BERLIN ALEXANDERPLATZ, Alfred DöblinFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un roman de la ville

Berlin Alexanderplatz est publié sept ans après l'Ulysse (1922) de James Joyce (1822-1941), et quatre ans après Manhattan Transfer (1925) de John Dos Passos (1896-1970). Lors de sa parution en Allemagne, il a été fréquemment comparé à ces œuvres, tenues pour des piliers du roman moderne. Döblin a reconnu qu'il avait découvert Joyce une fois qu'il avait écrit le quart de son propre livre, mais il a toujours rejeté l'idée qu'il ait pu être influencé par le romancier irlandais. En ce qui concerne l'écrivain américain Dos Passos, dont semble le rapprocher la technique du « collage », aucune preuve n'existe qu'il ait lu son roman avant les années 1930.

Force est de constater que ses procédés littéraires, en dehors du monologue intérieur, sont très différents de ceux qu'utilisent Joyce et Dos Passos. Döblin se revendique non seulement auteur omniscient, mais aussi narrateur souverain, dénué de toute impartialité, intervenant directement et subjectivement dans son récit. Surtout, il se veut le constructeur d'une œuvre qu'il appelle « épique ». Par là, il refuse le type de roman fondé traditionnellement sur l'intrigue, l'action, la psychologie. Il préconise une narration libérée de tous dogmes, pour aboutir à une composition polyphonique.

Berlin Alexanderplatz n'est pas un roman social, et moins encore un roman populiste, bien que les bas-fonds interlopes y soient fortement présents. C'est une parabole. Ce qui explique pourquoi Döblin a recours, à travers de nombreux leitmotivs, aux mythes antiques et bibliques. Cette parabole censée se dérouler dans un présent daté avec précision est transcendée par l'histoire mythique de la collectivité humaine, par sa lutte éternelle entre le Bien et le Mal. La destinée individuelle de Biberkopf retrouve symboliquement, devant les exigences de « l'être collectif », le sort de l'humanité commune tel qu'il a été illustré par les grands mythes : l'orgueil, la faute, la reconnaissance de la culpabilité et son expiation, le sacrifi [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  BERLIN ALEXANDERPLATZ, Alfred Döblin  » est également traité dans :

DÖBLIN ALFRED (1878-1957)

  • Écrit par 
  • Lionel RICHARD
  •  • 2 021 mots

Dans le chapitre « De Berlin à Los Angeles »  : […] Le 18 août 1878 naît à Stettin, ville polonaise depuis les accords de Potsdam en 1945, Bruno Alfred Döblin. Il est le quatrième enfant de Sophie Freudenheim (1844-1920) et de Max Döblin (1846-1921), Juifs tous deux mais guère portés sur la religion. Couramment prénommé Alfred par la suite, il a deux frères et une sœur. Après la séparation de ses parents, l'enfant se retrouve avec sa mère à Berlin. […] Lire la suite

NOVEMBRE 1918 et BERLIN ALEXANDERPLATZ (A. Döblin)

  • Écrit par 
  • Nicole BARY
  •  • 1 051 mots

Le nom d'Alfred Döblin (1878-1957) évoque spontanément son roman Berlin Alexanderplatz (1929), dont il faut saluer la nouvelle traduction fort réussie qu'en donne Olivier Le Lay (Gallimard, Paris, 2009). Tout comme il convient de saluer l'heureuse initiative des éditions Agone qui viennent de publier la traduction intégrale – tout aussi réussie – de l'une des œuvres capitales de cet écrivain si m […] Lire la suite

Pour citer l’article

Lionel RICHARD, « BERLIN ALEXANDERPLATZ, Alfred Döblin - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/berlin-alexanderplatz/