Dans le chant, mélisme développé sur une voyelle et qui en accentue le caractère décoratif, lyrique ou de pure virtuosité. Les vocalises sont aussi un exercice de chant qui, grâce à des formules appropriées, permet d'acquérir une bonne technique de vocalisation. La vocalise eut une valeur magique (chez les gnostiques, par exemple) ; saint Augustin évoque, sous le nom de jubilus, la capacité expressive de la joie par la musique vocale « sans paroles » (alléluia) ; c'est ce que les mots sont incapables d'exprimer. Dans les mélismes grégoriens, on nomme vocalise les passages abondamment ornés (répons prolixes) que chantaient des solistes exercés (bel canto) ; à l'origine, ces solos étaient improvisés partiellement. On rencontra à partir du xiiie siècle de longs mélismes incorporés dans la polyphonie ; au xive siècle et ensuite, ils obéissent rigoureusement à la mesure (Guillaume de Machaut, Isaac, Josquin Des Prés, Ockeghem), mais les vocalises se développent jusqu'à l'excès en Italie (frottola, strambotto), alors que les Allemands et les Anglais les apprécient peu. Du xviiie siècle à nos jours, avec l'
