VAN DER HELST BARTHOLOMEUS (1613-1670)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Peintre de portraits, Van der Helst est né à Haarlem et il est mort à Amsterdam où il s'était installé avec sa famille, dès 1627. Il fut le portraitiste à la mode de la riche bourgeoisie d'Amsterdam, et cet engouement pour sa peinture durera tout au long du xviiie siècle. Les nombreux tableaux connus de lui, très souvent signés et datés, s'échelonnent entre 1634 et 1669. Jusqu'en 1648 environ, ses portraits, par leur réalisme, leur élégante sobriété (fonds neutres, chromatisme limité au noir, au gris et au blanc du linge et des dentelles), se réclament de ceux d'Elias auprès de qui Van der Helst a certainement été formé après son arrivée à Amsterdam. Contrairement à ce que l'on a parfois prétendu, il n'a pas été l'élève de Frans Hals, dont il n'a d'ailleurs ni la touche libre, ni le sens du clair-obscur : l'exécution serrée, au contraire, et l'effet graphique renvoient bien à Elias. Et si Hals a exercé, indirectement, une certaine action sur lui comme sur tous les portraitistes hollandais des années trente, cette action se conjugue avec celle, indéniable, de Rembrandt (lui-même installé à Amsterdam depuis 1631 et dont les portraits avaient aussitôt attiré une nombreuse clientèle) ; certaines effigies du début de la carrière de Van der Helst, comme le beau Portrait d'homme (chez Sedelmayer en 1901), reprennent des formules maniéristes (le format ovale, par exemple) que l'on retrouve chez Hals et chez Rembrandt. À ce dernier, l'artiste empruntera encore le goût des mises en page monumentales : visages de profil, coude formant un angle en avant pour « asseoir » plus efficacement la figure, comme dans le Portrait d'une dame (musée de Columbia), et l'introduction dans les attitudes de plus de naturel et d'animation, comme dans le Portrait d'homme à sa table de travail (musée Boymans, Rotterdam). C'est encore à l'ascendant de Rembrandt que Van der Helst doit certainement la force psychologique et le traitement subtil du modelé du visage par la lumière de quelques admirables Portraits de dames, en buste (autrefois coll. Talleyrand et chez Sedelmayer). L'artiste a exécuté, comme tous les portraitistes de l'époque, bon nombre d'effigies officielles de gildes et de milices, dont les plus célèbres (Rijksmuseum, Amsterdam) sont La Compagnie du capitaine Bicker, 1639, dans un style encore sévère, et le Banquet de la garde civique, 1648, commémorant la paix de Munster de la même année, au chromatisme plus vif, quoique toujours froid, tandis que dans les attitudes et les accessoires commence à se faire sentir le goût de Van der Helst pour le panache. Le défaut de telles compositions, par ailleurs remarquables si on les compare à celles de sujets très voisins traités par Rembrandt ou par Hals, réside en l'absence d'unité dans la conception de l'ensemble, due précisément à un manque de différenciation de chaque partie quant au traitement de la lumière et des valeurs, qui évoque la manière archaïque avec laquelle des artistes comme Cornelisz de Haarlem et Cornelisz Ketel avaient abordé ce thème pour la première fois à la fin du siècle précédent. Chaque figure, dont le costume est étudié avec le même luxe de détails, veut rivaliser d'importance avec la figure voisine. Autour de 1650, les mises en page deviennent de plus en plus animées et fastueuses tant par le cadre donné aux scènes (fonds d'architecture de palais, colonnes, drapés en cascade, et, plus tard, presque exclusivement, hautes frondaisons et parcs) que par la figuration (Van der Helst peint alors plus volontiers des familles et des couples) et par les costumes de plus en plus somptueux dont la coupe raffinée et les étoffes soyeuses complaisamment rendues contrastent avec la vulgarité des visages ; le peintre, malgré sa volonté de bien marquer l'opulence et la condition sociale aisée de ses modèles, n'a pourtant pas cherché à en dissimuler les traits souvent grossiers et l'air satisfait. La facture, elle aussi, devient plus large, le coloris plus nuancé : blancs, roses, mauves, jaunes... C'est vers cette époque, et grâce à ce style décoratif, que Van der Helst gagne la faveur des bourgeois d'Amsterdam nouvellement enrichis, qui le préfèrent désormais à Rembrandt (ce qui n'empêchera pas Van der Helst de mourir pauvre lui aussi). Une inégalité dans le métier et la qualité de certains portraits exécutés au cours d'une même année laissent supposer que l'a [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par :

Classification

Autres références

«  VAN DER HELST BARTHOLOMEUS (1613-1670)  » est également traité dans :

NÉERLANDAISE ET FLAMANDE PEINTURE

  • Écrit par 
  • Lyckle DE VRIES
  •  • 10 174 mots
  •  • 18 médias

Dans le chapitre « Le troisième quart du XVIIe siècle »  : […] Le troisième quart du siècle est l'époque où les spécialistes deviennent des « géants », tandis que les « artistes universels », tel Rubens, font défaut. Pour cette raison, on est obligé ici de donner plus de place à l'art hollandais qu'à l'art flamand. On a déjà montré quelle fut l'importance des peintres restés dans la tradition de Van Dyck et de Rubens dans le Sud. Elle y était maintenue plutôt […] Lire la suite

Pour citer l’article

Françoise HEILBRUN, « VAN DER HELST BARTHOLOMEUS - (1613-1670) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bartholomeus-van-der-helst/