Homme politique yougoslave, Vladimir Maček milite dans le Parti paysan croate qui, sous la direction de Radić, défend, après 1918, l'autonomie du pays, dans des cadres strictement légaux et parlementaires ; en 1928, à la mort de Radić, Maček devient président du Parti paysan. Il refuse de siéger à l'Assemblée nationale et réunit dans les locaux de l'ancienne Diète de Croatie les députés croates et slovènes (août 1928) pour élever une protestation contre l'État unitaire ; cette assemblée déclare nulles les obligations financières qui leur ont été imposées depuis dix ans, ainsi que l'Acte d'union de 1918, et appelle tous les Croates au combat pour une réorganisation de l'État, ce qui amène, en décembre 1928, des manifestations sanglantes à Zagreb (12 morts). En 1932, dix des personnalités politiques serbes, croates et slovènes les plus connues rédigent une déclaration, le Manifeste de Zagreb, dans laquelle elles condamnent la dictature royale, l'hégémonie serbe, etc., déclaration qui sera reprise dans le programme de Ljubljana (31 déc. 1932). Le gouvernement de Belgrade fait arrêter Maček ; les soixante-sept députés de son parti refuseront de siéger à Belgrade en 1935, lorsque, après l'assassinat du roi Alexandre, l'Assemblée nationale est à nouveau convoquée. En 1939, Maček se décide à négocier avec Mussolini, mais refuse au dernier moment de signer un projet de partage de la Yougoslavie qui eût assuré l'indépendance croate et donné la Dalmatie à l'Italie (mai 1939). La situation internationale contraindra le régent Paul
à régler la question croate. Le président du Conseil, Tsvetković, et Maček signent un accord, le 26 août 1939, qui octroie l'autonomie interne à la Croatie et réaffirme l'égalité de tous les peuples yougoslaves
; cinq Croates entrent dans le cabinet yougoslave, et Maček devient vice-président du Conseil, poste qu'il occupe jusqu'en 1941. Grâce à son intransigeance, il avait obtenu un règlement acceptable de la question croate. Après l'effondrement de l'État yougoslave, il est arrêté par les oustachis.
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Le prince régent Paul Paul, prince régent de Yougoslavie, saluant Hitler, vers 1936.
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Autonomie croate Le 26 août 1939, Dragisa Tsvetkovic (1893-1969), président du Conseil yougoslave, et Vladko Macek (1879-1934), leader croate, signent un accord qui octroie une certaine autonomie à la Croatie.
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Jean BÉRENGER
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