APPRENTISSAGE ET TABLETTES TACTILES

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Depuis le début des années 2010, les tablettes tactiles ont fait leur apparition dans le monde de l’éducation, de l’école primaire à l’enseignement supérieur. Plus petites et moins lourdes que les ordinateurs portables, elles possèdent une interface tactile qui permet d’interagir directement à l’aide des doigts sur l’écran plutôt que par l’intermédiaire d’un clavier et d’une souris. Les tablettes offrent davantage de mobilité et un accès continu à l’information ; elles participent au développement de l’« apprentissage mobile » ou « ubiquitaire » qui multiplie les situations d’apprentissage et la réalisation d’activités pouvant être poursuivies dans différents contextes hors classe.

Les caractéristiques physiques des tablettes – taille réduite, autonomie… – facilitent leur insertion dans divers contextes, en parallèle des situations traditionnelles « papier-crayon ». Elles offrent en outre des fonctionnalités intégrées (écran, clavier, microphone, caméra, haut-parleur) permettant les activités de communication, la consultation et l’interaction avec des contenus, mais aussi la production de documents textuels (tapuscrits ou manuscrits), vidéos, audio, multimédia... Comparativement aux ordinateurs de bureau, les tablettes bénéficient généralement d’interfaces simplifiées et faciles à utiliser, notamment en raison de leur petite taille d’écran et de l’interaction tactile. On parle alors d’une bonne utilisabilité (ou affordance) des interfaces sur tablettes. Les tablettes permettent d’ailleurs des personnalisations et paramétrages simplifiés, ce qui peut être utile pour améliorer l’accessibilité en fonction des besoins et handicaps de l’apprenant. Enfin, l’interaction tactile permet une coordination œil-main plus directe qu’avec une souris par exemple, qui peut être exigeante pour les plus jeunes et les moins expérimentés.

Les tablettes peuvent contribuer à l’apprentissage dans le cadre de certaines activités et d’objectifs d’enseignement déterminés (lecture-compréhension, résolution de problème, élaboration de contenus, mémorisation, production de gestes, etc.). Ainsi, les recherches dans le domaine essaient de déterminer comment les applications et fonctionnalités apportées par les tablettes peuvent soutenir voire améliorer la mise en œuvre de ces activités. Certaines études confirment qu’il est possible d’apprendre avec une tablette en situation individuelle mais aussi collective, en classe ou en dehors de la classe. Si les caractéristiques des tablettes présentées plus haut tendent à soutenir les activités d’apprentissage, certains travaux révèlent néanmoins qu’en situation de mobilité (sortie de classe par exemple), elles peuvent détériorer l’apprentissage si elles apportent trop d’informations en plus de celles issues de l’environnement au sein duquel travaille l’apprenant. Elles entraînent alors des difficultés d’intégration de ces informations, en imposant une charge cognitive trop importante qui détourne l’apprenant des contenus proposés. Certains travaux ont également montré des effets de distraction liés aux tablettes, en raison de problèmes techniques, comme la difficulté d’accès au réseau, mais aussi de la possibilité d’accéder à des applications ou ressources non pertinentes pour l’apprentissage.

En ce qui concerne la motivation, les recherches indiquent que les tablettes sont généralement bien accueillies par les apprenants, du primaire à l’enseignement supérieur. Néanmoins, les élèves identifient rapidement les limites de ces outils et la nécessité de concevoir des activités pédagogiques selon les fonctionnalités et caractéristiques des tablettes. Par exemple, écrire une rédaction sur tablette reste inapproprié en raison des approximations des claviers virtuels sur les interfaces tactiles et des tailles d’écran réduites.

En conclusion, les tablettes présentent certains atouts mais leur pertinence pour l’apprentissage dépendra en grande partie de la qualité et de l’adéquation des applications et ressources numériques qu’elles proposent pour les activités pédagogiques visées. L’efficacité des tablettes dépend de leur intégration à une pédagogie existante. Les recherches doivent être poursuivies et isoler davantage les fonctionnalités et caractéristiques qui peuvent contribuer à l’apprentissage comme les effets des interactions multi-touch (apport du geste dans les interactions avec les contenus), de l’utilisation de fonctions intégrées, de la portabilité et de l’affordance des interfaces. Enfin, les travaux doivent évaluer les usages réels en contexte de classe et hors classe et identifier comment les tablettes sont utilisées en complément d’autres sources d’informations et d’activités numériques ou non. Les outils évoluent et continueront d’évoluer. Il faut donc se demander, non pas si la technologie et ses nouvelles possibilités doivent remplacer les outils d’apprentissage actuels, ni si le recours aux technologies est une bonne ou une mauvaise chose, mais bien comment utiliser rationnellement les nouvelles technologies afin de répondre aux besoins pédagogiques.

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Écrit par :

  • : professeur des Universités en psychologie cognitive et ergonomie au Laboratoire cognition, langues, langage, ergonomie, université de Toulouse
  • : professeur de psychologie, École supérieure du professorat et de l'éducation, Toulouse

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Pour citer l’article

Franck AMADIEU, André TRICOT, « APPRENTISSAGE ET TABLETTES TACTILES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/apprentissage-et-tablettes-tactiles/