Américain d'origine indienne, Subrahmanyan Chandrasekhar est l'un des plus grands astrophysiciens du xxe siècle. On lui doit notamment une découverte qui entraînera un profond bouleversement dans l'évolution des idées concernant le destin ultime des étoiles : dans un célèbre article publié en 1931, il démontra l'existence d'une masse maximale des étoiles naines blanches – dite limite de Chandrasekhar –, ouvrant ainsi la voie aux travaux qui aboutiront à la prédiction des étoiles à neutrons et des trous noirs. En 1983, Chandrasekhar recevra le prix Nobel de physique – partagé avec William A. Fowler, un des fondateurs de l'astrophysique nucléaire –, « pour ses études théoriques des processus physiques fondamentaux régissant la structure et l'évolution des étoiles ».
1. De Cambridge à Chicago
Né le 19 octobre 1910 à Lahore, importante ville de l'Empire britannique des Indes (aujourd'hui capitale du Pendjab pakistanais), Subrahmanyan Chandrasekhar est issu d'une famille nombreuse, aisée et cultivée (un de ses oncles, sir Chandrasekhara Venkata Raman, se verra attribuer le prix Nobel de physique en 1930 et jouera un rôle de premier plan dans l'établissement des institutions indiennes de recherche scientifique). Après des études secondaires et universitaires à Madras (1925-1930), le jeune Subrahmanyan – il a dix-neuf ans – obtient du gouvernement indien une bourse qui va lui permettre de parfaire ses connaissances au Trinity College de l'université de Cambridge, qu'il rejoint en 1930 et où il passera son doctorat en 1933, avant d'y occuper un poste pendant quatre ans ; il s'y lie d'amitié avec Arthur Stanley Eddington et Edward Arthur Milne. En 1937, il part pour l'université de Chicago, où il poursuivra durant plus de cinquante ans une carrière extraordinairement prolifique. Il obtient la nationalité américaine en 1953. Chandrasekhar meurt à Chicago le 21 août 1995. La reconnaissance, tardive, du comité Nobel couronnera une impressionnante somme de travaux théoriques, dont les plus accessibles concernent la structure et l'évolution des étoiles.
Le satellite d'astronomie X de la N.A.S.A. Chandra X-ray Observatory, placé […]
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