Après l'École normale supérieure et des études de philosophie, Stéphane Braunschweig entreprend sa formation théâtrale auprès d'Antoine Vitez, à l'École de Chaillot.
Avec sa jeune troupe du Théâtre-Machine, il met en scène Woyzeck de Büchner en 1988, spectacle remarqué au festival du Jeune Théâtre d'Alès. Il inclut la pièce trois ans plus tard aux côtés de Tambours dans la nuit de Brecht et Don Juan revient de guerre d'Ödon von Horvath, dans une « trilogie allemande imaginaire » qu'il baptise Les Hommes de neige. On y perçoit l'une des lignes de force de son travail : l'épuisement des formes. Le drame sentimental bourgeois et l'expressionnisme sont ici mis à distance, suggérés pour être mieux liquidés. La vision de chacune des pièces se nourrit de la proximité et des tensions qu'elle entretient avec les autres : Woyzeck est monté avec un souci brechtien de la rapidité, tandis que la pièce de Horvath apparaît comme le double enjoué de Tambours dans la nuit. Le rapprochement fonctionne comme un brillant exercice dramaturgique. Le Théâtre-Machine est alors accueilli à Gennevilliers. La reconnaissance institutionnelle ne tarde pas (Braunschweig est nommé à la direction du Centre dramatique national d'Orléans en 1993), et avec elle les premiers pas dans le domaine de l'opéra (création du Chevalier imaginaire de Philippe Fénelon en 1992 ; Fidelio en 1995 ; Jenufa de Janáček en 1996).
Stéphane Braunschweig s'attache aux pièces marquées par une hétérogénéité esthétique, au sein desquelles s'opère un revirement dramaturgique. Tambours dans la nuit glissait du drame sentimental vers la pièce politique. Ajax de Sophocle (1991) passe de la tragédie du héros bafoué à une fable politique aux accents presque burlesques. Le Conte d'hiver de Shakespeare (1993) bifurque à son tour du tragique de la jalousie vers l'univers de la pastorale. Ajax montre ainsi un basculement du motif tragique et de ses codes vers la sphère du politique, guetté par sa propre parodie, la bureaucratie. Le héros trag […]
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