4. Dernières œuvres
Avec les scènes de la vie de la Vierge, qui décoraient la Scuola degli Albanesi (1504), Carpaccio revient à une atmosphère toute paisible et « quotidienne ». La Naissance de la Vierge est une scène d'intérieur « flamande ». Le Mariage de la Vierge a lieu dans un temple aux parois de marbre qui semble édifié par les Lombardi, et L'Annonciation sous un élégant portique vénitien aux pilastres finement décorés, ouvert sur un jardin plein de soleil. Sauf pour cette dernière scène, l'intervention de l'atelier est assez importante dans ces différentes toiles. Carpaccio peignait aussi à cette époque la Nativité avec deux donateurs où affleure l'intuition, presque inconsciente, d'un accord nouveau entre le paysage, ou plutôt la nature, et la scène représentée : elle prouve que Carpaccio n'a pas ignoré l'œuvre de Giorgione.
Mais il n'y a plus pour lui de développement possible dans ce sens. Il ne peut désormais que rester fidèle à sa manière, être encore éblouissant dans une œuvre comme le Portrait d'un chevalier (1510) et créer une fois de plus un admirable décor pour une scuola vénitienne, avec la suite de la Vie de saint Étienne (1511-1520). Carpaccio y revient aux grands espaces harmonieux, aux perspectives ouvertes, aux foules pittoresques, aux architectures variées à plaisir, sur lesquelles ruisselle la lumière dorée de Venise.
Alors que les œuvres de Carpaccio semblent refléter chacune des facettes de sa personnalité changeante et ses curiosités multiples, il demeure en réalité au-delà de toute définition rigoureuse, un peu à l'écart de ses contemporains, dans un monde qu'il a créé lui-même à sa propre mesure.
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