ROUSSEL ALBERT (1869-1937)

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La grande époque

1926 : la Suite en fa pour orchestre éclate avec la force du génie. Roussel a trouvé, un peu tardivement, sa vraie voie, celle d'un nouveau classicisme dont il donne, en créateur, les premiers monuments valables. On assiste alors, avec cette troisième manière, à une période de grande fécondité, celle, selon André Gide, du « romantisme dominé ». La production du musicien s'enrichit d'une série imposante de chefs-d'œuvre : une quinzaine durant les dix années qu'il lui reste à vivre. Les mouvements de la Suite en fa : Prélude, Sarabande, Gigue, font référence à la « suite ancienne ». Toutefois, si le Prélude dévide ses croches égales à la manière d'un Bach, d'un Haendel, il ne s'agit nullement d'un pastiche : le langage est neuf, personnel. Viennent ensuite le Concert pour petit orchestre de 1927 et, la même année, le Concerto pour piano avec un adagio évoquant la mère tôt disparue, et qui s'élève jusqu'aux nues ; le Psaume LXXX (1928) pour ténor, chœurs et orchestre, bloc d'une seule coulée qui s'achève par une douce prière ; la Petite Suite, d'un style moins sévère. L'année 1930 voit naître deux partitions exceptionnelles : la Troisième Symphonie, créée par Serge Koussevitzky à Boston (pour le cinquantenaire de l'orchestre), et le ballet Bacchus et Ariane sur un argument d'Abel Hermant, et dont les deux Suites ont fait le tour du monde. Roussel atteint dans ces deux œuvres le sommet de sa production par la densité de la pensée, la sûreté de la réalisation. Citons encore le Quatuor à cordes de 1932, la juvénile Sinfonietta de 1934 pour orchestre à cordes, où l'on perçoit, après l'alerte d'une grave maladie, une renaissance à la vie. Quatre jours après avoir terminé cette œuvre, Roussel attaque la Quatrième Symphonie, digne des précédentes. Pour les « Soirées de Bruxelles », le chef Hermann Scherchen demande au compositeur un ballet, Aeneas (1935), d'après un livret de Joseph Wetterings relatif à la fondation de Rome. Viennent encore une Rapsodie flamande (1936) sur des thèmes populaires chers à Roussel, qui se disait appartenir à la Flandre, un Concertino (1936) pour violoncelle, un Trio pour cordes (1937), et son chant du cygne, un Trio d'anches dont deux parties seulement sont achevées. Albert Roussel meurt à Royan d'une angine de poitrine le 23 août 1937. Il repose sous le bronze de son mausolée au cimetière marin de Varengeville, face à la mer qu'il a tant aimée.

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Écrit par :

  • : compositeur de musique, lauréat du Conservatoire de Paris, membre de l'Académie de Belgique, ancien attaché culturel à la Société des nations pour les questions musicales, ancien professeur à l'École normale de musique, ancien chargé de cours de musicologie en Sorbonne

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BASSE, musique

  • Écrit par 
  • Henry BARRAUD
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Dans le chapitre « La basse chiffrée »  : […] de la basse le potentat du système harmonique occidental. Cette évolution est très apparente dans la musique d'Albert Roussel. Le jeu musical y devient beaucoup plus indépendant de ce qui se passe dans sa partie inférieure. La musique s'en trouve, en quelque sorte, allégée. Elle tend à échapper à la pesanteur. La basse y garde pourtant, au moins […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/basse-musique/#i_4855

Pour citer l’article

Arthur HOÉRÉE, « ROUSSEL ALBERT - (1869-1937) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/albert-roussel/