ASPECT, grammaire

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Si le temps grammatical situe chronologiquement l'énoncé, il n'en va pas de même de l'aspect, qui désigne le mode de déroulement du procès. On distinguera ainsi, parmi les différentes dualités du système aspectuel :

le couple déterminé/indéterminé, qui oppose une action décrite quant à son but à un prédicat de valeur générale (il parle latin/il est bavard) ;

le couple duratif/ponctuel l'anglais connaît, de ce point de vue, la forme progressive) ;

le couple inchoatif/résultatif (il se mit à parler/j'ai dit !) ;

le couple accompli/non accompli (il est mort, il sera mort, il était mort/il meurt, il mourra, il mourait) ;

le couple semelfactif/fréquentatif (en latin clamare/clamitare : crier, crier sans cesse) ;

le couple général/particulier (l'eau bout à 1000/l'eau bout, ferme le gaz !) ;

enfin, le couple plus nettement sémantique perfectif/imperfectif : si le sens du verbe est nettement borné dans son résultat, on sera dans le premier cas ; sinon dans le deuxième. En français, cette opposition est lexicale (arriver/se rendre) ; en russe, morphologique.

Parfois, et c'est le cas le plus général, un système de conjugaison accorde la prévalence au temps sur l'aspect. Ainsi, l'aoriste grec, qui est un ponctuel, a ordinairement valeur de passé, et dans son aspect il neutralise l'opposition entre les bornes chronologiques du procès : c'est pourquoi on peut lui trouver la valeur gnomique (notion envisagée indépendamment de son début et de sa fin, d'où fait général). En français, la plupart des énoncés sont ambigus, hors l'opposition accompli/non accompli et demandent à être explicités par des adverbes ou des contextes qui soulignent le rapport subjectif du locuteur au procès qu'il énonce.

—  Catherine TRESSON

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Pour citer l’article

Catherine TRESSON, « ASPECT, grammaire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/aspect-grammaire/