AIHOLE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Situé dans l'État du Karnataka à une trentaine de kilomètres de Bādāmi, Aihole est un des centres de l'art des Chālukya de Bādāmi (milieu du vie-milieu du viiie siècle environ), probablement celui où se sentent le mieux la diversité de cet art, l'originalité de ses partis architecturaux et la multiplicité des contacts extérieurs qui ont accompagné son développement. Le site a été occupé avant la période Chālukya (dolmens, structures en brique, etc.) et la ville a continué à vivre longtemps après cette période, témoins les nombreux temples postérieurs et la fréquente mention d'une guilde d'Aihole dans les inscriptions médiévales de l'Inde du Sud.

On attribue aux Chālukya plus d'une vingtaine de temples, trois cavernes sculptées ainsi que quelques éléments du mur cyclopéen qui enferme une partie du site, mais seul le temple jaina de Meguti est daté avec précision par une inscription (634-635).

Pour bien comprendre la diversité de l'architecture d'Aihole, on peut la diviser en quatre catégories de temples : 1. Temples de plan carré ou rectangulaire. Ils sont précédés d'un porche ou forment porche. Le petit sanctuaire, invisible du dehors, est accolé au mur du fond, à l'intérieur. Le plus bel exemple de ce type est le Lad Khān ; daté par certains spécialistes du vie siècle, alors que H. Cousens le datait du ve siècle, il semble appartenir au viie siècle. Formé d'une grande salle carrée dont l'ordonnance des piliers suggère deux carrés concentriques, son sanctuaire, abritant le linga, est placé dans le fond. Son plan rappelle celui des vihāra bouddhiques. Cette salle est éclairée par de nombreuses fenêtres aux écrans de pierre ajourée : trois grandes fenêtres finement ciselées sur chacun des côtés nord et sud. À l'arrière, quatre petites fenêtres, groupées par deux, et dont les écrans, assez semblables à ceux de la façade, sont en forme de roues (chaque rayon figure un poisson). Mais la partie la plus belle du Lad Khān est son porche à douze piliers et sa balustrade couverte de sculptures. Les couples amoureux (mithuna) dressés le long des piliers ont des proportions naïves et des gestes tendres. Comme le Meguti (qui, lui, est de style dravidien), le Lad Khān possède un petit sanctuaire supérieur. Sur ses murs sont sculptés le dieu Soleil, le dieu Vishnu et la Déesse.

Les quatre temples du groupe Kont Gudi ou Kunti (viie et viiie s.), de plan quadrangulaire, ouverts en façade, appartiennent à cette catégorie où le sanctuaire (unique ici) est appuyé au mur postérieur de la salle. Leur toit, de conception « centrée » (style probablement local), est plat, légèrement surélevé au centre, rayonnant en pente douce tout autour. 2. Temples dont le sanctuaire est entouré d'un déambulatoire. Souvent précédé d'un porche, leur plan est généralement rectangulaire, comprenant également une nef et des bas-côtés. Ces temples peuvent avoir deux types de toiture. L'un est apparemment local : centré, c'est le cas du Gaudar Gudi (légèrement antérieur au Lad Khān ?) et du Chikki Gudi (viie s.). L'autre s'inspire du style du nord de l'Inde : le sanctuaire est coiffé d'un śikhara, haut toit aux arêtes curvilignes. On en citera deux beaux exemples : le sobre Hucchimalli Gudi et le superbe Durga, de plan absidial, et entouré d'un péristyle. À l'ombre de celui-ci, le mur est rythmé de hauts-reliefs et d'écrans ajourés au décor symbolique. On peut, comme J. Burgess, le dater du viie siècle environ. 3. Temples dont le sanctuaire dégagé s'érige en tour-sanctuaire avec le plus souvent un śikhara du style du nord ; ces temples sont nombreux. Ils comprennent un petit porche, une salle pour les fidèles, généralement de plan carré, et la tour-sanctuaire plus petite. Ce type sera repris à l'époque médiévale (fin des xe et xie s. env.), mais le porche plus grand sera doté de piliers, et le sanctuaire sera précédé d'une antichambre. 4. Temples à plan cruciforme : ils sont formés, en principe, d'un porche, d'une salle et de trois tours-sanctuaires précédées de leur propre antichambre s'ouvrant sur la salle. Ces temples datent du Moyen Âge (exemple : le groupe Maddin, hindouiste).

Quant aux cavernes, elles présentent des types variés. La grotte brahmanique Ravanaphdi (viie s. env.) est ornée de grandes sculptures taillées dans le rocher dont le style vigoureux n'exclut pas le sens du détail ni un réalisme saisissant. Une des grottes jaina, Mena Basti, offre des qualités plus décoratives [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle
  • : docteur de troisième cycle en études indiennes, chargée de cours à l'université de Paris-IV, professeur à l'École du Louvre

Classification

Autres références

«  AIHOLE  » est également traité dans :

INDE (Arts et culture) - L'art

  • Écrit par 
  • Raïssa BRÉGEAT, 
  • Marie-Thérèse de MALLMANN, 
  • Rita RÉGNIER
  •  • 49 163 mots
  •  • 62 médias

Dans le chapitre « Les formes architecturales »  : […] En même temps que disparaît la balustrade du stūpa , la silhouette de ce dernier s'allonge, soit qu'entre le dôme et la base s'insère un tambour ( stūpa tardifs du Gandhāra ; stūpa , tardif également, à Rājagṛha), soit que le tambour s'impose au détriment de la base, ce qui fait ressembler le monument à une tour massive. Le Dhamekh, à Sārṇāth , qui est de ce type, abritait dans des niches aménagé […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bruno DAGENS, Anne-Marie LOTH, « AIHOLE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/aihole/