Troisième souverain de la monarchie unitaire. Le règne de Victor-Emmanuel sera le plus long, le plus chargé d'événements dramatique de l'Italie contemporaine. Son père Humbert Ier, autoritaire et porté au gouvernement personnel, sa mère Marguerite de Savoie, ambitieuse et cultivée, aggravent le complexe d'infériorité qui lui vient de son physique ingrat et de sa petite taille. En 1896, il épouse Hélène Petrovitch-Niegoch, fille du prince Nicolas de Monténégro, qui lui donne cinq enfants. De goûts simples, esprit sans grande envergure, mais instruit et doté de bon sens, Victor-Emmanuel III est un caractère très fermé, avec un fond de scepticisme et de froideur.
Son règne se divise en trois périodes. De son avènement (juill. 1900, au lendemain de l'assassinat de son père) à la fin de la Première Guerre mondiale, il respecte la pratique constitutionnelle de non-ingérence dans le gouvernement intérieur, mais il intervient dans les questions militaires et la politique étrangère. Il laisse se développer l'action de Giolitti, et son ouverture aux problèmes économiques et sociaux lui vaut l'appellation de roi socialiste. Fort peu germanophile, il est sensible aux revendications irrédentistes et à la tradition risorgimentale d'accord avec la France, tandis que ses alliances de famille le portent vers la Russie. Aussi n'est-il pas étranger au désengagement relatif de l'Italie vis-à-vis de la Triplice et du rapprochement avec Paris et Londres. En 1915, il prend, avec Salandra et Sonnino, la décision de l'intervention italienne au côté de l'Entente.
La deuxième phase commence en 1922, avec la crise de l'État libéral et la montée du fascisme. Les responsabilités de Victor-Emmanuel III dans l'avènement de la dictature sont évidentes. Les mobiles en sont complexes : défiance envers les hommes politiques et les partis ; crainte de se voir écarté au profit de son cousin, le duc Emmanuel-Philibert d'Aoste, populaire chef de guerre ; doutes sur l'attitude de l'armée et de l'administration, en grande partie ralliées à Mussol […]
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