé une peine pour un crime passionnel, l'assassinat de son amie, une certaine Ida. Après avoir tenté de travailler honnêtement, il est séduit par Reinhold, incarnation de Satan. Entraîné dans de sombres méfaits par ce voyou, il y perd un bras. Si, en définitive, il est sauvé, c'est parce que la Mort se présente à lui pendant qu'il est plongé dans un coma : « C'est la mort qui doucement, doucement, a entamé sa chanson. Elle chante comme un bègue en répétant chaque mot. Quand elle a terminé une strophe, elle reprend le premier vers. Elle chante comme chanterait une scie. » En s'entretenant avec elle, il expie ses fautes. Et notre manchot renaît, transformé en portier d'usine. La fin du roman reste ouverte : rien ne suggère l'évolution future de Biberkopf. Ce qui est montré simplement par Döblin, c'est qu'il demeure impassible devant le passage, à sa porte d'usine, des défilés « avec drapeaux, musique et chants ».

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DÖBLIN ALFRED (1878-1957)

  • Écrit par 
  • Lionel RICHARD
  •  • 2 021 mots

Dans le chapitre « De Berlin à Los Angeles »  : […] En 1929, son roman Berlin Alexanderplatz lui procure une audience accrue. Du 8 septembre au 11 octobre, il est donné en feuilleton dans l'un des quotidiens les plus réputés, le Frankfurter Zeitung. Fin octobre, il paraît en volume aux éditions Fischer. Adapté au cinéma, dans une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-doblin/#i_25105

NOVEMBRE 1918 et BERLIN ALEXANDERPLATZ (A. Döblin)

  • Écrit par 
  • Nicole BARY
  •  • 1 051 mots

Pendant qu'il travaille au roman qui le rendra célèbre, on construit la gare de l'Alexanderplatz. Comme chez Joyce (Ulysse, 1922) l'écriture est rythmée par le bruit du chantier de la ville en plein essor technologique, par le roulement brinquebalant des tramways et des trains : « Rroum, rroum, le mouton martèle, je casse tout, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/novembre-1918-berlin-alexanderplatz/#i_25105

Pour citer l’article

Lionel RICHARD, « BERLIN ALEXANDERPLATZ, Alfred Döblin - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/berlin-alexanderplatz/