FERRARA ABEL (1951- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dès ses débuts, à l'aube des années 1980, Abel Ferrara se forge une réputation enviable dans le cercle des cinéphiles américains amateurs de séries B. Son statut, d'abord lié à un phénomène typiquement new-yorkais (il est né dans le Bronx), passe progressivement de celui de cinéaste culte à celui d'auteur, avec l'affirmation d'un style et d'un univers de plus en plus personnels, que consacre une reconnaissance internationale à partir des années 1990. Au moment même où le cinéma indépendant américain perd ses repères artistiques et économiques, Abel Ferrara semble avoir l'ambition d'en incarner aujourd'hui à lui seul l'authenticité, mais aussi la mythologie, revendiquant sa marginalité avec intransigeance, tout en faisant preuve d'un talent certain pour donner à sa carrière un considérable écho médiatique.

Les premiers films d’Abel Ferrara reposent sur des scénarios dont la fantaisie outrée témoigne de sa manière d'apprécier au second degré le cinéma de genre le plus mineur. Dans The Driller Killer (1979), le cinéaste interprète lui-même (sous le pseudonyme de Jimmy Lane) un peintre qui, pris de folie, massacre clochards et drogués à la perceuse électrique. Dans L'Ange de la vengeance (MS 45, 1981), une jeune couturière muette, violée par deux fois, tue avec un colt 45 les hommes qu'elle rencontre. D'emblée, Ferrara se distingue du tout-venant de ce genre de productions par une utilisation parfois originale de la bande-son (soumise à des ruptures à la Godard, un de ses maîtres) et par un lyrisme sec, qui fait naître un climat d'abstraction, voire de surréalisme. C'est aussi, déjà, à une lutte entre le Bien et le Mal qu’on assiste, sanglante mais surtout spirituelle et allégorique. New York deux heures du matin (Fear City, 1984), un thriller mené par un personnage de serial killer, joue avec les figures imposées pour organiser une ronde étrange entre le sexe, l'argent et la mort. Ferrara reviendra au film policier en 1989 avec Cat Chaser, après avoir donné dans China Girl (1987) sa [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Frédéric STRAUSS, « FERRARA ABEL (1951- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/abel-ferrara/