ASPIRINE ET CANCER

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un effet anticancéreux général de l'aspirine

Trois nouvelles études dirigées par P. M. Rothwell précisent un peu plus les effets de l'aspirine. La première a permis de recueillir des données sur plus de 90 p. 100 des personnes qui ont participé aux essais de ce médicament dans la prévention cardio-vasculaire, en prenant également en compte les essais de courte durée, afin de pouvoir évaluer ses effets à court terme. Au total, cinquante et un essais rassemblant près de 80 000 participants ont été passés en revue. Les données sur la mortalité, disponibles pour trente-quatre études, indiquent que l'aspirine diminue de près de 40 p. 100 le risque de décès par cancer après cinq ans. Plus étonnant, l'incidence des cancers, était déjà réduite de 24 p. 100 trois ans seulement après le début du traitement, chez les hommes comme chez les femmes. La mortalité par cancer était également diminuée après trois ans d'administration de doses quotidiennes d'aspirine au moins égales à 300 mg.

Les effets très rapides observés dans cette première analyse suggèrent que l'aspirine pourrait agir non seulement en prévenant l'apparition des cancers, comme l'indique notamment ses effets sur la transformation maligne des lésions précancéreuses, mais aussi en inhibant la croissance et la dissémination des cancers qui étaient déjà présents, mais non diagnostiqués, au moment de l'entrée des patients dans les études. Une deuxième analyse incluant les cinq grands essais conduits en Grande-Bretagne le confirme. Après six ans et demi de suivi, le risque de cancer métastatique était réduit de 36 p. 100 chez les patients traités par aspirine, avec un effet plus marqué pour les cancers de type adénocarcinomes (— 46 p. 100). De plus, dans le sous-groupe de patients ayant eu un adénocarcinome non métastasé diagnostiqué au cours de l'étude, l'aspirine a diminué de 55 p. 100 le risque de développement de métastases au cours du suivi ultérieur. La réduction du risque allait jusqu'à 73 p. 100 pour les métastases des cancers colorectaux. Il avoisinait 70 p. 100 pour l'ensemble des adénocarcinomes, lorsque seul [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Chantal GUÉNIOT, « ASPIRINE ET CANCER », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/aspirine-et-cancer/