La linguistique, qui appelle plutôt « lexique » ce que le sens commun entend généralement derrière le terme de vocabulaire, laisse à des disciplines spécialisées le soin d'analyser, statistiquement ou par des procédures descriptives, les différents problèmes qui se posent au moment de décrire les « lexèmes » d'une langue (le français), d'un dialecte (le wallon), d'un idiolecte (le français de Racine), etc. Ces disciplines, qui ont pour but d'enregistrer une synchronie, sont la sociolinguistique (pour les emprunts, les niveaux de langue notamment), la lexicographie et la dialectologie.
Le sens proprement technique de « vocabulaire » est plus formel, au moins dans le modèle génératif et transformationnel qui l'emprunte en partie à la logique : c'est celui d'ensemble des symboles, depuis les plus abstraits jusqu'aux morphèmes, venant prendre place à titre de constituants dans les règles syntagmatiques d'une grammaire ; ainsi, le vocabulaire d'une séquence telle que « Les enfants courent après le ballon » sera : P(hrase), S(yntagme), N(ominal), S(yntagme), V(erbal), D(éterminant), N(om), V(erbe), Pr(ésent), Prép(osition), No(mbre), Sing(ulier), Pl(uriel), soit : les, enfants, s, cour-, ent, après, le, ballon, Ø. Les éléments concrets de la langue donnés en fin de liste prennent le nom de « vocabulaire terminal », ce qui signifie qu'ils ne sont pas susceptibles de réécriture comme l'étaient les symboles catégoriels qui les dominent.
Robert SCTRICK
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