ACTION & RÉACTION, physiologie

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Pour les thermodynamiciens, les êtres vivants sont des systèmes ouverts équilibrant de manière dynamique les entrées et sorties d'énergie. Le solde du bilan énergétique est en principe nul dans le cas des sujets adultes, dont l'état est qualifié d'homéostasique. Cette apparente stabilité physiologique correspond en fait à la somme de variations positives (gain d'énergie) ou négatives (pertes énergétiques) intervenant à chaque instant. Ces oscillations sont contrôlées, cybernétiquement, par des mécanismes régulateurs qui corrigent les écarts physiologiques auxquels les fonctions vitales ont donné lieu. Vu du dehors, un tel état de choses se traduit inéluctablement par le couplage action-réaction, car c'est une loi biologique fondamentale que toute rentrée énergétique quantitativement suffisante pour déstabiliser l'organisme déclenche chez celui-ci des mécanismes correcteurs.

Historiquement, en physiologie animale ou humaine, le principe d'action-réaction a été d'abord appliqué, dans un contexte mécaniciste, à la fonction d'information exercée par les structures nerveuses. Capter un signal à l'extérieur, le traiter dans un réseau connectif, puis agir sur un organe effecteur constituent le circuit d'activité nerveuse élémentaire ou arc réflexe. L'énergie qui a déterminé cette activité a subi une transduction appropriée au niveau des structures anatomiques mises en jeu. Après leur excitation, celles-ci ne peuvent acheminer les impulsions qui les parcourent qu'en étant alimentées par les réserves énergétiques propres à l'organisme. C'est donc une cascade de réactions biochimiques qui en résulte, donnant lieu éventuellement aux ajustements comportementaux devenus nécessaires pour restaurer l'état initial. Ainsi l'effet action-réaction est-il nécessairement « révolutionnaire » au sein de l'organisme qui en est le théâtre.

Lorsque celui-ci est capable de mémoriser le processus, les effets d'action-réaction acquièrent des particularités remarquables. Notons par exemple les phénomènes d'anticipation, tels les réflexes de séc [...]

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Didier LAVERGNE, « ACTION & RÉACTION, physiologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/action-et-reaction-physiologie/