BORODINE ALEXANDRE PORFIRIEVITCH (1833-1887)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Né à Saint-Pétersbourg, Borodine était le fils naturel du prince caucasien Louka Guédianov et d'Avdotia Antonova, fille d'un simple troupier. Le père fit déclarer l'enfant par un de ses domestiques, Porphiri Borodine, si bien que plus tard il lui fallut l'affranchir en bonne et due forme. De très bonne heure, il apprend à jouer de la flûte, puis, en autodidacte, du piano, du violoncelle et du hautbois. À treize ans, il compose un concerto pour flûte et piano, puis un trio pour deux violons et violoncelle sur un thème de Robert le Diable. Cependant, ses parents, qui le destinent à la médecine, le font inscrire à la Faculté dès quinze ans. Il en sort six ans plus tard, est engagé à l'hôpital de l'armée territoriale ; étant d'un naturel trop sensible, il s'évanouit la première fois qu'il est appelé à soigner des blessés, quitte l'hôpital, obtient un poste de préparateur, puis une chaire de professeur à l'Académie militaire de chimie. Dès lors, son existence se déroule sans histoire, partagée entre la chimie et la musique (la première occupant une place prééminente, car lui-même se considère comme un musicien du dimanche). Il meurt subitement, d'une rupture d'anévrisme, au cours d'un bal costumé qu'il avait organisé.

De son propre aveu, les mélodies naissent spontanément dans son imagination, amples et pleines, et tout lui est prétexte à musique : les épis qu'agite un léger friselis, l'appel d'un pâtre, une troupe de paysans croisée au cours d'une promenade à la campagne, les eaux grises d'un fleuve sous la pluie, et même la lecture d'un supplice chez les Japonais ! Et en tout cela se retrouvent l'abondance mélodique, la spontanéité un peu naïve, la fraîcheur candide qui donnent tant de charme à ses compositions.

Son œuvre maîtresse, c'est évidemment son opéra Le Prince Igor, qu'il entreprend en 1869 et ne peut achever au bout de dix-huit ans (la partition fut partiellement rédigée et terminée par Rimski-Korsakov, Glazounov et Félix Blumenfeld). Là s'affirme dans son ampleur son vrai génie qui [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  BORODINE ALEXANDRE PORFIRIEVITCH (1833-1887)  » est également traité dans :

CINQ GROUPE DES, musique russe

  • Écrit par 
  • Michel-Rostislav HOFMANN
  •  • 698 mots

Cénacle musical qui, autour de Mili Balakirev, réunissait César Cui, Alexandre Borodine, Modest Moussorgski et Nicolaï Rimski-Korsakov. Il est connu sous deux étiquettes : en France, on l'appelle généralement le « groupe des Cinq » russe ; en Russie, le « puissant petit groupe ». La seconde appellation est due à Vladimir Stassov (1824-1906), éminent archéologue slavisant, conseiller littéraire et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/groupe-des-cinq-musique-russe/#i_5001

IGOR

  • Écrit par 
  • René L'HERMITTE
  •  • 1 895 mots

Dans le chapitre « Histoire d'un manuscrit »  : […] Le prince A. I. Musin-Puškin (1744-1817), grand amateur d'antiquités russes, fit connaître le Slovo dont il dit avoir acquis le manuscrit vers 1790 : un de ses agents l'avait acheté à l'archimandrite Ioïl' qui avait été à la tête du monastère du Sauveur à Jaroslavl'. Musin-Puškin établit le texte et le traduisit en russe moderne. Plusieurs copies circulèrent dont l'une fut r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/igor/#i_5001

Pour citer l’article

Michel-Rostislav HOFMANN, « BORODINE ALEXANDRE PORFIRIEVITCH - (1833-1887) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-porfirievitch-borodine/