BACKGAMMON

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Le backgammon est un jeu d'origine anglaise qui oppose deux joueurs de part et d'autre d'un tablier comportant vingt-quatre flèches ou cases. Chaque joueur, muni de quinze pions blancs ou noirs selon son camp, s'efforce de conduire ceux-ci de leur point de départ à l'opposé du tablier en respectant les valeurs affichées par deux dés qui déterminent la marche des pions. Le premier qui a amené tous ses pions à l'autre extrémité, suivant en cela un parcours en U, a gagné. Au cours de la partie, les joueurs ont, à chaque coup, le choix entre plusieurs possibilités, parmi lesquelles celle de bloquer l'adversaire. Le backgammon est donc un jeu de parcours avec blocage. Depuis les années 1920, un dé doubleur, plus gros, ou « videau », a été ajouté qui introduit un élément de pari et accélère le rythme du jeu.

Backgammon : tablier

Dessin : Backgammon : tablier

Le tablier du backgammon. 

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Backgammon : position de départ

Dessin : Backgammon : position de départ

Backgammon: la position de départ. 

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Contrairement à d'autres jeux, comme le jacquet ou le trictrac, au backgammon on ne pose pas ses quinze dames sur la première flèche de son camp, mais on les essaime dans des positions précises : deux pions sur la première flèche, cinq sur la dernière flèche du jan extérieur (12e flèche), trois sur la 17e flèche et les cinq derniers sur la 19e flèche, celle qui suit immédiatement la barre, à cinq cases de la fin du parcours. Chaque joueur place ses pions de part et autre du tablier de façon symétrique.

Le jet d'un dé permet de choisir le joueur qui joue en premier : celui qui a le point le plus élevé commence. Les deux lancés, le joueur peut choisir d'affecter le résultat de chaque dé à chacun de ses deux pions ou d'utiliser la somme des deux dés au déplacement d'un seul pion. Les flèches constituent les « cases » du jeu – quelle que soit leur couleur, l'alternance n'ayant pas de fonction particulière. Un doublet – deux faces identiques – permet de rejouer.

Trois cas se présentent au moment de déplacer un pion : la flèche visée est vide et le pion peut s'y poser ; la flèche visée est occupée par au moins deux dames adverses ce qui interdit de s'y poser ; la flèche visée est occupée par une seule dame adverse et le pion arrivant la chasse la mettant « sur la touche ». On nomme « blot » (de l'anglais blot, étymologiquement « nu, vulnérable ») une dame isolée sur une flèche ; poser son pion à la place d'un blot et l'envoyer ainsi sur la touche se dit « frapper un blot » (anglais hitting the blot). On disait au trictrac « battre une dame ». Un pion frappé doit attendre son tour pour rentrer (il n'y a pas de capture) ; les conditions permettant de le remettre en jeu sont précisées par les règles. Avant de faire sortir ses quinze dames une à une, il faut les amener toutes dans son jan intérieur. On gagne un point quand tous les pions sont sortis avant ceux de l'adversaire ; deux points – partie double ou gammon – si l'adversaire n'a réussi à sortir aucun de ses pions ; trois points – partie triple ou back-gammon – si l'adversaire a encore un ou plusieurs pions dans le jan intérieur du gagnant.

Le videau est marqué des nombres 2, 4, 8, 16, 32 et 64 sur ses six faces. Il a pour fonction de faire grimper l'enjeu que les deux joueurs ont choisi de miser au préalable. Chacun, à tout moment, peut s'emparer du videau et proposer à son adversaire de multiplier la mise par le chiffre indiqué ; si l'adversaire refuse, le joueur marque un point. Le videau est donc un instrument de pur pari sur le résultat d'un coup.

Le backgammon fait largement appel au calcul des probabilités. La fréquence des valeurs offertes par les dés est en effet à prendre en considération afin de mieux supputer les déplacements et les « frappes » que l'on peut faire. Arbitrer entre plusieurs situations possibles, accepter ou non l'offre du videau nécessitent des pronostics réfléchis. Si le hasard a une part bien réelle dans ce jeu, l'entraînement et la maîtrise des probabilités permettent d'en gommer les effets les plus criants.

Le backgammon possède une riche famille, dont émergent chez nous le jacquet et le trictrac, et une longue histoire. S'il n'est pas prouvé que les nombreux jeux de parcours retrouvés par les archéologues en Mésopotamie ou en Égypte soient des ancêtres directs de la famille du trictrac et du backgammon, on peut légitimement y voir des précurseurs. Il est possible que les Grecs aient servi de relais mais on est mal renseigné sur les jeux de la Grèce antique. La forme la plus ancienne de ce qui deviendra le backgammon apparaît dans le monde romain peu avant notre ère sous la forme d'un jeu parfois nommé XII scripta (« douze lignes » ou « douze points ») et, plus sûrement, alea. Le tablier – tabula (aleatoria) – se présente en rectangle avec trois rangées parallèles de douze points ou cases coupées en leur centre par une séparation perpendiculaire.

Alea romain

Dessin : Alea romain

Un des parcours possibles de l'alea romain. 

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Backgammon : tablier

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  • : licencié ès lettres, ingénieur du Conservatoire national des arts et métiers, historien du jeu

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CONWAY JOHN HORTON (1937-2020)

  • Écrit par 
  • Bernard PIRE
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Chercheur profond dont les succès concernent de nombreux domaines mathématiques, le Britannique John Horton Conway était aussi un orateur et un vulgarisateur brillant dont les exposés ont captivé de larges publics. Amateur assidu de jeux tels que le backgammon ou le jeu de go, il est notamment connu pour ses travaux en théorie mathématique des jeux, et en particulier son invention de l’algorith […] Lire la suite

Pour citer l’article

Thierry DEPAULIS, « BACKGAMMON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/backgammon/