3. La physiopsychologie reichienne
Dans L'Analyse caractérielle, Reich apporte une contribution psychanalytique essentielle à la notion de caractère. Il ne considère pas le caractère comme la conséquence d'un refoulement, même s'il constitue un mécanisme de défense source des résistances du patient. À ses yeux, « le caractère est en premier lieu un mécanisme de protection narcissique ». Défini comme un appareil défensif à la fois psychique et physique comportant plusieurs strates, la notion de caractère débouche chez Reich sur une conception originale de la psychosomatique. En fonction de son importance et de sa structure (blocage, rigidité, cuirasse, etc.) le caractère permet de se défendre contre les excitations internes ou externes. Constitué en cuirasse, elle-même composée de l'ensemble des attitudes caractérielles développées dès l'enfance afin de lutter contre les excitations émotionnelles, le caractère a une fonction autorépressive. Reich postule également l'existence de ce qu'il nomme la « cuirasse musculaire », expression corporelle de la cuirasse caractérielle qui correspond à un ensemble d'attitudes musculaires défensives développées pour lutter contre l'apparition d'émotions et de sensations végétatives. Tout symptôme repose sur un caractère névrotique. Solidement établi, pouvant constituer une véritable « cuirasse », le caractère rend le refoulement superflu, mais représente la résistance la plus importante dont l'analyse est un préalable. Reich dégage une typologie des caractères : caractères compulsif, hystérique, masochiste, génital. Ses travaux sur cette entité le conduisent à modifier la technique psychanalytique classique de l'analyse des symptômes et à proposer ce qu'il nommera une technique « caractéro-analytique », laquelle privilégie l'analyse du caractère et les résistances caractérielles.
La sexualité constitue le fil conducteur de l'œuvre reichienne. Dans le sillage des premiers travaux de Freud sur les névroses actuelles, pathologies consécutives à un […]
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